L'ex-DG d'Uber a qualifié le procès qu'on lui a intenté d''attaque personnelle'

Travis Kalanick ex-DG d'Uber. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

Travis Kalanick, l'ex-DG d'Uber qui a été contraint à démissionner en juin dernier, a qualifié le procès qu'on lui a intenté d'"attaque publique et personnelle" dans un document déposé au tribunal, a rapporté en premier le site BuzzFeed News.

Jeudi en fin de journée, Travis Kalanick a répondu au procès que Benchmark Capital, l'un des premiers investisseurs d'Uber qui le poursuit pour présomption de fraude, rupture de contrat et violation du devoir fiduciaire.

Dans le document déposé au tribunal, il est écrit que "Benchmark Capital Partners a intenté ce procès qui constitue une attaque publique et personnelle contre Travis Kalanick, le fondateur d'Uber." Il accuse Benchmark d'avoir "planifié en secret" l'évincement de Travis Kalanick peu après que ses parents ont eu un accident en bateau, ce qui a causé la mort de sa mère.

"Elle a mis à exécution son plan à l'une des périodes les plus honteuses: juste après que Travis Kalanick a vécu une tragédie personnelle", peut-on lire dans le document. 

Travis Kalanick a démissionné de son poste de DG fin juin, après une série de scandales qui a fortement fragilisé l'entreprise, mais fait toujours partie du conseil d'administration d'Uber. Benchmark Capital siège également au conseil d'administration et dit détenir 20% des droits de vote.

La plainte porte sur la création de trois sièges additionnels au conseil d'administration d'Uber en 2016 — portant leur nombre de 8 à 11 — que Travis Kalanick aurait décidé de remplir à sa guise.

Benchmark a affirmé qu'elle n'aurait jamais permis la création de ces trois sièges supplémentaires si elle avait eu connaissance du "mauvais management de Kalanick et des autres controverses dans la culture d'entreprise d'Uber". Elle cite ainsi plusieurs scandales comme celui du logiciel "Greyball" destiné à tromper les autorités ou encore un cadre qui aurait eu accès au dossier médical d'une personne ayant été violée par un ex-chauffeur d'Uber en Inde. Benchmark souhaite que cette décision datant de 2016 soit annulée, chassant ainsi Travis Kalanick du conseil d'administration.

La déposition de Travis Kalanick donne par ailleurs un bref résumé de l'histoire d'Uber et une chronologie concernant sa démission en juin dernier. 

Elle dit qu'une semaine et demi après les funérailles de la mère de Travis Kalanick, deux associés de Benchmark sont venus le voir dans sa chambre d'hôtel pour lui demander de démissionner.

"Ils ont menacé de lancer une campagne publique contre lui s'il refusait", dit le document, ajoutant que les allégations de Benchmark pour présomption de fraude étaient "élimées". 

Ce procès est juste une illustration de la tempête qui éclabousse en ce moment Uber. L'entreprise est aussi en procès contre Waymo, la filiale automobile de Google, qui l'accuse d'avoir dérobé l'une de ses technologies de conduite autonome. Uber essaye également de changer sa culture d'entreprise après qu'une ex-employée, Susan Fowler, a affirmé avoir été victime d'harcèlement sexuel et de discrimination. Et Uber cherche par ailleurs un nouveau directeur général pour remplacer Travis Kalanick. 

Mais pendant ce temps, un autre membre du conseil d'administration d'Uber essaye de pousser Benchmark vers la sortie en raison de ce procès. Shervin Pishevar veut acheter la part de Benchmark, en disant que ce procès "retient l'entreprise en otage" dans une lettre qui a fuité. 

Version originale: Shona Ghosh/Business Insider

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