Goldman Sachs et Bpifrance participent à un tour de 45 M€ dans l'éditeur de logiciel Talentsoft alors que les DRH cherchent à se libérer du temps

Joël Bentolila, Alexandre Pachulski, et Jean-Stéphane Arcis (de g. à dr.), cofondateurs de Talentsoft. Talentsoft

Talentsoft, éditeur de logiciel RH dans le cloud pour les entreprises, vient de finaliser une levée de fonds de 45 millions d'euros auprès de deux de ses actionnaires — Bpifrance et la banque américaine Goldman Sachs — et un nouveau, Francisco Partners.

Cela porte à 90 millions d'euros les fonds levés par TalentSoft depuis sa création en 2007.

La banque américaine Goldman Sachs choisit avec parcimonie ses prises de participations en France.

Elle n'est ainsi présente au capital que de deux autres entreprises du numérique, pour lesquelles elle aurait mis des tickets conséquents: 200 millions de dollars dans l'éditeur de jeux mobiles Voodoo et 265 millions d'euros pour racheter le courtier Meilleurtaux.

Depuis 11 ans, Talensoft est portée par une vague : la numérisation des procédures administratives en entreprise. Les Etats-Unis ont lancé le sujet au début des années 2000, participant à l'expansion des géants Oracle ou SAP ou plus récemment Slack ou Gusto. Arrivée au départ dans les départements marketing, la technologie a gagné les RH. L'accès aux données et aux nouvelles méthodes plus intuitives a facilité le travail des équipes.

"Les DRH cherchent des startups capables de faire preuve d'adaptabilité à leurs structures. Ils veulent se dégager du temps pour se recentrer sur des sujets stratégiques. Depuis trois-quatre ans, le marché grossit en France autour de solutions techniques : l'utilisation de l'intelligence artificielle dans le recrutement, de la réalité virtuelle dans la formation, etc.", explique Alexandre Vacante, marketing et communication manager chez Akoya Consulting.

Aux Etats-Unis, certaines initiatives laissent augurer une évolution vers des solutions clé en main où les entreprises peuvent faire leur marché, en s'abonnant à des options formation et paiement et laisser de côté la gestion de carrière.

En 2022, le marché du logiciel pour les RH devrait atteindre les 10 milliards de dollars, selon une étude du cabinet Grand View Research

Mais le marché reste très atomisé et ouvre des opportunités de concentration. Selon le cabinet Akoya Consulting, il y aurait, rien qu'en France, au moins 600 startups de moins de cinq ans et qui ont levé moins de 3 millions d'euros. Souvent citées comme des réussites de la French Tech par les observateurs, Talentsoft et Payfit font presque déjà figure d'anciennes.

Utilisée dans 130 pays et en 27 langues par 9 millions de personnes, Talensoft réaliserait 65 millions d'euros de chiffre d'affaires et table sur 100 millions d'euros en 2019. Elle compte 600 salariés et 2000 clients parmi lesquels que Pôle Emploi, La Poste, EDF, SNCF, Vinci, Crédit Agricole et PSA.

"Nous avons l’ambition d’aller encore plus loin en devenant la première plateforme HR Tech en Europe. Cela permettra d’attirer sur notre Marketplace les acteurs les plus innovants au service de tous nos clients et d'accompagner la transformation de l'expérience au travail de millions de leurs collaborateurs", précise Jean-Stéphane Arcis, PDG de Talentsoft, dans un communiqué.

La société va aussi passer d'un modèle SaaS à un modèle iPaaS (Integrated Platform as a Service). Les partenaires technologiques auront désormais la possibilité d'y intégrer de nouveaux services, explique l'entreprise.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Les 8 erreurs fréquentes sur LinkedIn qui découragent les recruteurs de s'intéresser à votre profil

VIDEO: Si la plupart des avions sont blancs, c'est pour une bonne raison — la voici