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Suite aux tensions avec Pékin, TikTok a mis en suspens le projet d'un siège européen à Londres

Suite aux tensions avec Pékin, TikTok a mis en suspens le projet d'un siège européen à Londres
© Reuters File Photo

Le réseau social chinois TikTok aurait mis en suspend son projet d'ouvrir un siège européen à Londres, les hostilités entre Londres et Pékin menaçant de dégénérer en une guerre économique punitive. TikTok, l'application de vidéos virales qui compte 800 millions d'utilisateurs dans le monde, avait entamé des discussions avec le gouvernement britannique pour ouvrir un nouveau bureau au Royaume-Uni, qui aurait employé 3 000 personnes, selon le Sunday Times. Mais sa société mère chinoise, ByteDance, a maintenant mis ce projet en attente en raison du "contexte géopolitique général", selon l'article du Sunday Times.

Cette décision intervient après que Boris Johnson a déclaré cette semaine que la Grande-Bretagne allait exclure le géant chinois de la tech Huawei, qui travaille en étroite collaboration avec le gouvernement chinois, de son réseau 5G. Cela a provoqué une réaction furieuse de Pékin, où les médias d'Etat ont déclaré vouloir que la Grande-Bretagne "souffre" de cette décision. La Grande-Bretagne a également rendu la Chine furieuse en offrant des visas à 3 millions de résidents de Hong Kong après que Pékin a instauré une nouvelle loi de sécurité controversée, qui a déjà mené à l'arrestation de centaines de manifestants pro-démocratie.

ByteDance, qui possède TikTok, aurait également des liens étroits avec le gouvernement chinois et travaille avec des médias d'Etat en Chine.

Les préoccupations de sécurité concernant les entreprises basées en Chine ont conduit les États-Unis à envisager une interdiction complète du téléchargement de l'application par les Américains. Une telle interdiction serait un coup dur pour les activités de TikTok, car l'application compte 50 millions d'utilisateurs aux États-Unis. L'Inde a interdit l'application le mois dernier.

Les tensions entre Londres et Pékin semblent maintenant prêtes à se transformer en une guerre économique publique et aux répercussions douloureuses. Cette semaine, les responsables du Parti communiste chinois ont menacé la Grande-Bretagne de représailles économiques contre les grandes entreprises britanniques qui ont des exploitations en Chine, notamment Jaguar Land Rover et GlaxoSmithKline.

Mike Pompeo, le secrétaire d'État américain, se rendra au Royaume-Uni la semaine prochaine et fera pression sur Downing Street pour que la Grande-Bretagne adopte une ligne encore plus dure à l'égard de la Chine. La Maison Blanche a considéré la décision de la Grande-Bretagne d'interdire Huawei de son réseau 5G comme un coup politique. La Grande-Bretagne a confirmé aux responsables de Huawei qu'elle avait mis en œuvre cette interdiction en partie pour des raisons "géopolitiques" suite à une pression intense des États-Unis, selon un article de The Observer.

Version originale : Thomas Colson/Business Insider. Traduit de l'anglais par Albane Guichard.

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