Tous les Français ont des 'polluants du quotidien' dans leur organisme

Santé publique France souligne que "des niveaux d’imprégnation plus élevés sont retrouvés chez les enfants". Jens Johnsson/Unsplash

En plus d'envahir les objets du quotidien, les perturbateurs endocriniens semblent avoir atteint notre organisme. C'est ce que révèle aujourd'hui l'agence nationale de santé publique, Santé Publique France, qui vient de publier une étude réalisée auprès d'un échantillon représentatif de la population française de 1 104 enfants et 2 503 adultes. Parabens, bisphénols, phtalates, éthers de glycol, retardateurs de flamme bromés ou encore composés perfluorés (PFC), l'agence a étudié 70 biomarqueurs afin de mesurer la présence de six "polluants du quotidien", qui peuvent être des perturbateurs endocriniens, voire même cancérigènes. 

Et les résultats publiés ce mardi 3 septembre sont sans appel : tous les participants, quel que soit leur âge, leur alimentation ou leur mode de vie, ont des traces de ces six polluants dans leurs corps. Ce sont des niveaux comparables à ceux d'autres études menées à l'étranger, comme aux Etats-Unis et au Canada. Ces résultats s'inscrivent dans le cadre du programme de recherche Esteban — Étude de santé sur l'environnement, la biosurveillance, l'activité physique et la nutrition — lancé en 2014 pour suivre l'état de santé de la population française, et notamment l'exposition aux polluants.

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Les participants ont dû répondre à des questionnaires sur leurs habitudes de vie, qui permettent de faire des hypothèses sur les sources d'exposition aux polluants. Les résultats concluent notamment que "l'utilisation de produits cosmétiques et de soins augmente les niveaux d"imprégnation des parabens et des éthers de glycol". Or les éthers de glycol peuvent entraîner des effets toxiques sur la reproduction et le développement chez l'homme, rappelle l'agence. 

Par ailleurs, Santé Publique France conseille d'aérer son logement plus fréquemment afin de baisser les niveaux d'imprégnation. 

Les enfants sont davantage touchés 

L'étude montre aussi que les niveaux d'imprégnation de ces perturbateurs seraient plus élevés chez les enfants. Plusieurs hypothèses pourraient l'expliquer : "des contacts cutanés et de type 'main bouche' plus fréquents pour des produits du quotidien (jouets, peintures…) ; des expositions plus importantes liées par exemple à une exposition accrue aux poussières domestiques ou à un poids corporel plus faible par rapport à leurs apports alimentaires, comparativement aux adultes", détaille le communiqué de Santé Publique France.

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La ministre de l'Ecologie Elisabeth Borne et la ministre de la Santé Agnès Buzyn doivent présenter ce mardi 3 septembre la nouvelle "stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" (SNPE). 

Ce premier volet d'étude sera suivi de deux autres volets sur les métaux et les pesticides.

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