Total est le premier groupe pétrolier de retour en Iran en prenant un pari à 1 Md$ avec Donald Trump

Patrick Pouyanne, directeur général de Total, en juin 2015 à Paris. REUTERS/Benoit Tessier

Le groupe français Total signe ce lundi un accord avec l'Iran pour une nouvelle phase d'exploitation du gisement de gaz naturel de South Pars, le plus grand champ gazier au monde.

C'est une opération historique: Total est le premier grand pétrolier mondial à investir massivement en Iran depuis la levée des sanctions contre le pays.

Signé en 2015 et en vigueur au début de l'année 2016, cet accord a permis la réouverture du marché iranien, jusque-là soumis à des sanctions internationales, pour de multiples secteurs comme l'alimentaire, l'informatique, l'énergie ou l'automobile. Le Groupe PSA en profite également.

Pourtant, Total prend un risque assumé à un milliard de dollars — la valeur de son investissement en Iran: la vente de la future production de gaz pourrait être entravée par la nouvelle politique américaine à l'égard de l'Iran.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump a ainsi dénoncé l'accord nucléaire intervenu en 2015 ayant permis la levée des sanctions. Le Sénat américain a même voté mi-juin de nouvelles sanctions contre le pays.

Mais pour l'instant, les Etats-Unis ont maintenu la levée des sanctions.

"La levée des sanctions a été renouvelée par les américains, et le sera tous les six à huit mois. Nous devons vivre avec une certaine dose d'incertitude", déclarait le PDG de Total Patrick Pouyanné mi-juin à l'agence Reuters, rappelle Les Echos.

"Cela vaut la peine de prendre ce risque à un milliard de dollars, car cela ouvre un immense marché", concluait-il, évoquant aussi un projet pétrochimique dans le pays.

Ce lundi, Total a indiqué qu'il "mettra en œuvre le projet dans le respect le plus strict des législations nationales et internationales".

South Pars est en développement depuis les années 1990 et Total était l'un des principaux investisseurs en Iran avant les sanctions imposées à la République islamique en 2006.

Ce gisement off-shore est partagé entre l'Iran et le Qatar, où Total est aussi un acteur de premier plan dans la production de gaz, comme dans la production et le raffinage de pétrole.

Total devient l'opérateur du projet South Pars 11 et son actionnaire à 50,1%, aux côtés de Petropars, filiale de la NIOC (19,9%) et de la compagnie nationale chinoise CNPC (30%).

Le coût est estimé jusqu'à cinq milliards de dollars. Total investira à lui seul un milliard de de dollars. Le contrat de production de gaz est destiné au marché iranien à partir de 2021 et pour 20 ans, a confirmé un porte-parole du groupe pétrolier français.

L'Iran, troisième producteur de pétrole de l'Opep, cherche à attirer des compagnies étrangères pour développer sa production de gaz et de pétrole, après des années de sous-investissement.

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Le marché mondial du pétrole est enfin proche de l'équilibre — mais un pays pourrait changer ça, selon le PDG de Total

Voici comment l'anesthésie affecte votre corps et votre cerveau