Le DG d'Uber Travis Kalanick. REUTERS/Danish Siddiqui/

Travis Kalanick, cofondateur et DG d'Uber, a démissionné de ses fonctions. 

"J'aime Uber plus que tout au monde et à ce moment difficile de ma vie personnelle, j'ai accepté la demande des investisseurs de quitter mon poste pour qu'Uber puisse recommencer à construire plutôt que d'être distrait par un nouveau combat", a indiqué Kalanick dans un communiqué que s'est procuré le New York Times mercredi.

Kalanick restera au conseil d'administration.

Il s'était mis en congé après une série de scandales internes qui ont plombé l'entreprise ces derniers mois, et face à la fronde de certains actionnaires d'Uber, qui ont fini par le contraindre à la démission, explique le New York Times.

D'après deux sources proches du dossiers, interrogées par le quotidien américain, Kalanick aurait quitté ses fonctions après "des heures de crise" entre des investisseurs majeurs d'Uber, donc cinq d'entre eux demandaient une démission immédiate. L'entreprise de capital-risque Benchmark était en tête de file sur cette question, écrit le journaliste du Times Mike Isaac. Bill Gurley, associé chez Benchmark, est également membre du conseil d'administration d'Uber.

"Travis a toujours fait passer Uber avant le reste", a indiqué le conseil d'administration dans un communiqué mercredi. "C'est une décision courageuse et un signe de sa dévotion et de son amour pour Uber. En s'écartant, il prend le temps de se remettre de sa tragédie personnelle tout en donnant à l'entreprise l'espace nécessaire pour entamer un nouveau chapitre de l'histoire d'Uber."

Uber n'a pas souhaité commenter le départ de Kalanick.

Environ une demi-heure avant que le New York Times ne révèle la démission de Kalanick, le site d'info spécialisé Axios indiquait que Ben Gurley et une poignée d'autres investisseurs Uber, dont Fidelity Investments et First Round Capital, débattaient de l'avenir de Kalanick. "La question est: que faire de Travis", aurait dit un des actionnaires d'Uber. "Nous travaillons là dessus." 

Une voiture autonome Uber à San Francisco. Uber.

Les problèmes internes d'Uber ont commencé à gagner la sphère publique après qu'une note de blog publiée en février par une ancienne ingénieure de la société, Susan Fowler, a gagné en attention. Le post, intitulé ""Reflecting on One Very, Very Strange Year at Uber", détaillait ce qui lui était arrivé après qu'un manager l'ait harcelée sexuellement. Les RH d'Uber avaient ignoré sa plainte car le manager en question avait de bons résultats, a-t-elle assuré. Elle a maintenu la pression, les RH ont continué de l'ignorer pour finir par être menacée de licenciement par le manager, parce qu'elle avait dénoncé les faits aux RH, a-t-elle rapporté.

La note de blog de Fowler n'était qu'un début. Bien d'autres histoires peu glorieuses et révélatrices de la culture d'entreprise toxique d'Uber ont suivi — ainsi que des ratages divers de la part de cadres d'Uber. Une enquête de quatre mois a été lancée et une vingtaine de personnes ont été licenciées après le dépôt de 215 plaintes au sein de l'entreprise.

Voici la répartition des 215 plaintes, selon Uber: 

  • Discrimination: 54
  • Harcèlement sexuel: 47
  • Comportement pas professionnel: 45
  • Intimidation: 33
  • Harcèlement (autres): 19
  • Représailles: 13
  • Sécurité physique: 3
  • Licenciement abusif: 1

Le conseil d'administration d'Uber a approuvé à l'unanimité l'intégralité des recommendations faites par l'ancien procureur général américain Eric Holder dans le cadre de son enquête. Eric Holder avait été recruté en février après le succès viral de la poste de blog de Susan Fowler. 

L'entreprise de commande de chauffeurs privés à envoyé un email à une partie de ses clients la semaine dernière, pour y admettre ses défaillances et proposants des changements "radicaux" pour modifier sa culture d'entreprise.

"En nous développant si rapidement, nous n'avons pas su mettre la priorité sur les gens qui nous ont aidé à arriver où nous sommes aujourd'hui", a dit Uber dans ce mail. "A terme, notre succès se mesure à la satisfaction de nos passagers, nos chauffeurs et nos employés — et nous sommes conscients que nous avons failli."

Voici le mail adressé par Travis Kalanick à ses employés mercredi matin: 

Objet: Une décision difficile

Je n'aurai jamais cru écrire ceci. Comme vous le savez tous, j'aime Uber plus que tout au monde, mais à ce moment difficile de ma vie personnelle, j'ai accepté la demande des investisseurs de quitter mon poste, pour qu'Uber puisse recommencer à construire plutôt que d'être distrait par un nouveau combat. Je vais rester au conseil d'administration et serais disponible de toutes les manières possibles pour aider Uber à devenir tout ce que nous rêvions qu'il devienne.

Merci pour tout."

Version originale: Bryan Logan et Biz Carson/Business Insider

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