SpaceX va lancer 60 satellites Starlink à bord d'une fusée déjà utilisée 3 fois

La deuxième fusée Falcon Heavy de SpaceX lance le satellite de télécommunications Arabsat-6A à partir du complexe de lancement 39-A de la NASA à Cape Canaveral, Floride, le 11 avril 2019. SpaceX via Flickr

SpaceX s'apprête à lancer ce lundi 11 novembre une deuxième flopée de 60 micro-satellites pour son projet de méga-constellation Starlink, censé fournir à terme un accès internet rapide et bon marché, notamment dans les régions isolées du globe. Les satellites Starlink sont placés en orbite basse et non en orbite géostationnaire contrairement aux offres actuelles. Objectif ? Réduire le temps de latence de 25 à 35 millisecondes, contre 600 millisecondes actuellement proposées.

Ce lancement, qui se fera depuis le site de Cape Canaveral en Floride à 3h51 (heure française), est particulier pour deux raisons, précise le site Cnet.com. La société spatiale fondée par Elon Musk va faire voler une fusée Falcon 9, déjà utilisée par trois fois auparavant — le 25 juillet 2018 pour la mission Iridium 7, le 8 octobre 2018 pour la mission SAOCOM 1-A, ainsi que le 22 février 2019 pour le satellite Nusantara Satu et Beresheet.

De plus, la coiffe, qui protège la charge utile à la pointe de la fusée, a, elle aussi, été utilisée lors de la mission Falcon Heavy d'avril 2019, qui avait mis en orbite le satellite ArabSat 6-A. C'est la première fois que SpaceX pousse aussi loin ses ambitions de recyclage spatial. La réutilisabilité est un argument prôné par SpaceX pour réduire les coûts d'accessibilité à l'espace et ainsi attirer davantage de clients. A terme, le vaisseau Starship et le lanceur Super Heavy que l'entreprise est en train de développer pour concrétiser son projet de colonisation de Mars devraient être "totalement réutilisables", a affirmé Elon Musk, DG et fondateur de SpaceX. 

"Avec la récupération de la coiffe, la Falcon est réutilisable à environ 80%, mais la remise à neuf prend plusieurs jours et nécessite des bateaux", a écrit Elon Musk sur Twitter lundi dernier. Et d'ajouter : "la fusée Starship [ndlr : censé aller sur Mars à terme] sera entièrement réutilisable et pourra être rechargé toutes les quelques heures et le vaisseau toutes les huit heures. Pas besoin de bateaux."

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Comme le fait remarquer le site Ars Technica, l'avantage pour SpaceX de faire voler ses propres satellites à l'aide de matériel recyclé est qu'elle n'a pas à convaincre un client de le faire et même si la mission rencontre un problème, les dommages matériels et financiers resteront internes à l'entreprise. 

Initialement, SpaceX comptait déployer 12 000 satellites au total, mais elle a récemment soumis une demande auprès de l'Union internationale des télécommunications, agence des Nations-Unies spécialisée dans les technologies de l'information et de la communication, pour pouvoir déployer 30 000 satellites supplémentaires. Au final, la méga-constellation pourrait ainsi comporter 42 000 micro-satellites.

Le 22 octobre dernier, Elon Musk a affirmé avoir réussi à envoyer un tweet à l'aide d'un satellite Starlink. La présidente de la société spatiale, Gwynne Shotwell, a déclaré en septembre dernier que la cadence de lancements Starlink devrait être en moyenne de "deux par mois".

Mais ce projet de méga-constellation, qui pourrait permettre à SpaceX d'être valorisée à 120 milliards de dollars s'il se concrétisait d'après un rapport de Morgan Stanley Research, suscite de nombreuses inquiétudes au sein de la communauté des astronomes. Quelques jours après le lancement de la première flopée de micro-satellites Starlink, l'astronome Alex Parker avait ainsi commenté sur Twitter : "je sais que les gens s'émerveillent en regardant les images du 'train' de satellites Starlink de SpaceX, mais ça me laisse perplexe. Ils sont lumineux et il y en aura beaucoup. Si SpaceX lance ses 12 000 satellites, ils deviendront plus nombreux que le nombre d'étoiles visibles à l'œil nu."

Sans oublier la probabilité qu'un "syndrome de Kessler" se produise — une série de collisions orbitales en cascade qui pourraient empêcher aux humains d'accéder à l'espace pendant des centaines d'années.

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