Twitter bannit les publicités politiques, un gros coup de com' à moindre frais

Twitter CEO Jack Dorsey. AP Photo/Jose Luis Magana

Jack Dorsey, le DG de Twitter, a remporté une victoire facile, ce mercredi 30 octobre, en annonçant que Twitter refuserait dorénavant de diffuser de publicités à caractère politique. Une annonce tweeté par le patron de la plateforme dans le but de contrer les arguments de Mark Zuckerberg. En effet, le PDG de Facebook, s'est lui prononcé pour la diffusion de publicités politiques sur sa plateforme, y compris celles diffusant des mensonges. Twitter n'a pas voulu rebondir sur l'annonce faite par son dirigeant.

Plusieurs experts ont convenu que cette décision n'aurait qu'un effet dérisoire sur les activités de Twitter. La société d'étude de marché Emarketer a estimé que la plateforme engrangerait environ 1,57 milliard de dollars en recettes publicitaires totales en 2019. Ned Segal, le directeur financier de Twitter, a tweeté que l'entreprise avait gagné moins de 3 millions de dollars avec les contenus politiques sponsorisés durant les élections de midterms en 2018. 

Plusieurs candidats à la présidence, dont les démocrates Joe Biden et Andrew Yang, ont rapidement salué la décision du patron de Twitter. Brad Parscale, le directeur de campagne de Donald Trump, a quant à lui accusé l'entreprise de passer à côté de "centaines de millions" de dollars de revenues. 

 

Mark Zuckerberg veut poursuivre la diffusion de publicités politiques sur Facebook

"Il est clair que Jack Dorsey pense que c'est une décision intelligente en terme de relations publiques. C'est un bon coup a jouer étant donné les critiques reçues par Facebook suite à sa décision de maintenir des publicités politiques sur sa plateforme", a déclaré Rob Shepardson, consultant politique et partenaire de l'agence de publicité SS+k, qui a notamment travaillé sur les deux campagnes présidentielles de Barak Obama.

Il ajoute que ce coup de maitre est arrivé juste au moment d'une conférence téléphonique entre Mark Zuckerberg et des analystes, durant laquelle il tentait de minimiser la controverse. "Dans une démocratie, je ne pense pas qu'il soit juste que des entreprises privées s'octroient le droit de censurer des politiciens ou des informations", avait alors déclaré le patron de Facebook. Il a notamment fait remarquer que le contenu politique payant représenterait une partie des revenus de l'entreprise l'année prochaine.

Un coup de maître en termes de relation publique pour un risque minimum 

Pour Rob Shepardson, les risques encourus par Twitter suite à sa décision sont faibles. Les annonceurs politiques s'en serviraient en effet plus pour atteindre un public d'élite et de journalistes que pour s'acheter une influence de masse. Certaines des personnalités les plus influentes de la plateforme, comme le président américain Donald Trump, l'utilisent d'une manière presque purement organique (sans recourir à des pubs). Toujours selon le consultant politique, l'absence de publicités politiques payantes sur Twitter n'aura probablement pas d'impact sur la désinformation sur le réseau social, orchestrée principalement par des acteurs mal intentionnés ou des groupes de comptes automatisés.

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Les détails de la politique de Twitter restent obscurs. Par exemple, Jack Dorsey n'a pas expliqué quelles seront les publicités politiques problématiques qui seront interdites parallèlement à celles liées directement à une campagne électorale.

Lorsqu'il s'est vu demandé de plus amples informations à ce sujet, un porte-parole de Twitter s'est contenté de rebondir sur le tweet du DG en précisant que la politique du réseau social sera rendu publique le 15 novembre et entrera en vigueur le 22 novembre. 

Cet article de Patrick Coffee a d'abord été diffusé sur BI Prime.

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