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SpaceX, Virgin Galactic... Voici ce que vous réserve le tourisme spatial dans les années à venir

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Le SpaceShipTwo de Virgin Galactic se détache du WhiteKnight Two à 15 km d'altitude. © Virgin Galactic

Exit les tours du monde en yacht et autres safaris en 4x4 Mercedes ; les ultra-riches rêvent aujourd'hui d'espace. Un fantasme rendu possible par la multiplication des offres de tourisme spatial ces dernières années. Et quoi de mieux qu'un milliardaire pour animer ces voyages surréalistes ? L'émulation instaurée par la concurrence entre quelques sociétés spatiales privées, souvent possédées par des dirigeants de la tech, a permis de nombreuses avancées techniques — notamment le recyclage de pans entiers de fusées utilisées lors de précédentes missions. Sans s'exalter jusqu'à évoquer la "démocratisation" de l'espace, ces progrès mettent fin à l'omnipotence des agences spatiales étatiques : l'extraterrestre n'est plus réservé aux astronautes professionnels.

Le tourisme spatial désigne un voyage dans l'espace dont l'intérêt n'est ni politique, ni scientifique, ni commercial — le déploiement de satellites pour la téléphonie mobile présente par exemple un intérêt commercial. En réalité, de telles expéditions au-delà de l'atmosphère terrestre existent déjà depuis deux décennies. Avant l'arrivée des sociétés spatiales privées, l'agence spatiale Russe Roscosmos était la seule à en proposer. Elle enverra encore deux personnes dans l'espace en 2021. Et, grâce à elle, sept privilégiés ont ainsi déjà pu admirer de plus près la courbure de notre planète et l'infinie noirceur qui l'entoure. Tous sont partis entre 2001 et 2009, avant que les Etats-Unis ne mettent leur navette spatiale à la retraite. Le vaisseau russe Soyouz se retrouvant seul à pouvoir rejoindre l'ISS, il n'y avait plus vraiment de place pour un touriste.

Le premier touriste spatial est Dennis Tito. En 2001, alors âgé de 60 ans, cet Américain a passé huit jours sur l'ISS en compagnie des meilleurs scientifiques du monde entier. On estime aujourd'hui qu'il aurait déboursé 20 millions d'euros pour ce billet.

Peu économes en ressources et en matériel, les expéditions spatiales restent en effet inaccessibles au commun des mortels. Et quand bien même vous auriez quelque fortune, certaines de ces offres ne s'adressent qu'aux ultra-riches : comptez plusieurs centaines de milliers d'euros pour une brève expérience de l'apesanteur aux confins de l'espace, et plusieurs millions pour la semaine sur l'ISS en pension complète. La visite guidée autour de la Lune organisée par Elon Musk ne sera accessible qu'aux multimilliardaires... Le plus abordable — toute proportion gardée — est sans doute la croisière stratosphérique de la startup occitane Zephalto, qui proposera en 2024 un vol à 25 kilomètres d'altitude.

Si vous n'êtes ni astronaute ni millionnaire, une solution existe toutefois : Deadline rapporte qu'une télé-réalité dont le gagnant remporterait un billet pour l'ISS serait en projet. Baptisée "Space Hero", l'émission ferait s'affronter les candidats dans des tests physiques et intellectuels. La retransmission serait mondiale et les téléspectateurs auraient la possibilité de voter pour l'aspirant le plus méritant. L'heureux élu décollerait en 2023 avec SpaceX, en collaboration avec Axiom Space, et son séjour de 10 jours serait intégralement filmé pour en faire un documentaire. En attendant, voici les nouveaux projets les plus aboutis du tourisme spatial :

Virgin Galactic promet de faire voler les touristes spatiaux à 100 km d'altitude à bord du SpaceShipTwo

La société de Richard Branson mise sur le vol suborbital — c'est-à-dire ayant une vitesse suffisante pour atteindre 100 km au dessus de la surface de la Terre (frontière en la Terre et l'espace, ou ligne de Kármán), mais inférieure à la vitesse requise pour entrer en orbite autour d'un astre — la vitesse de satellisation autour de notre planète est de 28 440 km/h .

Un énorme avion larguera un vaisseau supersonique à 15 km d'altitude

Le déroulement du vol diffère grandement du projet de Blue Origin, où les passagers sont placés dans une capsule au sommet d'une fusée. Virgin Galactic entend plutôt se servir de deux avions : le premier, Eve, est un énorme avion qui transporte le VSS Unity — dernier vaisseau de la gamme SpaceShipTwo. Il est chargé de lui faire prendre de la vitesse jusqu'à 15 km d'altitude. Le VSS Unity se détache alors d'Eve et allume son réacteur pour atteindre l'espace à une vitesse supersonique, avec une accélération de 3,5 g.

Les passagers pourront apprécier plusieurs minutes en apesanteur

L'intérieur de la cabine du SpaceShipTwo. Virgin Galactic 2020

Une fois l'altitude souhaitée atteinte — entre 80 et 110 km d'altitude —, le VSS Unity coupe son réacteur. Les passagers pourront alors faire l'expérience de l'apesanteur pendant quelques minutes, le temps que l'avion chute jusqu'à une altitude où l'air est suffisamment dense pour qu'il puisse déployer ses ailes et avoir de la portance. L'avion termine alors sa course à la manière d'un planeur, pour atterrir au "Spaceport America", au Nouveau-Mexique (Etats-Unis).

Il faudra débourser 250 000 dollars pour s'envoler avec Virgin Galactic

Leonardo a d'ores et déjà réservé une place dans le SpaceShipTwo Georges Biard/Wikimedia Commons

Le prix du billet est connu : Business Insider révélait fin 2019 qu'il faudrait débourser 250 000 dollars pour prendre place à bord du SpaceShipTwo. La société de Richard Branson prévoit d'effectuer des vols de 90 minutes toutes les 32 heures dès 2023, avec six places pour les clients en plus des deux pilotes. Plus de 600 personnes ont déjà réservé un billet, dont les acteurs américains Ashton Kutcher et Leonardo DiCaprio, le chanteur canadien Justin Bieber et la pop-star new-yorkaise Lady Gaga.

Le tout premier touriste spatial devrait en revanche s'envoler dès le premier trimestre 2021. C'est ce qu'a annoncé la société en août. Richard Branson lui-même devrait embarquer à bord du SpaceShipTwo pour ce vol inaugural. La première mission habitée, prévue le 22 octobre, n'impliquera que les pilotes et quatre "spécialistes de mission", rapporte CNBC.

Blue Origin pourrait bientôt proposer des vols suborbitaux de 10 minutes à bord de sa fusée New Shepard

La fusée réutilisable de Blue Origin, New Shepard. ThePenultimateOne/Wikimedia Commons

Fondée en 2000, la société spatiale de Jeff Bezos a pour objectif premier de démocratiser l'accès à l'espace. En parallèle d'autres projets — la mission Artemis en collaboration avec la Nasa pour renvoyer des hommes sur la Lune, notamment —, Blue Origin développe la fusée New Shepard, destinée entre autres au tourisme spatial.

Comme Virgin Galactic, la fusée devrait permettre à Blue Origin proposer des vols suborbitaux. La technique diffère toutefois grandement : le projet de Richard Branson s'appuie sur un énorme avion qui largue un vaisseau spatial à haute altitude. Ici, il s'agit d'une fusée classique, avec une capsule à sa tête.

Six passagers pourront embarquer dans une capsule de 15 m²

Blue Origin

New Shepard devrait permettre à six passagers, entassés dans une capsule de 15 m², d'embarquer pour la lisière de l'espace. Comme la fusée Starship de Space X, le lanceur de Blue Origin est conçu pour décoller et atterrir à la verticale. Afin de réduire les couts, la société de Jeff Bezos est parvenue à ce que la fusée et la capsule soient réutilisables.

Le prix n'a pas encore été communiqué par la société, mais devrait atteindre plusieurs centaines de milliers d'euros

Blue Origin

Le projet est aujourd'hui bien avancé et l'entreprise devrait bientôt effectuer des vols suborbitaux habités, ultime étape avant la commercialisation prévue en 2021. Si la société n'a pas donné de réelle indication de prix, le billet devrait coûter plusieurs centaines de milliers d'euros. Pour une expérience d'environ 10 minutes, ascension et descente comprises.

Elon Musk et SpaceX multiplient les projets de tourisme spatial

Une illustration de la capsule Crew Dragon se détachant de la fusée Falcon 9. Nasa/SpaceX/Wikimedia Commons

SpaceX a noué un partenariat avec Space Adventures en février 2020, une entreprise spécialisée dans le secteur qui avait envoyé le premier touriste spatial sur l'ISS en 2001. "Cette mission Dragon va être une expérience spéciale et l’opportunité d’une vie — capable d’atteindre deux fois l’altitude atteinte par n’importe quel astronaute civil ou visiteur de la Station spatiale", se félicite le patron de Space Adventures dans un communiqué.

Avec son partenaire Space Adventures, la société spatiale entend proposer un voyage bien plus loin dans l'espace

Une fusée Falcon 9 de SpaceX décolle du cap Canaveral, en Floride. Nasa/SpaceX

Les partenaires voudraient en effet proposer une expérience bien plus aboutie que Blue Origin et Virgin Galactic, qui se limitent à envoyer des touristes aux confins de l'espace, à 100 kilomètres d'altitude. Peu de détails ont fuité sur le projet, mais SpaceX et Space Adventures prévoiraient de propulser les clients à 800 kilomètres d'altitude... Un sacré défi : les conditions — la température, la pression et la pesanteur — sont encore plus hostiles au-delà de l'ISS, qui ne se situe qu'à 400 kilomètres de la surface de la Terre.

La réussite du premier aller-retour habité vers l'ISS ouvre tous les possibles pour SpaceX. La société pourrait commercialiser des vols touristiques à bord de sa capsule Crew Dragon, qui a amené les astronautes de la Nasa sur la Station spatiale. Grâce à la réutilisation de nombreuses pièces de ses fusées, la société spatiale peut réduire considérablement le coût de ses lancements. Premier pas vers la démocratisation des vols commerciaux, et vers le tourisme spatial.

SpaceX a également l'intention d'envoyer des touristes autour de la Lune...

L'entreprise, qui a été choisie par la Nasa avec Blue Origin pour concevoir les prochains vaisseaux qui se rendront sur la Lune, entend également commercialiser des vols vers notre satellite naturel. L'entreprise aurait d'ailleurs déjà vendu deux places à bord de la Big Falcon Rocket — qui devrait mesurer 118 mètres de haut — au milliardaire et collectionneur d'art japonais Yusaku Maezawa. Il devrait être accompagné de huit artistes. Le voyage était initialement prévu pour 2023.

La société spatiale d'Elon Musk collabore aussi avec Axiom Space pour concevoir un 'hôtel spatial'

Axiom Space

En partenariat avec Axiom Space, SpaceX devrait également utiliser sa capsule Crew Dragon pour permettre à des touristes spatiaux d'effectuer des séjours d'une semaine sur l'ISS. Un "hôtel spatial" comprenant huit couchettes construit par Thalès Alenia devrait être rattaché à la station à partir de 2024, pour s'en détacher à la mise en retraite de cette dernière. Le coût pour un tel séjour est à la hauteur de la démesure du projet : le New York Times avance la somme de 55 millions d'euros. Cliquez ici pour en découvrir l'aspect de la nouvelle station conçue par Philippe Starck.

Pour servir de base à tous ces projets, SpaceX voudrait même créer un véritable "resort" — le premier "port spatial du 21e siècle" — à Boca Chica, au Texas.

A lire aussi — SpaceX voudrait créer un 'resort' au Texas, près du site de lancement de sa fusée Starship

Avec son ballon Céleste, l'entreprise française Zephalto devrait proposer des croisières dans la stratosphère

Zephalto

La startup basée au Pouget, dans l'Hérault, prévoit d'envoyer des passagers en croisière dans la stratosphère, à 25 kilomètres d'altitude. Ici, point de fusée supersonique : Zephalto réinvente le ballon, apparu au XVIIe siècle ! Baptisé Céleste, il vole grâce à des panneaux solaires qui compriment l'air du ballon.

Une altitude suffisante pour "observer la courbure de la Terre et la noirceur de l'espace", explique l'ingénieur Vincent Farret d'Astières, fondateur de Zephalto et pilote du ballon, qui travaille sur ce projet depuis 2012. Il a décrit Céleste sur France Bleu : "Pour l'instant c'est un beau bébé de 70 mètres de haut avec un grand ballon au dessus. Il est translucide, juste en dessous la nacelle type montgolfière avec les pilotes et tout l'espace de vie. L'autre ballon situé au dessous est rempli d'air. Quand on comprime de l'air, il prend de la masse et donc nous pouvons descendre ou monter au choix".

Le projet de la startup française devrait aboutir en 2024

Zephalto vient de réussir un premier vol d'essai, le 21 août. Le ballon a parcouru 300 kilomètres en quatre heures. Les premières croisières avec des passagers sont prévues pour 2024. Le prix n'a pas encore été communiqué par la startup, mais son fondateur promet des tarifs "accessibles". Comptez tout de même quelques milliers d'euros. Si vous êtes intéressés, vous pouvez d'ores et déjà vous inscrire pour être informé du lancement des préventes.

A lire aussi — La NASA travaille à réduire la puanteur des toilettes utilisées dans ses vaisseaux spatiaux

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