Twitter bloque une pub du gouvernement pour les élections européennes car il se dit incapable de respecter la nouvelle loi anti-fake news

REUTERS/Jon Nazca

Twitter a dû refuser une campagne de publicité du gouvernement français pour vous inciter à aller voter aux élections européennes pour respecter la nouvelle loi relative à la manipulation de l’information, dite loi anti fake news, rapporte l'AFP. Ce blocage dure depuis une dizaine de jours. Le réseau social estime qu'il risque d'enfreindre la loi française promulguée en fin d'année dernière s'il diffuse cette campagne. Le texte impose aux plateformes un certain nombre d'obligations, dont la fourniture de l'identité de la personne physique ou morale derrière la publicité, l'utilisation des données et le montant versé à Twitter pour diffuser cette campagne. 

Le réseau social estime qu'il ne sait pas faire ça aujourd'hui et applique donc ces obligations à la lettre. D'ailleurs, dans ses conditions générales d'utilisation, la plateforme indique qu'elle autorise, sous conditions, les campagnes politiques en Europe sauf dans six pays  — Chypre, Lettonie, Lituanie, France, Hongrie et Portugal — relève le site Next INpact. "Twitter a décidé d'avoir une politique complètement jusqu'au-boutiste qui est de couper toute campagne dite de nature politique" a expliqué le Service d'Information du Gouvernement à l'AFP.

"La priorité de Twitter devrait être de combattre les contenus faisant l'apologie du terrorisme. Pas les campagnes incitant à s'inscrire sur les listes électorales d'une république démocratique", a écrit sur Twitter le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Notons que si Twitter se dit incapable d'appliquer la loi, Facebook et Google ont eux mis en place des dispositifs pour vous dire qui se cache derrière les publicités politiques, à moins de deux mois des élections européennes. 

Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a tout même dit qu'il ne pouvait certifier que le réseau social ne sera pas utilisé par des tiers pour nuire aux élections européennes même si le groupe américain a dit avoir alloué davantage de ressources et de personnel pour veiller à l'intégrité du scrutin européen.

"Nous avons effectué beaucoup de progrès" depuis 2016, a déclaré Mark Zuckerberg dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique irlandaise RTE. "Mais non, il est impossible de garantir que, face à des nations qui essayent d'interférer dans des élections, cela suffise pour dire que nous avons résolu le problème", a-t-il poursuivi.

Facebook mène une lutte constante en développant ses systèmes de défense face à des gouvernements sophistiqués dont les tactiques évoluent, a souligné Zuckerberg. "Certains pays continuent d'essayer d'interférer, donc nous devons continuer à travailler pour garder une longueur d'avance", a-t-il dit.

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