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'The Eddy' sur Netflix : le réalisateur de 'La La Land' nous plonge dans le monde du jazz à Paris

'The Eddy' sur Netflix : le réalisateur de 'La La Land' nous plonge dans le monde du jazz à Paris
Amandla Stenberg et André Holland dans "The Eddy". © Lou Faulon/Netflix

Deux ans après “First Man”, biopic sur l’astronaute Neil Armstrong, le réalisateur franco-américain Damien Chazelle revient à son sujet de prédilection : la musique. Il signe pour Netflix sa première série, “The Eddy”, un drame sur le quotidien mouvementé d’un club de jazz parisien — qui donne son nom à la série —, et de son co-propriétaire américain Elliot, interprété par André Holland (“Moonlight”, “High Flying Bird”). Celui-ci doit gérer l’arrivée de sa fille adolescente Julie (Amandla Stenberg, révélée dans “Hunger Games” et vue dans “The Hate U Give”), qui vient vivre à Paris, et les pratiques douteuses de son associé Farid (Tahar Rahim), qui doit de l’argent à des malfrats. Les huit épisodes de cette mini-série arrivent le vendredi 8 mai sur la plateforme.

Damien Chazelle a travaillé avec le britannique Jack Thorne — scénariste de “Skins” et auteur de la pièce “Harry Potter et l’Enfant maudit” — qui a écrit tous les épisodes de la série. Si Damien Chazelle a réalisé les deux premiers épisodes, il a passé la main à d’autres metteurs en scène — dont Houda Benyamina, récompensée aux César et au Festival de Cannes pour “Divines” — pour le reste de la saison. Devant la caméra, on retrouve aussi Leila Bekhti, qui joue Amira, la femme de Farid, et l’actrice polonaise Joanna Kulig (“Cold War”), dans le rôle de Maja, la chanteuse du groupe résident du club de jazz.

Une plongée réaliste dans un Paris cosmopolite

Avec ce casting international, “The Eddy” propose une vision moderne et cosmopolite de Paris. D’ailleurs, l’action des deux premiers épisodes se situe principalement dans des quartiers populaires de la ville. La série a notamment été tournée à Belleville, ainsi que dans le 12e arrondissement, à Montreuil et à Bobigny. Alan Poul, un des réalisateurs, expliquait au JDD pendant le tournage que “The Eddy” est “un hymne à la mixité et à la singularité, mais aussi à la nouvelle vague”.

Bien loin de la vision fantasmée et haute en couleurs d’Hollywood que Damien Chazelle mettait en scène dans “La La Land”, le réalisateur joue ici la carte de l'authenticité, avec un style très naturaliste, des scènes filmées caméra à l’épaule, et des plans séquences qui suivent les protagonistes de près, façon documentaire. Dans cet esprit, la musique est très peu présente en dehors des scènes où les musiciens jouent — sur scène ou en répétitions dans un garage d’une cité HLM.

Les scènes musicales sont sans conteste les moments forts de la série. La caméra de Damien Chazelle, tantôt placée dans le public, tantôt au milieu des musiciens, au plus près de leur instrument, font ressortir la passion du metteur en scène pour le jazz. Elles sont malheureusement trop peu nombreuses dans les longs deux premiers épisodes (70 minutes chacun), les seuls que Netflix a mis à disposition de la presse.

Deux épisodes qui donnent envie d'en voir plus

“The Eddy” emploie un dispositif que Jack Thorne a déjà pu expérimenter lorsqu’il était scénariste de “Skins” : chaque épisode est centré sur un personnage différent. Et comme avec “Skins”, cela peut donner un résultat inégal — selon vos affinités pour tel ou tel personnage.

Ainsi, le premier épisode, centré sur Elliot, un des propriétaires du club, prend le temps de poser tranquillement les enjeux de la série. Le deuxième prend le contrepied, en racontant comment Julie — la fille d’Elliot — s’adapte difficilement à son emménagement à Paris. S’en suit une rencontre avec un des jeunes employés du Eddy, également musicien, qui prendra une tournure sombre. La très bonne interprétation d’Amandla Stenberg rend son personnage crédible, et évite le cliché de l’adolescente rebelle qui fait tout pour désobéir à ses parents. On a envie d’en voir plus.

Reste donc à savoir quelle direction prendre la série ensuite, et si les épisodes suivants seront à la hauteur du deuxième.

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