Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Tank autonome, missile hypersonique, robot astronaute... 5 innovations portées par l'armée russe

  • Recevoir tous les articles sur ce sujet.

    Vous suivez désormais les articles en lien avec ce sujet.

    Ce thème a bien été retiré de votre compte

Tank autonome, missile hypersonique, robot astronaute... 5 innovations portées par l'armée russe
Le robot Marker, un tank autonome, est développé avec un système d'intelligence artificielle lui permettant des comprendre les ordres vocaux d'un opérateur. © FPI/Advanced Research Foundation

"Les autorités russes considèrent la course technologique comme un élément central dans la compétition actuelle entre grandes puissances, un élément qui pourrait potentiellement produire un avantage qui changerait la donne et permettrait de gagner des conflits", écrivait la chercheuse Katarzyna Zysk, de l'Institut norvégien d'études sur la défense, dans un article paru en décembre dans le Journal of Strategic Studies.

Après s'être longtemps reposée sur les importations de technologies de défense, notamment en Occident, la Russie s'est décidée à changer son fusil d'épaule au début des années 2010. Sous l'impulsion de Sergueï Choïgou, toujours ministre de la Défense aujourd'hui, les autorités se sont décidées à favoriser la production domestique d'innovations afin d'éviter une trop forte dépendance au savoir-faire étranger. Cette volonté a donné naissance à la Fondation pour les projets de recherche avancée dans l'industrie de la défense (FPI) en 2012 — calquant ouvertement le modèle créé en 1958 par les États-Unis avec l'Agence pour les projets de recherche avancée de défense (DARPA).

À lire aussi — Un nouveau drone-kamikaze russe 'silencieux' bientôt mis en service

Très rapidement, deux priorités de développement ont émergé au sein du complexe-militaro industriel russe : les armements hypersoniques ainsi que les technologies d'intelligence artificielle (IA). Le pays, freiné par une crise économique — consécutive, entre autres, aux sanctions occidentales qui ont suivi l'invasion de la Crimée en 2014 — accuse un retard de financement conséquent : le budget annuel de la FPI s'élevait à 50-60 millions de dollars (42-50 millions d'euros) en 2019, contre 3,4 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) alloués à la DARPA américaine.

"En outre, l'industrie de la défense russe continue de se débattre avec le spectre de problèmes structurels de longue date tels que la corruption omniprésente", écrit Katarzyna Zysk. Cela n'a pas empêché la Russie de rapidement démontrer ses capacités dans le développement d'IA prometteuses : avec 4 000 aéronefs autonomes, Moscou dispose de la deuxième flotte mondiale de ce type, derrière les États-Unis et devant la Chine.

Mais l'innovation russe en matière de défense ne s'arrête pas là.

Business Insider France a sélectionné cinq innovations militaires russes développées ou en cours de développement :

Laser anti-satellites

L'arme a énergie dirigée a déjà été utilisée en opération, notamment en Syrie. Presidential Press and Information Office/Wikimedia Commons

Dévoilé par Vladimir Poutine en mars 2018, le système de défense à énergie dirigée Peresvet a été officiellement mis en service en décembre 2019. Grâce à son rayon laser infrarouge, Peresvet peut "efficacement contrer toute attaque aérienne et même combattre les satellites en orbite", d'après le ministère de la Défense russe. Cette capacité anti-satellitaire n'a cependant jamais été démontrée.

L'arme à énergie dirigée a officiellement été utilisée lors de cinq missions, notamment en Syrie.

À lire aussi — SpaceX : un chien robot a inspecté l'épave du prototype de fusée Starship

Tank autonome

Développée depuis 2018, la plateforme robotique, dénommée Marker, doit combiner la capacité de navigation autonome et l'interaction avec d'autres systèmes basés sur l'IA. Plusieurs tests, notamment de tirs, ont eu lieu en 2020. Selon un responsable de la FPI, cité par l'agence de presse Tass, les essais de tir ont montré une précision et une vitesse supérieures à celle des tireurs d'élite. "Nous apprenons à Marker à déterminer la différence et, par conséquent, à ne tirer que sur les cibles qui représentent une menace directe tout en évitant les objets qui se trouvent le long de la trajectoire du tir", a-t-il ajouté. Autrement dit, le char autonome serait capable de différencier un civil d'un soldat adverse. Marker peut aussi détecter et abattre de petits drones.

"Des algorithmes et des modules ont été développés pour détecter les obstacles et les objectifs de différentes classes", écrit également la FPI. L'agence russe a même indiqué entraîner le robot à répondre aux commandes vocales ! "Marker apprend à comprendre l'ordre reçu et à agir comme un humain", explique la FPI. En juin dernier, cette dernière déclarait également vouloir accroître l'autonomie du robot, qui ne peut pas évoluer au-delà de cinq kilomètres de son opérateur. Marker, qui sera également pourvu de drones de reconnaissance et d'attaque, entre dans sa phase finale d'essais en 2021.

Missile hypersonique

Avangard est également capable d'embarquer une tête nucléaire d'une puissance de deux mégatonnes sur une portée de 6 000 kilomètres. TASS via Getty Images

Vitrine de l'innovation militaire russe et priorité majeure de la stratégie de dissuasion du pays, le missile hypersonique Avangard n'est pas pour rassurer les acteurs occidentaux. Déployé depuis décembre 2019, ce missile balistique intercontinental dépasserait une vitesse de Mach 20, selon Vladimir Poutine. Soit une vitesse vingt fois supérieure à celle du son.

À lire aussi — Le Pentagone a mis en orbite un panneau solaire qui pourrait aider en cas de catastrophe naturelle

Grande fierté du président russe, le système Avangard provoque quelques sueurs froides du côté de Washington. Sa vitesse et sa maniabilité avancées le rendent terriblement difficile à contrer pour les défenses antimissiles adverses. "Ces nouveaux systèmes ont des qualités qui en font également une cible exigeante pour les réseaux de combat américains car ils se déplacent à la limite de l'atmosphère terrestre, un domaine opérationnel qui n'est pas bien couvert par les capteurs américains", relève Katarzyna Zysk. Avangard est également capable d'embarquer une tête nucléaire d'une puissance de deux mégatonnes sur une portée de 6 000 kilomètres.

Le premier régiment de ces missiles a été déployé dans la région d'Orenburg, dans l'Oural.

Robot humanoïde astronaute

Le robot de sauvetage Fedor est testé à Magnitogorsk, non loin de la frontière kazakh, le 8 décembre 2016. Donat Sorokin\TASS via Getty Images

Mis au point depuis 2014 par la FPI, le robot humanoïde Fedor a été envoyé à bord de la Station spatiale internationale en 2019. Mesurant 1,80 mètre pour 160 kg, il a d'abord été conçu comme un robot de sauvetage. Il peut travailler dans un environnement irradié ou contaminé chimiquement pour, par exemple, déplacer des déchets radioactifs. La FPI a posté des vidéos où l'on peut le voir accomplir toutes sortes de tâches manuelles, de l'utilisation d'un extincteur à la soudure. Il serait également capable d'actions de déminage, selon l'agence russe.

À l'origine, Fedor a été mis au point pour reproduire par mimétisme les gestes d'un opérateur humain bardé de capteurs. La FPI a depuis déclaré travailler sur un logiciel pour le rendre autonome.

Son séjour de deux semaines dans l'ISS relevait davantage de l'événement que de la prouesse scientifique, selon des observateurs sceptiques. Il n'aurait participé qu'à cinq ou six expériences mineures, où sa taille imposante a posé quelques soucis au sein des espaces exigus de la station.

À lire aussi — L'armée américaine teste une arme à micro-ondes pour contrer la menace des drones sur ses bases

Un sous-marin autonome dans la fosse des Mariannes

Le submersible autonome Vityaz a été imaginé pour étudier les différents paramètres hydrochimiques du milieu marin. FPI/Advanced Research Foundation

Le 8 mai 2020, le sous-marin Vityaz est devenu le premier submersible autonome à atteindre le point le plus profond des océans, dans la fosse des Mariannes (Pacifique). Durant trois heures et à 10 028 mètres de profondeur, le sous-marin a pu photographier, cartographier et prendre des vidéos des fonds marins. Aucun fil ne le reliait au bateau en surface, qui le contrôlait seulement grâce aux fréquences électroacoustiques — utilisant les vibrations du milieu aquatique comme une sorte de haut-parleur sous-marin.

Le submersible de 5,5 mètres de long est, selon la FPI, capable de plonger jusqu'à 12 000 mètres de profondeur. Le projet, débuté en 2017, a été imaginé pour étudier les différents paramètres hydrochimiques du milieu marin.

À lire aussi — Voici quelques manières inhabituelles imaginées par les États-Unis pour utiliser l'arme atomique

Découvrir plus d'articles sur :