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SpaceX veut rencontrer les astronomes de l'Observatoire européen austral pour discuter de la gêne causée par ses satellites Starlink

SpaceX veut rencontrer les astronomes de l'Observatoire européen austral pour discuter de la gêne causée par ses satellites Starlink
© SpaceX

Alors que SpaceX s'apprête à effectuer son sixième lancement Starlink, samedi 14 mars 2020, l'entreprise spatiale fondée par Elon Musk prend de plus en plus au sérieux la gêne causée par ses satellites en orbite basse terrestre pour l'observation du ciel nocturne. La société a demandé à rencontrer les astronomes de l'Observatoire européen austral (ESO) pour discuter du problème de pollution lumineuse causée par les satellites de sa mégaconstellation Starlink, censée fournir un accès Internet rapide et bon marché depuis l'espace, rapporte Business Insider US.

Cette prise de contact intervient quelques jours après qu'Elon Musk a déclaré, lors de la Satellite Conference 2020, que la mégaconstellation de satellites Starlink n'aurait "pas la moindre incidence sur les découvertes astronomiques", contredisant une récente étude publiée par l'ESO. Dans cette étude, le groupe d'astronomes a clairement indiqué que les larges flottes de satellites commerciaux comme celle de SpaceX, OneWeb et d'autres pouvaient interférer avec le travail des télescopes au crépuscule et au petit matin, lorsque les satellites réfléchissent encore la lumière du Soleil.

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"Nous sommes encouragés par le fait que SpaceX nous a contactés au sujet du télescope qui serait le plus touché et par leurs suggestions coopératives et constructives faites jusqu'à présent. Nous sommes impatients de travailler avec SpaceX, en coopération avec d'autres groupes d'astronomie et gouvernements, pour trouver une solution mutuellement acceptable", a déclaré à Business Insider US Andy Williams, l'un des coauteurs de l'étude.

Et d'ajouter : "honnêtement, ils [SpaceX] semblent tout à fait disposés à travailler avec la communauté des astronomes, ce qui est très positif, et je suis impatient de voir ce qu'ils peuvent nous suggérer lorsque nous pourrons leur parler". Il n'a toutefois pas donné de détails sur les suggestions faites par SpaceX jusqu'à présent.

Certaines images pourraient être endommagées voire perdues

Dans le détail, les chercheurs de l'ESO ont estimé que l'interférence des satellites n'aurait qu'un effet "modéré" sur le Very Large Telescope (VLT) de l'ESO et le futur Extremely Large Telescope (ELT), qui ne surveillent que des zones relativement petites du ciel nocturne. Mais cela signifie tout de même que certaines images pourraient être endommagées voire perdues, en raison de la luminosité des satellites.

Pour les télescopes d'observation à grand champ, qui surveillent de plus grandes parties du ciel, l'impact serait encore plus important. Pour l'Observatoire Vera C. Rubin, autrefois connu sous le nom de Large Synoptic Survey Telescope ou LSST, l'étude a estimé que 30 à 50% des expositions pourraient être "gravement affectées". "Le problème avec le télescope américain Vera Rubin est qu'en raison de la luminosité des satellites, son détecteur peut en fait saturer et faire perdre toute l'image", a affirmé Andy Williams. "En raison de leur capacité unique à générer de très grands ensembles de données et à trouver des cibles d'observation pour de nombreux autres observatoires, les relevés à grand champ sont essentiels au développement futur de l'astronomie", a-t-il ajouté.

Un revêtement spécialement conçu pour les rendre moins réfléchissants

SpaceX a déjà pris une première mesure test pour tenter de remédier à ce problème de pollution lumineuse provoquée par ses satellites. En effet, l'entreprise spatiale a décidé de peindre certaines parties en noir plutôt qu'en blanc. L'un des satellites récemment lancés par SpaceX a d'ailleurs un revêtement sur le fond spécialement conçu pour rendre l'engin spatial moins réfléchissant et donc moins susceptible d'interférer avec les observations du ciel. Mais la présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell, avait précisé qu'il s'agissait d'un test et qu'il était impossible de savoir si cela fonctionnerait. D'ailleurs, à l'heure actuelle, nous ne savons toujours pas si cette piste a porté ses fruits.

Dès le lancement des 60 premiers satellites de SpaceX en mai 2019, les astronomes s'étaient inquiétés de la pollution lumineuse importante provoquée par ces derniers. Juste après le coucher du soleil ou tôt le matin, les satellites peuvent en effet être frappés par la lumière du Soleil et devenir visibles pour les télescopes d'astronomie sophistiqués mais aussi par des jumelles amateurs ordinaires, comme l'avait expliqué Cees Bassa, de l'Institut néerlandais de radioastronomie, au magazine Forbes : "ces choses sont assez grosses pour que lorsqu'elles sont éclairées par le Soleil, elles soient assez brillantes pour qu'on puisse les repérer avec des jumelles ordinaires ou un instrument plus puissant."

Business Insider
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