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TikTok annonce que les contenus négationnistes vont être explicitement interdits sur le réseau

TikTok annonce que les contenus négationnistes vont être explicitement interdits sur le réseau
© AP Photo/Jessica Hill

TikTok a publié, mercredi 8 janvier, un ensemble de nouvelles consignes communautaires et parmi elles, une règle interdisant explicitement les contenus qui "nient que des événements violents, dont l'existence a été bien documentée, aient eu lieu". La règle apparaît dans la section "idéologie haineuse" de la rubrique "propos haineux" de ces nouvelles directives. Elle serait applicable pour la négation de la Shoah, comme l'a confirmé un porte-parole de TikTok à Business Insider US. Les consignes communautaires n'ont pas encore été mises à jour sur le centre de sécurité de TikTok français, mais le sont déjà sur la version américaine.

La manière dont les réseaux sociaux font face aux théories du complot prenant racine dans le sectarisme est devenue une question épineuse pour les entreprises derrière ces plateformes. Dans une interview de 2018, le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, avait dit qu'il n'interdirait pas le négationnisme sur Facebook. "Je trouve [la négation de la Shoah] profondément offensante. Mais au bout du compte, je ne crois pas que notre plateforme devrait supprimer ces publications, parce que je pense qu'il y a des choses que différentes personnes comprennent mal. Je ne pense pas que ces gens fassent exprès de mal comprendre", avait déclaré Mark Zuckerberg.

Drew Angerer/Getty Images

Le choix de Mark Zuckerberg a suscité, et suscite toujours, de vives critiques de la part d'organisations de défense des droits civils comme l'Anti-Defamation League (ADL), une association américaine de lutte contre la négation de la Shoah. L'acteur Sacha Baron Cohen a attaqué Mark Zuckerberg dans un discours à l'ADL fin 2019 : "Nous avons, malheureusement, des millions de preuves de la Shoah — c'est un fait historique. Et le nier n'est pas un avis quelconque. Ceux qui nient la Shoah visent à en encourager une autre", avait déclaré Sacha Baron Cohen.

YouTube a également été confronté à un déluge de théories conspirationnistes qui prolifèrent sur la plateforme. Ce n'est qu'en juin 2019 que YouTube a interdit explicitement les contenus négationnistes. Et l'animateur d'extrême-droite Alex Jones a été poursuivi en justice par les parents de plusieurs enfants tués dans le massacre de Sandy Hook en 2012, après avoir colporté des théories du complot dans son émission Youtube, selon lesquelles la tuerie n'aurait été qu'un canular. YouTube a par la suite banni Alex Jones de sa plateforme, et les vidéos conspirationnistes ne sont plus accessibles.

TikTok a également confirmé que sa nouvelle règle s'appliquerait aussi aux théories du complots sur la tuerie de Sandy Hook.

En incluant cette ligne dans ses directives communautaires, TikTok semble donc se démarquer des vieux géants de la Silicon Valley comme Facebook et YouTube. Cependant, TikTok a eu ses propres problèmes en matière de déni d'événements historiques.

TikTok favorable à Pékin ?

L'année dernière, le Guardian a eu accès à des documents listant des directives à destination des modérateurs de TikTok, qui leur ordonnaient de supprimer les contenus susceptibles de contrarier le gouvernement chinois, notamment les vidéos mentionnant les manifestations de la place Tian'anmen et le génocide cambodgien. TikTok appartient à la société chinoise ByteDance.

À l'époque, TikTok avait répondu que les règles en question n'étaient plus appliquées et que l'application avait à ses débuts adopté une "approche brutale pour minimiser les conflits".

La rumeur selon laquelle TikTok appliquerait une censure favorable à Pékin est l'un des éléments qui ont placé l'application et ses relations avec la Chine dans la ligne de mire des législateurs américains. A plusieurs reprises, TikTok a fait des tentatives concertées pour rassurer les Etats-Unis, publiant son tout premier rapport de transparence la semaine dernière et affirmant avoir reçu plus de demandes de retrait de contenu de la part des États-Unis que de la Chine en 2019.

Appliquer ces nouvelles directives et réellement surveiller la publication de théories du complot sur l'application pourrait aussi s'avérer compliqué. Un porte-parole a refusé de donner le nombre de modérateurs employés par TikTok, et s'est contenté de dire que ce nombre a augmenté au cours de l'année dernière.

Version originale : Isobel Asher Hamilton/Business Insider.

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