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Trop peu de Français ont été infectés par le coronavirus pour envisager un déconfinement total, selon l'institut Pasteur

Trop peu de Français ont été infectés par le coronavirus pour envisager un déconfinement total, selon l'institut Pasteur
Des voisins discutent durant le confinement à Paris, le 20 avril 2020. © Stephane Cardinale/Corbis/GettyImages

L'un des enjeux du déconfinement qui commence à s'esquisser pour le 11 mai prochain sera d'éviter une deuxième vague épidémique... Et d'après des estimations publiées mardi 21 avril par l'Institut Pasteur, ce n'est pas évident. Moins de 6% des Français ont été infectés par le coronavirus, selon cette étude. Et ce serait un niveau très insuffisant pour éviter cette deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après le 11 mai. "Pour que l'immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70% de personnes immunisées. On est très en-dessous", explique à l'AFP l'auteur principal de l'étude, Simon Cauchemez.

Par conséquent, "au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues", ajoute-t-il. La perspective d'un rebond de l'épidémie obligera à un déconfinement très progressif à partir du 11 mai, a d'ailleurs prévenu dimanche le Premier ministre Edouard Philippe, selon qui les Français ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps" leur "vie d'avant". Réalisée par l'Institut Pasteur en collaboration avec l'agence sanitaire Santé publique France et l'Inserm, l'étude se base sur des modélisations mathématiques et statistiques. Ces outils permettent de croiser les données sur les décès et sur la probabilité de mourir quand on est infecté, afin de parvenir à une estimation de la part de population infectée (5,7%).

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"L'intervalle d'incertitude est important, entre 3 et 10%", note Simon Cauchemez. Mais "que ce soit 6%, 10% ou même 20%, ça ne change pas vraiment la nature du problème, qui est que dans tous les cas, on sera très loin des 70% dont on aurait besoin pour pouvoir faire une sortie du confinement sans problème", souligne-t-il.

Les hommes ont plus de risques de mourir que les femmes lorsqu'ils sont infectés

La faible part de population infectée est due au confinement lui-même, relève l'étude, selon laquelle "le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 3,3" avant le confinement "à 0,5 pendant". Le but du confinement, mesure prise par de nombreux autres pays, était d'empêcher un afflux massif de patients au même moment, qui aurait dépassé les capacités du système hospitalier.

Par ailleurs, l'étude estime que 0,5% des personnes infectées meurent. "La létalité varie avec l'âge et le sexe", commente Simon Cauchemez. "Les hommes sont bien plus à risque de décéder lorsqu'ils sont infectés que les femmes (ils ont un risque 50% supérieur aux femmes) et ce différentiel augmente avec l'âge", poursuit-il. Ainsi, le taux de décès est de 13% chez les hommes de plus de 80 ans.

Enfin, ces travaux montrent que le risque d'hospitalisation est de 2,6% pour les personnes ayant été infectées. Il augmente fortement avec l'âge pour atteindre 31% chez les hommes de plus de 80 ans.

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Business Insider (avec AFP)
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