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Thomas Pesquet se confie avant son deuxième vol dans l'espace, 'un marathon couru à la vitesse d'un sprint'

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Thomas Pesquet se confie avant son deuxième vol dans l'espace, 'un marathon couru à la vitesse d'un sprint'
Thomas Pesquet devrait rejoindre l'ISS dans le courant du printemps. © SpaceX
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La date précise n'est pas encore connue, mais le calendrier se précise : Thomas Pesquet s'envolera de nouveau pour la Station spatiale internationale (ISS) dans le courant du printemps. Les derniers préparatifs vont bon train, le spationaute doit d'ailleurs valider les essais d'acceptation de son scaphandre ce 2 mars. Cette mission sera son deuxième voyage dans l'espace, il sera par ailleurs le premier spationaute européen à prendre place à bord de la capsule Crew Dragon de SpaceX, avec trois autres astronautes (Shane Kimbrough et Megan McArthur de la NASA et Akihiko Hoshide de la JAXA).

Comme il l'a évoqué au cours d'une conférence de presse, il profitera davantage de ce deuxième séjour à bord de l'ISS pour "prendre le temps de boire un café et de regarder par la fenêtre", lui qui avait été "occupé en permanence" lors de la mission Alpha à garder le contact avec la Terre et à partager son expérience.

Il revient pour Business Insider sur ce qui l'attend dans les semaines à venir.

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Comment vous sentez-vous à l'idée d'être le premier Européen à embarquer à bord de Crew Dragon ?

On se sent bien. Il y avait une espèce de routine, si tant est qu'on puisse parler de routine lorsqu'on évoque l'espace, mais ça faisait dix ans qu'on enchaînait les missions à un rythme assez soutenu avec Soyouz, c'était toujours le même mécanisme, une technologie qui fonctionne depuis les années 1980, on savait exactement à quoi s'attendre. Là tout est nouveau, il faut donc trouver ses repères et pour moi ça veut dire apprendre des choses complètement nouvelles. Même pour l'organisation tout est différent, ce sont pleins de petits défis qui font partie du jeu d'être le premier et on espère que pour mes collègues ce sera plus "smooth".

Nous discutons beaucoup entre collègues, puisque nous sommes peu à savoir comment vivre dans l'espace, comment gérer les différentes situations. On se passe donc le mot et on échange les expériences. Nous essayons de garder le contact, malgré la situation sanitaire et les restrictions de voyage.

À quelques semaines du lancement, c'est la dernière ligne droite. Que vous reste-t-il à faire ?

Cette dernière ligne droite risque d'être un peu sinueuse, puisque nous n'avons pas encore de date précise de lancement, pas avant le 20 avril, mais sans doute pas ce jour-là… J'avais mis trois ans à me préparer à la précédente mission (Proxima en 2016-2017, ndlr), mais pour celle-ci, tout s'est fait en un an, c'est un marathon couru à la vitesse d'un sprint.

Crew Dragon c'est un nouveau véhicule, il y a donc encore pas mal de choses à régler, c'est encore assez 'expérimental', nous ne sommes pas dans une phase de production avec 100 lancements à la chaîne (le premier essai opérationnel a eu lieu à l'été 2020, le premier lancement avec un équipage complet en novembre dernier, ndlr). Mais ça va arriver très très vite. Nous mettons les dernières touches à l'entraînement, il y a par exemple l'étape des essais de validation du scaphandre de vol qui m'attend, nous allons vérifier pendant plus de trois heures que tout fonctionne parfaitement. Puis il y aura les entraînements au simulateur pour répéter les gestes à réaliser en cas de dépressurisation, de feu, d'éjection…

Et enfin, je dois encore effectuer un voyage en Europe pour préparer les expériences scientifiques, c'est un travail de longue haleine qui est prêt au dernier moment, le plus proche du décollage possible.

Vous évoquez les expériences scientifiques, lesquelles avez-vous le plus hâte de mener ?

Une mission de six mois, ce sont 200 expériences. Mais il y en a deux en particulier dans la médecine que j'ai hâte de réaliser : la première a trait au façonnement de rétines artificielles avec des protéines. Lorsqu'on fait croître un tissu, au niveau mécanique, c'est évidemment influencé par la gravité, il s'agira donc d'étudier ce phénomène en apesanteur pour voir ce qui se passe au niveau cellulaire. Les rétines artificielles ne pourront sans doute pas rendre complètement la vue, mais aider à soigner des pathologies graves.

La seconde expérience, toujours en médecine, consiste à construire des cristaux. Les protéines sont souvent des structures de cristaux et, sur Terre, ces cristaux ont tendance à s'écrouler sous leur propre poids, comme un château de carte ou de glace et nous allons voir ce qu'il est possible de faire en apesanteur. Sur la myopathie de Duchenne par exemple, il y a un médicament qui est en ce moment en train d'être testé et qui est basé sur des protéines fabriquées à bord de l'ISS.

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