Transgenres, immigration... le bras d'honneur de l'armée californienne à Donald Trump

Donald Trump en discussion avec l'actuel gouverneur de Californie, à gauche, et l'ancien gouverneur Jerry Brown, à droite, sur les lieux d'un incendie, en Californie, le 17 novembre 2018. AP/Evan Vucci

Ces dernières semaines, la Californie et sa milice, l'une des plus grandes entités de la Garde nationale américaine, ont commencé à manifester leur désaccord avec le président américain Donald Trump sur deux sujets litigieux : la frontière avec le Mexique et les personnes transgenres engagées. Près d'un mois après que la Cour suprême a décidé de ne pas s'opposer à la décision de Donald Trump d'interdire aux personnes transgenres de servir dans l'armée, le numéro deux du département militaire de Californie a affirmé aux responsables politiques que la directive ne s'appliquerait pas aux membres des troupes transgenres qui servent dans la Garde nationale de Californie.

"Tant que vous combattez, nous nous moquons du genre auquel vous vous identifiez", a déclaré le major-général Matthew Beevers, adjudant général adjoint du département militaire californien, devant le Comité des anciens combattants de l'Assemblée la semaine dernière. "Personne ne vous mettra à la porte", a dit Matthew Beevers, ajoutant que les membres des troupes transgenres devront tout de même subir une opération de réassignation sexuelle. L'interdiction de Donald Trump n'a pas encore été pleinement mise en œuvre, dans l'attente d'une décision du tribunal de district du Maryland. Le juge de district George Russell, de Baltimore, n'a pas encore statué sur la question.

Matthew Beevers a dit qu'il s'attendait à ce que l'interdiction "soit levée à nouveau". Donald Trump a d'abord annoncé qu'il renverserait la politique implémentée en 2017 par son prédécesseur Barack Obama, qui autorise les personnes transgenres à servir. Donald Trump a dit dans un tweet à l'époque que l'armée "ne peut pas être accablée par les énormes coûts médicaux et les perturbations que les transgenres dans l'armée entraîneraient."

Un soldat de la Garde nationale surveille la frontière au niveau du fleuve Rio Grande, à Roma, Texas, le 10 avril 2018. AP/John Mone

Un an avant l'annonce de Trump, une étude financée par le gouvernement, en 2016, a toutefois révélé que "les coûts des soins de santé liés à la transition de genre sont relativement faibles" pour les 1320 à 6630 soldats transgenres en service actif. Dans son étude, la Rand Corporation a estimé que les coûts annuels des interventions chirurgicales liées à la transition de genre se situaient entre 2,4 et 8,4 millions de dollars, soit une augmentation de 0,04 à 0,13% environ des coûts des soins de santé pour les militaires en service actif.

Le rôle du gouverneur démocrate de la Californie, Gavin Newsom, fraîchement élu, dans la décision de la Garde nationale de son état (CalGuard) n'est pas clair. Il avait auparavant considéré l'interdiction de Donald Trump comme "imprudente" et "le comble de la cruauté et de l'ignorance". "Les chefs militaires, les vétérans décorés et les membres du Congrès des deux partis se sont réunis à juste titre pour condamner ce qui est — de l'aveu même de l'administration — un stratagème cynique et bon marché pour rallier les coins les plus sombres de la base de Donald Trump contre un nouvel ennemi intérieur inventé", avait déclaré Gavin Newsom dans un communiqué après l'annonce du Président américain.

"Il n'y a AUCUN fondement à l'affirmation de Donald Trump selon laquelle le service des personnes transgenres patriotiques a un impact sur notre état de préparation militaire", a ajouté Gavin Newsom. "Au contraire, le Président a aujourd'hui affaibli nos forces armées et, ce faisant, diminué notre sécurité et notre position au sein de la communauté internationale."

Un porte-parole du département militaire californien a déclaré à INSIDER que la CalGuard continuerait à se conformer aux règlements fédéraux et a adressé toutes les autres demandes de renseignements au bureau du gouverneur. Le bureau du gouverneur n'a pas répondu à la demande de commentaires qui leur a été communiquée lundi soir.

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, lors d'une conférence de presse le 11 février 2019. AP/Rich Pedroncelli

'Nous ne sommes pas intéressés pour participer à ce théâtre politique.'

Bien que le désaccord de la CalGuard avec la politique de Donald Trump ait pu être subtil, Gavin Newsom n'a pas modéré ses positions. Lundi, il a pris des mesures pour saper le plan de Donald Trump visant à déployer 3750 militaires supplémentaires pour garder la frontière entre les États-Unis et le Mexique, ce qui aurait porté le nombre total de militaires sur place à environ 6000. Lors d'une conférence de presse avec les chefs de la Garde nationale et des patrouilles routières de l'État, Gavin Newsom a annoncé qu'il retirerait la plupart des quelque 360 gardes nationaux californiens actuellement déployés à la frontière pour "se concentrer sur les menaces réelles auxquelles la Californie fait face".

"L'urgence à la frontière est une crise fabriquée", a déclaré Gavin Newsom lors d'une conférence de presse lundi. "Et la Californie ne fera pas partie de ce théâtre politique. C'est pourquoi j'ai confié une nouvelle mission à la Garde nationale : ils vont se recentrer sur les menaces réelles qui pèsent sur notre Etat." Avant d'ajouter : "c'est notre réponse à la Maison-Blanche : la fin de la division, de la xénophobie ou du nativisme". De plus, les troupes qui ont été retirées se verront confier d'autres missions, telles que le soutien aux efforts de prévention des incendies et à la Task Force anti-drogue de l'état, a annoncé le gouverneur.

Environ 110 soldats de CalGuard de la frontière seront redéployés pour "la prévention des incendies et les efforts de lutte contre les feux", a déclaré Gavin Newsom. On s'attend à ce qu'une centaine de soldats continuent de mener "des opérations de perquisition et de saisie de stupéfiants visant des organisations criminelles transnationales autour des points d'entrée [dans le pays]".

La Garde nationale californienne et le gouvernement fédéral entretiennent depuis longtemps une relation symbiotique, en particulier dans les situations d'urgence nationale découlant de catastrophes naturelles. De plus, des unités de la Garde se déplacent régulièrement pour des déploiements annuels en appui aux alliés étrangers, comme l'Ukraine, en plus des déploiements de combat dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

La Garde nationale californienne affirme qu'elle s'est déployée plus de 50 000 fois depuis les attentats du 11 septembre 2001 et qu'elle réagit à "un incident d'urgence" environ une fois tous les trois jours en Californie. Un ancien haut responsable de la CalGuard décrit l'accent mis sur la prévention des incendies en Californie comme "une bonne utilisation des troupes". Les autorités de l'État approcheraient de la fin du "processus décisionnel" dans l'allocation des ressources pour la prochaine saison des feux de forêt, après avoir connu l'une des saisons des incendies les plus meurtrières de l'histoire de l'état.

"En fin de compte, je pense que les troupes de la Garde nationale sont mieux adaptées, certainement pour la Californie, à des choses comme les feux de forêt", affirme l'ancien responsable, interrogé par INSIDER. "Quand toutes les capacités de lutte contre les incendies de l'État ne peuvent pas suivre le rythme [opérationnel] et qu'ils sont inondés par le nombre d'incendies."

Version originale : David Choi/INSIDER

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