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'Spirale' au cinéma : comment 'Saw' est devenue une franchise à 1 Md$

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'Spirale' au cinéma : comment 'Saw' est devenue une franchise à 1 Md$
La saga met en scène un tueur en série nommé Jigsaw qui tend des pièges élaborés à ses victimes. © Lionsgate

L'histoire de la saga "Saw" compte autant de rebondissements que le scénario des films d'horreur eux-mêmes. Lorsque le premier film, réalisé par James Wan, est sorti en 2004, il fut un succès au box-office, rapportant 56 millions de dollars aux États-Unis et 103 millions dans le monde, pour un budget de seulement 1,2 million de dollars. Dix-sept ans et huit suites plus tard, dont la dernière "Spirale : L'Héritage de Saw" qui sort ce mercredi 21 juillet, la franchise — qui met en scène un tueur en série nommé Jigsaw qui tend des pièges élaborés à ses victimes — a atteint le milliard de dollars au box-office mondial. "Spirale" a déjà rapporté 35 millions de dollars dans le monde entier.

Il s'agit d'un exploit impressionnant si l'on considère que le premier opus était presque condamné au néant des films sortis directement sur DVD. "Vous ne savez pas à quel point 'Saw' a failli ne jamais sortir en salles", affirme le producteur Mark Burg, cofondateur de Twisted Pictures, qui a produit tous les films "Saw". Mark Burg et Oren Koules, les deux cofondateurs, se comparent à Barbara Broccoli, productrice de James Bond, dans le sens où ils font partie des rares constantes de la franchise "Saw" depuis près de deux décennies. Comme Broccoli avec Bond, ils sont les gardiens de "Saw".

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Le duo, ainsi que d'autres membres de l’équipe derrière "Saw", ont parlé avec Insider de la façon dont la franchise s'est maintenue au fil des ans et de ce qui est à venir, y compris un film prequel, une suite de "Spirale", et peut-être une série télé plus tard.

“Quand vous avez un concept et un univers aussi développés et riches que celui de ‘Saw’, les possibilités sont infinies", affirme Jason Constantine, le président des acquisitions et des coproductions de Lionsgate, qui a été impliqué dans "Saw" depuis le début.

Chris Rock dans "Spirale". Lionsgate

Presque tous les films "Saw" ont rapporté plus de 100 M$ dans le monde

Lionsgate a distribué tous les films aux États-Unis, de "Saw" en 2004 à "Spirale" cette année, mais son dévouement à "Saw" a connu des débuts difficiles, selon Mark Burg et Oren Koules. Après une première projection test de "Saw" juste à l'extérieur de Los Angeles qui, selon Mark Burg et Oren Koules, a été "un énorme succès", Lionsgate a organisé une autre projection test à Las Vegas en mars 2004. Mais Lionsgate n'a dit au duo de producteurs où se déroulait exactement la projection que le jour même.

"Ils pensaient que nous avions fait venir 200 de nos amis les plus proches parce qu'ils ne pensaient pas qu'il était possible que le film soit aussi bien reçu", raconte Mark Burg. Cette projection "a été appréciée encore plus", admet Jason Constantine. "C'est à ce moment-là que nous avons réalisé que nous pouvions vraiment en faire un film en salle", ajoute-t-il.

"Saw” est finalement sorti au Royaume-Uni en septembre de la même année et a rapporté 11 millions de dollars avant même d'arriver dans les salles nord-américaines le week-end d'Halloween en octobre, un week-end que la franchise allait dominer pendant un certain temps par la suite.

"Il a tout écrasé et donné à tout le monde beaucoup plus de motivation pour mettre le film dans les salles et dépenser plus d'argent" en publicité, se souvient Oren Koules.

Depuis lors, tous les films "Saw", à l'exception du sixième, ont rapporté plus de 100 millions de dollars dans le monde. Le budget le plus élevé pour un film "Saw" avant "Spirale" (dont la production a coûté 40 millions de dollars) était de 20 millions de dollars pour le septième volet. Tous les autres "Saw" ont coûté 11 millions de dollars ou moins, sans compter les coûts de marketing.

Jigsaw, un 'héros' adoré

Mark Burg et Oren Koules attribuent au principal antagoniste de la franchise, Jigsaw, interprété par Tobin Bell, la raison pour laquelle le public en redemande. "C'est une dynamique bizarre où les gens applaudissent et encouragent Jigsaw, mais ce n'est pas un justicier", estime Oren Koules. "Nous voulons toujours nous assurer que Jigsaw réussisse à la fin du film", ajoute Mark Burg. "Pourtant, nous sommes les deux idiots qui l'ont tué dans 'Saw III'", admet-il avec un brin d'autodérision.

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Cela n'a manifestement pas empêché les fans de retourner dans les salles de cinéma ou de s'arracher les films lors de leurs sorties en vidéo. Depuis 2004, seule une poignée de franchises d'horreur ont atteint la barre convoitée du milliard de dollars, selon les données de Comscore, dont "Resident Evil", "Ça" et "The Conjuring", si l'on inclut les spin-offs de ce dernier. Et Oren Koules affirme que la franchise "Saw" a probablement atteint plus près de 2,5 milliards de dollars de recettes après avoir pris en compte les DVD et la vidéo à la demande.

"Atteindre la barre du milliard de dollars au box-office mondial est une affaire énorme pour n'importe quelle franchise, mais dans le genre de l'horreur, c'est presque insaisissable", déclare Paul Dergarabedian, analyste médias senior chez Comscore. "La franchise 'Saw' a clairement touché une corde sensible chez les spectateurs du monde entier".

Le premier "Saw" est sorti en 2004. Lionsgate

Les suites et ‘Spirale’

Personne ne pensait que "Saw" connaîtrait des suites en 2004 ; ni Mark Burg et Oren Koules, ni Lionsgate, ni même le scénariste/réalisateur James Wan et son co-scénariste Leigh Whannell (qui joue également le rôle d'Adam dans le film et a depuis réalisé ses propres thrillers comme "Upgrade" et "The Invisible Man").

“Je pense que James et moi considérions davantage le premier film ‘Saw’ comme une bande démo pour notre prochain film qu'autre chose", a déclaré Leigh Whannell à The AV Club en 2010. "Loin de penser à ce que devraient être les suites, nous pensions que nous allions probablement faire le film et ensuite le trimballer sur un DVD en essayant de convaincre les gens de le regarder. Nous n'avons donc pas vraiment réfléchi à l'avance."

Quant à Mark Burg et Oren Koules : "Nous voulions juste récupérer notre argent", affirme le premier. Ils ont récupéré leur argent et même plus. Ils ont refusé plusieurs offres de Lionsgate, dont celle de 5 millions de dollars, avant de conclure un accord prévoyant qu'ils ne prendraient pas d'avance, mais paieraient à Lionsgate des frais de distribution de "18 à 20 % environ" et garderaient le reste. "Saw" a coûté un peu plus d'un million de dollars à réaliser et il a rapporté plus de 100 millions de dollars. "C'était plus d'argent que je n'en avais jamais rêvé dans ma vie", affirme Mark Burg.

Malgré le succès du film, Lionsgate est restée prudente. Le duo Burg et Koules a réalisé sept films "Saw" en sept ans, mais Lionsgate n'a jamais donné le feu vert à une suite avant la sortie du film précédent. Ils produisaient également la sitcom "Mon oncle Charlie" pendant ces années.

Chris Rock dans "Spirale". Lionsgate

"Certaines choses sont un peu floues pour nous ", se souvient Oren Koules. "Je pense qu'aucun d'entre nous ne savait ce qu'il ferait quand 'Saw II' est sorti", lâche le réalisateur de "Spirale", Darren Lynn Bousman, qui a également réalisé "Saw II", "III" et "IV". "Ce n'était pas une franchise à ce moment-là. Ce n'est que lorsque ‘Saw II’ a gagné de l'argent que l'intensité a commencé."

"Saw II" a fait 153 millions de dollars dans le monde entier avec un budget de 4 millions de dollars, montrant que le premier film n'était pas un coup de chance. "Vous ne pouvez pas avoir une franchise si le deuxième film ne fonctionne pas", affirme Jason Constantine.

Le septième film a remis la franchise sur les rails

Alors que la franchise a atteint son rythme de croisière avec les premiers films, elle s'est effondrée avec "Saw VI", qui a enregistré des résultats inférieurs à ceux des films précédents avec 72 millions de dollars dans le monde. Le film suivant, en 2010, a été baptisé "Saw 3D : Chapitre final”, mais il ne l'était pas. Le septième film a remis la série sur les rails avec 136 millions de dollars, mais la franchise a fait une pause jusqu'au huitième film, "Jigsaw", en 2017.

Après "Jigsaw", le duo de producteurs développait une sorte de préquel de "Saw" avec Tobin Bell, l'acteur qui joue Jigsaw, lorsque Chris Rock a présenté son idée pour ce qui allait devenir "Spirale".

"Avec le premier film, nous avons essayé de faire un film d'horreur plus psychologique, comme 'Seven'", raconte Oren Koules. "Au fur et à mesure que les films avançaient, ils devenaient de plus en plus brutaux. Puis Chris est arrivé et a dit qu'il voulait faire un mélange de "48 heures" et de "Seven". Nous étions très enthousiastes car nous voulions revenir à l'aspect psychologique."

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Le pitch de Chris Rock était suffisamment intriguant pour inciter Darren Lynn Bousman à revenir à la réalisation. "'Spirale' était une idée complètement différente pour moi", confie-t-il à Insider. "Cela faisait 14 ans que je n'avais pas fait de film 'Saw'. Mon espoir était que nous fassions quelque chose d'unique. Avec des gens comme Chris et [Samuel L.] Jackson, nous ne voulions pas simplement refaire le même film."

"Spirale" est arrivé en tête du box-office américain deux weekends de suite, mais la pandémie l'a freiné. "La pandémie a obligé tous les distributeurs à réfléchir à de multiples options pour chaque film", explique Jason Constantine, le cadre de Lionsgate. "Nous voulions que ‘Spirale’ ait l'opportunité d'être dans les cinémas pour une durée exclusive, mais nous vivons aussi toujours dans une période où certains ne sont pas vaccinés ou ne sont pas prêts à aller dans un cinéma ou leur cinéma local n'est pas à pleine capacité."

Le film est finalement arrivé en exclusivité dans les salles de cinéma américaines le 14 mai après un an de retard et a rapporté 23 millions de dollars à l'échelle nationale. Le film est disponible sur les services de vidéo à la demande depuis le 1er juin, bien plus tôt que prévu. Il fera ses débuts sur Starz, le service de streaming de Lionsgate, en octobre.

"D'un point de vue financier, c'est très éprouvant pour les nerfs", admet Darren Lynn Bousman. "C'est l'un des premiers films à faire revenir les gens en salles. C'était surréaliste."

Tobin Bell dans le rôle de John Kramer alias Jigsaw. Lionsgate

‘Saw’ n'est pas terminé

Ce n'est pas parce que "Spiral" est enfin sorti dans le monde que Mark Burg et Oren Koules ont cessé de penser à l'avenir de la franchise. Ils prévoient toujours de faire ce "prequel", qu'ils décrivent comme l’histoire de l'origine de Jigsaw qui se déroulerait "quelque part dans les premiers films 'Saw' où Jigsaw est encore en vie", après le premier film mais avant le troisième.

"Nous ne voulons pas en dire trop à ce sujet parce qu'en fin de compte, nous pourrions faire un autre 'Spirale' avant ce film", estime Mark Burg. "Cette décision sera prise lorsque nous nous assiérons avec Lionsgate [cet été] et que nous nous demanderons quelle est la meilleure façon de satisfaire notre fanbase."

Ils s'attendent à ce que les deux films soient finalement réalisés (bien que Lionsgate n'ait pas encore officiellement donné son feu vert). Mais "Saw" est-il une expérience strictement cinématographique ? Peut-être pas tout à fait. Les producteurs sont ouverts à l'idée d'explorer la télévision.

"Cela fait au moins dix ans que nous parlons de faire de la télévision", déclare Oren Koules. "Je pense que l'évolution de la télévision nous a fait réfléchir. Si nous pouvions trouver un moyen de faire une grande série, c'est quelque chose que nous ferions et ce serait une autre histoire du 'Livre de Saw'. Nous ferons probablement un "Saw" original ou un autre "Spirale", puis nous parlerons de télévision."

Version originale : Travis Clark/Insider

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