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TikTok poursuit l'administration Trump en justice pour avoir ordonné l'interdiction de l'appli aux États-Unis

TikTok poursuit l'administration Trump en justice pour avoir ordonné l'interdiction de l'appli aux États-Unis
Le président Donald Trump a signé un décret contre ByteDance, la société mère de TikTok, au début de ce mois. © Jim Watson/AFP via Getty Images; Samantha Lee/Business Insider

TikTok poursuit le gouvernement américain en justice. Le procès, intenté lundi 24 août, conteste un décret du président Donald Trump publié le 6 août qui interdit "toute transaction" entre des Américains et la société mère de TikTok, ByteDance. La société a fait valoir dans un article de blog sur son site web qu'en signant ce décret, l'administration américaine a ignoré le droit de TikTok d'avoir un "procès en bonne et due forme", comme le prévoit le cinquième amendement de la Constitution des États-Unis.

TikTok a également affirmé que le gouvernement américain n'avait aucune preuve pour soutenir ses accusations selon lesquelles l'application représenterait un risque pour la sécurité nationale en raison de ses liens avec la Chine par le biais de ByteDance. Le gouvernement américain a avancé que le gouvernement chinois aurait accès aux données des utilisateurs de TikTok, qu'il pourrait utiliser pour espionner les citoyens américains. "Il est temps pour nous d'agir", a déclaré TikTok dans son billet de blog.

"Nous ne prenons pas le fait de poursuivre le gouvernement en justice à la légère, mais nous pensons que nous n'avons pas d'autre choix que d'agir pour protéger nos droits, ainsi que les droits de notre communauté et de nos employés".

Le gouvernement américain a lancé une offensive de grande envergure contre TikTok au cours des derniers mois, visant à supprimer la présence de TikTok aux États-Unis. L'administration Trump a publié deux décrets connexes au cours des dernières semaines, mais l'action en justice intentée par TikTok conteste spécifiquement le premier décret de Donald Trump, qui devrait prendre effet à la mi-septembre.

Un décret justifié par une situation d'urgence nationale

L'administration Trump a publié ce décret en vertu de l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), un texte de loi qui donne à Donald Trump le pouvoir de déclarer une urgence nationale, pendant laquelle il dispose d'un "large pouvoir" pour réglementer les transactions économiques étrangères en invoquant des risques pour la sécurité nationale.

Le procès de TikTok, intenté devant le tribunal fédéral de Californie, a déclaré que le décret ne permettait pas à TikTok de bénéficier de la procédure prévue par la loi.

Il a également contesté les allégations de l'administration américaine concernant les risques pour la sécurité nationale, en faisant valoir que la société avait pris des "mesures extraordinaires" pour protéger la vie privée et la sécurité des utilisateurs américains.

Les origines chinoises de TikTok inquiètent

Les racines de l'entreprise en Chine ont longtemps suscité des inquiétudes chez les législateurs américains quant à l'accès et à l'influence du gouvernement chinois sur les données des utilisateurs et la modération des contenus. Les sénateurs Chuck Schumer, Josh Hawley et Marco Rubio ont demandé à ce que des enquêtes soient menées sur l'application pour des raisons de sécurité nationale.

Dans des publicités récentes, la campagne électorale de Donald Trump a accusé TikTok de "vous espionner". Et les entités gouvernementales ainsi que les deux principaux partis politiques américains ont interdit l'application sur les téléphones de leurs employés.

TikTok a également été confronté à des allégations selon lesquelles l'application censurerait certains types de vidéos, y compris celles classées comme "culturellement problématiques". Dans un cas, TikTok a suspendu le compte de l'utilisatrice Ferrora Aziz peu après qu'elle a publié une vidéo critiquant le traitement des musulmans ouïgours par le gouvernement chinois.

Et les directives internes — que l'entreprise dit ne plus utiliser — indiquaient que la plateforme limitait le contenu des créateurs qu'elle jugeait plus enclins au harcèlement, y compris les utilisateurs qu'elle classait comme laids, en surpoids ou handicapés.

Une diversion qui tombe à pic pour les GAFAM

TikTok a récemment tenté de prouver qu'elle a pris ses distances avec la Chine, en lançant un conseil consultatif sur les contenus pour guider les changements de politique et en nommant un DG basé aux États-Unis en juin. L'entreprise a également pris des mesures pour les problèmes liés aux données des utilisateurs. "Nous stockons toutes les données des utilisateurs américains de TikTok aux États-Unis, avec une redondance de sauvegarde à Singapour", a déclaré la société dans un article de blog en octobre dernier.

La pression exercée sur TikTok est une aubaine pour les concurrents américains qui n'ont pas réussi à freiner la montée en puissance et l'influence de l'application. L'attention portée à TikTok a également détourné l'attention du gouvernement américain de sociétés comme Facebook et Google, qui font l'objet d'enquêtes visant à déterminer si elles se sont livrées à des pratiques anticoncurrentielles.

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, en particulier, a critiqué la domination technologique de TikTok et de la Chine, tout en promouvant Facebook comme une alternative patriotique.

Version originale : Paige Leskin/Business Insider. Traduit de l'anglais par Albane Guichard.

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