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Tinder et Grindr monnayeraient auprès des annonceurs l'accès à l'orientation sexuelle de leurs utilisateurs

Tinder et Grindr monnayeraient auprès des annonceurs l'accès à l'orientation sexuelle de leurs utilisateurs

Les applications de rencontres Tinder et Grindr revendraient à des entreprises tierces des données personnelles, y compris l'orientation sexuelle des utilisateurs, à des fins de ciblage publicitaire, a dénoncé mardi 14 janvier 2020 le Conseil norvégien des consommateurs. Selon l'organisme norvégien, Grindr, qui se présente comme "le plus grand réseau mondial de rencontres pour les personnes gays, bi, trans et queer", partage les données GPS, l'adresse IP, l'âge et le sexe des utilisateurs avec une multitude d'acteurs ainsi aptes à mieux cibler les publicités. Selon l'organisme, de telles pratiques pourraient déboucher sur des cas de discrimination, de manipulation ou d'exploitation. Propriété du chinois Beijing Kunlun, Grindr n'a pas répondu dans l'immédiat à une demande de commentaires.

Intitulé "Out of control" ("Hors de contrôle"), le rapport examine la collecte et l'utilisation de données personnelles par dix applications et conclut que "l'industrie publicitaire enfreint systématiquement la loi". "A chaque fois que vous ouvrez une appli comme Grindr, des acteurs publicitaires reçoivent vos données GPS, les identifiants de l'appareil (utilisé pour se connecter, ndlr) et même le fait que vous utilisez une appli de rencontres gay", dénonce l'activiste autrichien Max Schrems. "C'est une violation insensée des droits européens de confidentialité des usagers", souligne-t-il dans un communiqué du Conseil des consommateurs, un organisme indépendant bénéficiant de fonds publics.

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Tinder est aussi épinglée pour le partage des données de ses utilisateurs avec au moins 45 sociétés appartenant à Match Group, exploitant du site de rencontres du même nom. D'autres applications comme Qibla Finder (rappel des événements à caractère religieux pour les musulmans), Clue et MyDays (suivi des périodes de fertilité) ou encore celle pour enfants My Talking Tom 2 sont aussi montrées du doigt. De son côté, Grindr avait déjà été au centre d'une polémique après que des employés de Grindr avaient indiqué que les données des utilisateurs de l'application de rencontres gay avaient été accessibles aux développeurs basés à Pékin, et ce pendant plusieurs mois

"Vingt mois après l'entrée en vigueur du RGPD (règlement général sur la protection des données mis en place dans l'UE en mai 2018, ndlr), les consommateurs sont toujours amplement suivis et font l'objet d'un profilage en ligne, et n'ont aucun moyen de savoir quelles entités traitent leurs données et comment les arrêter", déplore le Conseil des consommateurs.

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