L'ingénieure qui a dénoncé la culture sexiste au sein d’Uber a déjà vendu son film et travaille sur un livre

Susan Fowler. Susan Fowler

  • Susan Fowler a déjà trouvé un acheteur pour faire un film à propos de son expérience chez Uber, rapporte Deadline. 
  • Et le livre de Fowler sur sa vie est en train d'être envoyé aux maisons d'édition et un grand nombre d'entre elles sont intéressées. 
  • L'histoire de sa vie est aussi extraordinaire: elle a été éduquée à la maison et est principalement autodidacte. Et elle est devenue la célèbre ingénieure logicielle qui a déposé une requête à la Cour suprême. 

Si la célèbre phrase de Susan Fowler sur sa "très, très, étrange année à Uber" rappelle l'adversité à laquelle elle a fait face, Susan Fowler l'a alors transformée en opportunité. 

Elle aurait apparemment déjà vendu un film à propos de sa vie, quelques semaines seulement après que le bruit courait qu'elle comparait les prix pour le script. 

La société de production de films Good Universe a battu les trois autres candidats et a obtenu les droits pour le film, selon Deadline. Le film est intitulé "Disrupters," dit Deadline, et est supposé être un mélange entre "Erin Brockovich" et "The Social Network." La scénariste de "Hidden Figures" nommée aux Oscars, Allison Schroeder a aussi été choisie pour l'écrire. 

Good Universe est un choix intéressant pour l'histoire. La société est bien connue pour ses comédies loufoques comme Neighbors ("Nos pires voisins") en 2014 (avec Seth Rogen, Zac Efron) ou The House ("Vegas Academy") en 2017 (avec Will Ferrell, Amy Poehler). Mais elle réunit d'autres genres comme le thriller/film d'horreur à venir "Extinction" et le thriller policier de 2016 "Don't Breathe."

Et il y a aussi les deux livres techniques que Susan Fowler avait auparavant publiés, se basant sur les leçons qu'elle a apprises en travaillant chez Uber, construisant une appli qui tombe rarement en panne. 

Elle a été éduquée à la maison

Susan Fowler, âgée de 26 ans, avait déjà donné un avant-goût de l'histoire de sa vie dans une interview avec Maureen Dowd du New York Times. Elle fait partie d'une fratrie de sept enfants, fille d'un prêtre évangéliste dans une petite ville de l'Arizona où on lui a fait l'école à la maison, d'après le NY Times. Au lieu d'aller au lycée, elle a principalement étudié seule, lisant les classiques. 

Le 26 février 2017: le DG à l'époque d'Uber, Travis Kalanick arrive à la fête des Oscars de Vanity Fair, à Beverly Hills, en Californie. Evan Agostini/Invision/AP, File

Elle a trouvé comment aller à l'université d'elle-même et a obtenu une bourse pour l'Université de l'État de l'Arizona (ASU). Quand ils n'ont pas voulu l'admettre à un cours pour étudier l'astronomie, à cause de son manque d'entraînement formel en maths, elle a changé pour l'université de Pennsylvanie et a dû rattraper brutalement les maths pour étudier la physique là-bas. 

Elle a ébranlé l'opinion publique en février dernier, en dénonçant le sexisme et les comportements d'harcèlement sexuel auxquels elle a fait face chez Uber. Son post de blog dit que le service des Ressources Humaines a fermé les yeux quand des managers auraient dragué des employés et acheté des vestes en cuir uniquement pour les membres masculins de son équipe.

Sa publication est devenue virale et a agité le noyau même de l'entreprise, menant finalement au licenciement de plus de 20 personnes et au soulèvement d'investisseurs qui ont forcé le DG Travis Kalanick à démissionner. 

Mais Susan Fowler ne s'est pas arrêtée là. Elle a adressé une requête à la Cour suprême défiant les clauses arbitraires forcées que les entreprises tech font signer quotidiennement aux employés comme condition à leur emploi. Cela évite que les employés poursuivent en justice l'entreprise, mais signifie souvent que les conflits se passent en privé, à l'abri de tout regard. 

Susan Fowler a dit au NY Times que, comme la plupart des femmes, elle a eu peur des répercussions de sa publication avant qu'elle la poste. De plus, elle ne voulait pas que son nom soit associé pour toujours à l'histoire de harcèlement sexuel cher Uber. 

Mais elle a ensuite décidé, que "si ce que les gens savent de vous met en lumière un problème de mauvais comportement, de mauvaises choses qui arrivent et de lois qui ne sont pas respectées ainsi que de personnes qui ne sont pas traitées de manière appropriée, pourquoi ne voudrais-je pas ça? C'est un insigne de fierté," a-t-elle dit au journal américain.

Voix de discordances

Susan Fowler n'est certainement pas la première femme à se manifester. Les femmes ont commencé à s'exprimer de plus en plus fréquemment dans l'industrie tech depuis des années. 

Cependant, la voix de Fowler a du pouvoir et de l'influence au lendemain de l'élection du président Donald Trump. Sa publication de blog est une étincelle qui a allumé un énorme brasier. En 2017, davantage de femmes se sont manifestées. Elles ont révélé des histoires de harcèlement par des VC (vice-présidents) qui ont mené à des enquêtes, démissions et licenciements. 

Les femmes à Hollywood s'expriment désormais. Et les femmes en justice ont commencé à s'exprimer aussi. 

Pendant ce temps, Susan Fowler a un contrat pour un film et aura bientôt un contrat pour un livre. Elle a aussi écrit quelques livres techniques, déposé une requête à la Cour suprême et attend son premier enfant (une fille, a t-elle dit au Times), elle peut fièrement dire que le changement est dans l'air. 

Susan Fowler n'a pas été immédiatement joignable pour témoigner.

Version originale: Julie Bort/Business Insider US

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