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Thomas Cook : à 50 M£ près, le gouvernement aurait pu choisir de sauver l'entreprise plutôt que de rapatrier les voyageurs


Le gouvernement britannique s'attend à dépenser environ 100 millions de livres sterling, soit 113 millions d'euros, pour rapatrier les passagers de Thomas Cook bloqués dans le monde entier après l'effondrement du voyagiste. Ce chiffre, destiné à couvrir les coûts d'une série complexe de vols charters pour récupérer les clients en détresse, est inférieur d'environ 50 millions de livres sterling à la dernière demande de fonds de Thomas Cook pour maintenir l'entreprise à flot.

Le ministre britannique des Transports et le chef de l'autorité de l'aviation civile britannique ont confirmé le coût estimé du rapatriement des 150 000 clients britanniques de Thomas Cook laissés en rade à l'étranger. L'agence de voyage et compagnie aérienne britannique a déposé le bilan tôt lundi matin, laissant environ 600 000 personnes bloquées dans le monde entier. Au cours du mois dernier, plusieurs négociations ont eu lieu entre la compagnie aérienne, des acheteurs potentiels et le gouvernement britannique.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a déclaré lundi que la société avait demandé environ 150 millions de livres sterling en fonds publics. Il a refusé le renflouement, invoquant le coût de l'opération et avertissant qu'un tel renflouement pourrait créer un fâcheux précédent.

L'entreprise avait l'air de pouvoir réaliser des économies grâce à un plan de réorganisation de 900 millions de livres sterling avec Fosun, une entreprise chinoise qui était son principal actionnaire. Mais les banques ont déclaré que la société avait besoin de 200 millions de livres sterling supplémentaires, ce qu'elle n'a pas obtenu.

Le gouvernement "avait eu amplement l'occasion d'aider Thomas Cook"

L'entreprise a déclaré qu'un renflouement lui apporterait une stabilité financière.
Les autorités britanniques ont préféré lancer l'opération Matterhorn, qui devrait impliquer 40 avions pour récupérer les voyageurs et les ramener en Grande-Bretagne. Il s'agit du plus grand rapatriement de ce type que l'histoire britannique ait connu en temps de paix.

Le gouvernement a fait l'objet de vives critiques parce qu'il n'est pas intervenu. John McDonnell, chancelier du cabinet fantôme du parti d'opposition travailliste, a déclaré que cette décision ne lui semblait pas "judicieuse".

Manuel Cortes, secrétaire général du Transport Salaried Staffs' Association (TSSA), un syndicat des travailleurs du transport, a déclaré que le gouvernement "avait eu amplement l'occasion d'intervenir et d'aider Thomas Cook, mais qu'il a choisi le dogme idéologique plutôt que de sauver des milliers d'emplois", rapporte le journal Londonien The Evening Standard.

Thomas Cook, qui emploie 21 000 personnes, était en mauvaise situation financière depuis des années. "Je voudrais m'excuser auprès de nos millions de clients, de nos milliers d'employés, de fournisseurs et de partenaires qui nous soutiennent depuis de nombreuses années", a déclaré lundi Peter Fankhauser, le directeur général de Thomas Cook, selon Reuters. L'entreprise, fondée en 1891, avait accumulé une dette énorme. Elle a également souffert d'une baisse de la demande liée à la canicule de 2018 en Europe, et a averti plus tôt cette année que le Brexit causait le report des projets de voyage de ses clients.

Le gouvernement prévoit d'organiser des vols pendant deux semaines pour ramener les voyageurs chez eux, tandis que les personnes qui ont réservé des vols et des vacances à venir par l'intermédiaire du groupe devraient faire face à une annulation. Le gouvernement paie également les hôtels dans lesquels les clients de Thomas Cook séjournaient.

Version originale : Business Insider / Sinéad Baker

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