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Une rencontre avec Steve Bannon semble confirmer que l'UE doit se préparer à une politique américaine 'd'hostilité'

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Une rencontre avec Steve Bannon semble confirmer que l'UE doit se préparer à une politique américaine 'd'hostilité'

Dans la semaine ayant précédé la venue de Mike Pence à Bruxelles, où le vice-président américain a insisté lundi sur "l'attachement profond" des Etats-Unis vis-à-vis de l'Union européenne, Steve Bannon, le stratège en chef de la Maison Blanche, a fait passer un message bien différent aux Européens.

Selon trois sources au fait de leur conversation, l'ex-patron du site ultraconservateur Breitbart News s'est entretenu avec l'ambassadeur d'Allemagne à Washington et lui a dit qu'il considérait l'UE comme une construction déficiente et qu'il privilégiait une approche bilatérale avec les Etats européens.

Invoquant le caractère confidentiel de cette discussion, l'ambassadeur Peter Wittig et le gouvernement allemand se sont refusé à tout commentaire.

A la Maison Blanche, un membre de l'administration présidentielle, après avoir consulté Steve Bannon, a confirmé la tenue de cette rencontre mais a démenti le contenu obtenu par Reuters. "Ils ne se sont parlé que trois minutes environ et c'était un rapide bonjour", a-t-il dit.

Mais les trois sources, souhaitant rester anonymes du fait de la sensibilité du sujet, ont évoqué une rencontre plus longue que ces trois minutes et un entretien lors duquel Steve Bannon a pris le temps de développer sa vision du monde.

Le contenu, ajoute-t-on, était assez proche du discours que Steve Bannon a prononcé via Skype en 2014 lors d'une conférence organisée par le Vatican.

L'ex-banquier de Goldman Sachs, qui dirigeait alors Breitbart News, avait évoqué positivement l'essor des mouvements populistes en Europe et expliqué que les peuples aspiraient au nationalisme parce qu'ils "ne croient plus dans ce genre d'Union pan-européenne".

L'Europe occidentale, avait-il ajouté, s'est construite sur la base de "mouvements nationalistes forts". "Je pense que c'est ce qui nous attend à l'avenir", avait-il poursuivi.

Les propos tenus par Steve Bannon lors de son entretien avec l'ambassadeur Wittig ont troublé le gouvernement allemand où certains espéraient que le conseiller de Donald Trump modérerait ses analyses une fois au gouvernement.

Au contraire, cette discussion, rapporte une des sources, a confirmé l'opinion selon laquelle l'Allemagne et ses partenaires européens doivent se préparer à une politique américaine d'"hostilité à l'égard de l'UE", loin des déclarations conciliantes de Mike Pence.

Selon un deuxième informateur, qui s'appuie aussi sur ses contacts avec l'administration Trump, le nouveau pouvoir en place à Washington ne reconnaît guère de mérite au rôle joué par la construction européenne pour la paix et la prospérité dans l'Europe de l'après-guerre.

"Il semble que la Maison Blanche ne comprenne pas qu'une dislocation de l'UE aurait de graves conséquences", dit-il.

La Maison Blanche précise qu'il n'existe aucune transcription de la conversation entre Bannon et Wittig.

Les sources de Reuters soulignent que rien ne permet d'en conclure que Donald Trump est prêt à aller au-delà de ses attaques verbales contre l'UE — notamment son soutien affiché en faveur du Brexit — et à prendre des mesures concrètes de nature à déstabiliser le bloc européen.

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