Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Twitter certifie le compte d'un faux candidat aux élections américaines créé par un lycéen de 17 ans

Twitter certifie le compte d'un faux candidat aux élections américaines créé par un lycéen de 17 ans
© Pixabay

"Let's make change in Washington together". C'est le slogan qu'Andrew Walz, candidat à la Chambre des représentants pour les élection de 2020, affichait sur Twitter. Le réseau social a accordé sa pastille bleue de certification — gage de sureté de et reconnaissance — à celui qui se présentait comme un républicain de l'Etat de Rhode Island. Pourtant, le candidat Andrew Walz n'existe pas. Il est sorti tout droit de l'imagination d'un lycéen américain, rapporte CNN. Le faussaire digital de 17 ans a expliqué avoir agi, alors qu'il "s'ennuyait pendant les vacances", afin de tester les nouvelles règles annoncées par Twitter pour limiter la diffusion de "fake news" lors des périodes électorales.

Soignant la crédibilité de son candidat imaginaire, le jeune Américain lui a d'abord créé un faux site web. Il a ensuite créé un compte Twitter à "Andrew Walz", utilisant le site "This Person Does Not Exist", qui génère des visages réalistes grâce à l'intelligence artificielle, pour la photo de profil. Il a en outre inscrit son candidat sur Ballotpedia. Réputé fiable, ce site web recense les candidats aux élections américaines. Depuis décembre, Twitter a noué un partenariat avec lui afin "d'utiliser son expertise pour identifier les comptes officiels de campagne des candidats". Ça a donc été un jeu d'enfant d'obtenir une certification pour "Andrew Walz". Alerté par CNN, Twitter a depuis supprimé le faux compte de la plateforme.

Des failles préoccupantes à l'approche des périodes électorales

L'histoire peut prêter à sourire. Toutefois, la facilité avec laquelle un lycéen a pu duper Twitter et Ballotpedia est inquiétante. A aucun moment, le jeune Américain ne s'est vu demander des papiers d'identité ou des documents officiels pour vérifier la candidature d'Andrew Walz. Le réseau social, critiqué pour son laxisme dans la modération des fausses informations, a pourtant annoncé en décembre un changement de politique afin de préserver les électeurs de telles manoeuvres. "Le pire scénario serait de certifier quelqu'un qui n'est pas réellement candidat", avait même déclaré un porte parle de Twitter. C'est arrivé. Alors même que certains candidats bien réels pestaient contre le réseau social qui ne les avait pas certifiés.

Le jeune faussaire a expliqué à CNN avoir voulu tester la façon dont les réseaux sociaux essayaient de combattre les ingérences tierces dans les élections. S'ennuyant lors des vacances scolaires, il s'est intéressé à l'ingérence russe dans les élections américaines de 2016, ainsi qu'au scandale Cambridge Analytica. L'idée du faux candidat lui serait venue en apprenant que Twitter donnerait une "pastille bleue" à tous les candidats au Congrès américain.

Business Insider
Découvrir plus d'articles sur :