Theresa May remporte le vote de défiance de son propre camp — mais cela révèle à quel point son accord du Brexit est voué à l'échec

Theresa May. Getty

  • Theresa May a remporté le vote de défiance organisé mercredi 12 décembre 2018 parmi les députés de son parti — mais cela ne fait que révéler l'ampleur des difficultés face à elle.
  • La Première ministre britannique a perdu l'appui de plus d'un tiers de ses députés alors qu'elle tente de diriger un gouvernement minoritaire dans le cadre du processus parlementaire le plus difficile qu'un Premier ministre ait connu depuis des décennies.
  • Il est plus difficile que jamais pour Theresa May de parvenir à faire adopter son accord de Brexit par le Parlement.
  • Si la Première ministre ne peut pas guider le Royaume-Uni à travers le Brexit, alors que la fin de son mandat et de son gouvernement semblent inévitable.

La tentative d'évincer Theresa May par les députés de son propre camp — le Parti conservateur — a échoué ce mercredi 12 décembre 2018, mais ce n'était pas une victoire pour la Première ministre pour autant.

Plus d'un tiers des députés conservateurs ont déclaré ne pas faire confiance à la Première ministre, ce qui signifie que ses chances d'obtenir un accord sur le Brexit et la loi nécessaire pour le mettre en oeuvre au Parlement semblent encore plus minimes qu'auparavant.

Lundi, Theresa May a été contrainte d'annuler le vote parlementaire sur son accord de retrait par crainte de perdre par plus de 100 voix. Ce soir, elle a perdu l'appui de 117 députés au sein même de son parti.

Vu que seuls sept votes de députés conservateurs contre son accord suffisent pour qu'il échoue, et que le Parti unioniste démocrate (DUP) — formation nord-irlandaise unioniste — s'engage toujours à le rejeter, les perspectives semblent plus sombres que jamais pour l'accord de Theresa May.

Et sans la capacité d'adopter cet accord, les chances que la Première ministre et le gouvernement de Theresa May survivent jusqu'à la fin du processus Brexit semblent minces.

Cela aurait pu être encore pire pour la Première ministre. Le résultat de ce mercredi est arrivé après que Theresa May a été forcée de déclarer qu'elle se retirera avant les prochaines élections générales prévues en 2022.

Pourtant, en prenant cet engagement, elle n'a fait que donner le coup d'envoi de la campagne pour la remplacer.

Lorsque la Première ministre reprendra les discussions avec l'Union européenne à Bruxelles ce jeudi, elle le fera en tant que leader dont les jours, de son propre aveu, sont désormais comptés.

Et surtout, elle le fera en tant que Première ministre qui a perdu à la fois l'appui du DUP, qui soutient normalement son gouvernement minoritaire, et celui d'une grande partie de son propre parti.

Lorsque l'ancienne Première ministre Margaret Thatcher avait perdu l'appui de 200 de ses propres députés, elle avait dû démissionner.

Ce mercredi, May a perdu l'appui d'un pourcentage beaucoup plus important de son camp au Parlement et elle l'a fait à un moment où elle avait besoin de leur appui dans une bien plus grande mesure que sa prédécesseuse.

Version originale: Adam Bienkov/Business Insider UK

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