Twitter permettait de cibler les publicités grâce à des mots-clés comme 'néo-nazi', 'islamophobe' ou 'anorexie'

Comme tous les réseaux sociaux, Twitter récolte des données sur les centres d'intérêt de ses utilisateurs et les vend à des entreprises. Unsplash/Kon Karampelas

Twitter a été épinglé par une enquête de la BBC, publiée jeudi 16 janvier, pour avoir autorisé l'emploi de mots clés problématiques à des fins de ciblage publicitaire. Des termes comme "néo-nazis", "transphobie", "islamophobie" ou encore "anorexie" pouvaient être utilisés par des entreprises pour diffuser des publicités ciblées sur Twitter, alors même que la politique du réseau interdit aux utilisateurs de faire l'apologie de la haine ou de glorifier des conduites autodestructrices. 

Le ciblage comportemental est une stratégie marketing bien courante qui consiste à personnaliser les publicités en fonction du groupe d'utilisateurs visé. Pour cibler les centres d'intérêts des internautes, les annonceurs achètent leurs données auprès des réseaux sociaux. L'enquête de la BBC a démontré que l'outil publicitaire de Twitter permettait de cibler des groupes intéressés par des idéologies dangereuses, ainsi que des utilisateurs vulnérables. 

Pour le prouver, les journalistes britanniques ont simplement créé une publicité pour moins de cinq euros, et ont tenté de cibler une audience en utilisant certains termes sensibles. L'article explique par exemple que l'étiquette "néo-nazi" permettrait de toucher un groupe potentiel de 67 000 à 81 000 personnes au Royaume-Uni. Twitter a validé la fausse publicité de la BBC en quelques heures. 

L'enquête révèle également qu'une "campagne publicitaire utilisant les mots clés 'islamophobes', 'islamaphobie', 'islamophobe' et '#islamophobe' pouvait potentiellement atteindre 92 900 à 114 000 utilisateurs sur Twitter, selon l'outil publicitaire de Twitter."

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L'utilisation des mots "anorexie" et "boulimie" ciblant des utilisateurs de 13 à 24 ans a aussi été testée par la BBC, et validée par Twitter, alors même que le ciblage comportemental sur des personnes vulnérables peut avoir des effets dévastateurs. 

Twitter a réagi immédiatement à l'enquête, en déclarant dans un communiqué : "[Nos] mesures préventives comprennent l'interdiction de certains termes sensibles ou discriminatoires, que nous mettons continuellement à jour."

"Certains de ces termes ont été autorisés à des fins de ciblage. Il s'agissait d'une erreur", a reconnu le réseau social. "Nous sommes vraiment désolés de ce qui s'est passé et dès que nous avons été mis au courant du problème, nous l'avons rectifié."

Les mots-clés problématiques ne sont en effet plus utilisables sur l'outil publicitaire de Twitter à ce jour.

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