TikTok prend les devants sur le harcèlement pour garder à tout prix l'image d'un réseau bienveillant

TikTok promet à ses 500 millions d'utilisateurs d'être un environnement positif, à l'abri des trolls et des haters qui sévissent sur les autres réseaux sociaux. Costfoto / Barcroft Media via Getty Images

L'application chinoise TikTok a lancé une campagne de sensibilisation à destination de ses utilisateurs pour empêcher, ou du moins limiter, le harcèlement en ligne, et surtout redorer son image après une série de scandales sur la politique de censure de l'application. Le réseau social de vidéos se veut "un espace bienveillant, positif où se mêlent toutes les cultures, tous les styles" et entend bien maintenir cette image de positivité. Six vidéos ont été mises en ligne sur le compte de TikTok Sécurité pour apprendre aux utilisateurs comment gérer les contenus inappropriés ou haineux, bloquer un utilisateur, personnaliser le partage de leurs créations, filtrer les commentaires et protéger leurs informations personnelles.

Des "créateurs" (des utilisateurs très suivis sur TikTok proposant des vidéos originales) venant des États-Unis et d'Europe ont pris part à ces vidéos. Le français JuniorTVine, 1,5 million d'abonnés, est un des ambassadeurs de la campagne de sensibilisation mondiale. Dans le communiqué, il témoigne : "sur TikTok, j'ai l'impression que les gens sont plus cools, plus sympas. [...] TikTok propose vraiment une expérience positive et il faut que cela reste ainsi." Lors d'un événement organisé par l'application à Paris le 15 octobre, la française Camilletesigne — qui partage des vidéos en langue des signes à ses 159 000 abonnés — avait aussi souligné le côté bienveillant de TikTok : "Il y a vraiment une communauté que je ressens comme étant hyper chaleureuse et saine, pourvu que ça dure."

Mais la jeune femme de 25 ans admet quand même que tout n'est pas si rose sur TikTok. L'application permet simplement de modérer plus efficacement les comportements nocifs : "avec la modération, même personnelle, on peut vite gérer les critiques. Moi le peu de commentaires négatifs que je reçois, c'est soit sur mon physique, soit des gens qui ne sont pas bien éduqués sur la langue des signes et font des remarques comme 'pourquoi tu agites tes mains comme ça, t'as un problème, t'es handicapée ?'. Dès qu'il y a des commentaires un peu plus piquants, sur ma façon de m'habiller, de me maquiller, je supprime. Et s'ils reviennent à la charge, je bloque", raconte Camilletesigne.   

 

TikTok déclare la guerre aux trolls et aux commentaires haineux

Avec cette campagne de prévention du harcèlement, TikTok prend le taureau des réseaux sociaux par les cornes : pas question pour la nouvelle application préférée des adolescents de réitérer les erreurs de ses prédécesseurs. Si Facebook, Twitter et Instagram ont mis des années avant de reconnaître le problème du harcèlement et d'agir, l'application chinoise aux 500 millions d'utilisateurs affiche, elle, fièrement sa politique modération. 

TikTok somme ainsi ses utilisateurs de "maintenir un environnement positif" à grand coup de coeurs, de paillettes et de super-héros aux couleurs de l'arc-en-ciel. Les utilisateurs peuvent filtrer certains mots pour qu'il n'apparaissent pas en commentaires. Dans la vidéo, les adjectifs "bête" et "nul" sont par exemple interdits, au profit des mots "amour", "heureux" et "joie". 

Le secret de la positivité affichée de TikTok tient donc dans sa politique très stricte de modération, voire de censure. Pour maintenir cet environnement bienveillant, les jeunes semblent beaucoup plus enclins à bloquer des utilisateurs sur TikTok que sur Instagram ou Facebook. 

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Un environnement "positif" aux dépends de la liberté d'expression 

Mais cette modération dépasse le problème du harcèlement. Pour maintenir un "environnement positif, rafraîchissant et créatif", TikTok interdit toute publication de publicité politique, et a même été accusée de censurer certains sujets comme les manifestations à Hong Kong. Jeudi 24 octobre, deux sénateurs américains ont même appelé le gouvernement à vérifier que l'application ne présente pas une menace pour la sécurité nationale, car ils craignent que TikTok soit contrôlée par le gouvernement chinois. 

Ces accusations de censure, démenties par les portes-paroles de TikTok aux États-Unis, viennent entacher l'image fun et positive que l'application tente tant bien que mal de conserver.

Dernière polémique en date : l'organisation État islamique a posté des vidéos de propagande sur TikTok fin octobre. Les équipes de modération les ont supprimées seulement après qu'un média américain a tiré la sonnette d'alarme. La nouvelle campagne de sensibilisation de TikTok semble donc tomber à pic pour redorer le blason de l'application. 

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