Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Twitter signale des messages de Donald Trump comme 'trompeurs' pour la première fois

Twitter signale des messages de Donald Trump comme 'trompeurs' pour la première fois
Le président américain Donald Trump a accusé mardi Twitter d'"interférer" dans la présidentielle américaine en signalant pour la première fois deux de ses tweets comme trompeurs. © AP

Donald Trump a accusé Twitter d'"interférer" dans les élections de 2020, mardi 27 mai, après avoir signalé deux de ses tweets comme "trompeurs" au sujet du vote par correspondance. ".@Twitter interfère maintenant dans l'élection présidentielle de 2020", a tweeté le président américain. "Ils disent que ma déclaration sur les bulletins de vote par correspondance, qui conduira à une corruption et une fraude massives, est incorrecte, sur la base de la vérification des faits par les Fake News CNN et l'Amazon Washington Post ... Twitter étouffe complètement la liberté d'expression, et en tant que président, je ne le permettrai pas !"

La colère du président contre la plateforme est intervenue après que Twitter ait ajouté mardi une mention "vérifiez les faits" à deux tweets de Donald Trump qui affirmait que le vote par correspondance était nécessairement "frauduleux" en Californie, sans preuve, et qu'ils entraîneront une "élection truquée". "Il n'y a PAS MOYEN (ZERO !) que le vote par correspondance soit autre chose que substantiellement frauduleux" a tweeté le président américain. "Les boîtes aux lettres seront volées, les bulletins de vote seront falsifiés et même imprimés illégalement et signés frauduleusement."

A lire aussi — Des hackers affirment avoir vendu des données volées sur Donald Trump, et Madonna serait la suivante

Il a ajouté : "Le gouverneur de Californie envoie des bulletins de vote à des millions de personnes, n'importe qui... vivant dans l'État, peu importe qui ils sont ou comment ils sont arrivés là, en recevra un. Cette opération sera suivie par des professionnels qui diront à toutes ces personnes, dont beaucoup n'ont même jamais pensé à voter avant, comment et pour qui, de voter. Il s'agira d'une élection truquée. Pas question !"

Dès mardi soir, Twitter a ajouté un lien à chaque tweet, donnant aux utilisateurs la possibilité de "connaître les faits concernant les bulletins de vote par correspondance", qui renvoie à un résumé des faits et à des articles publiés dans la presse américaine pour rétablir la vérité (par exemple le fait que la Californie n'envoie des bulletins qu'aux électeurs inscrits et non pas à tous les habitants de l'Etat) . En haut de la page, il y a une section intitulée "Ce que vous devez savoir", qui comprend plusieurs points résumant les affirmations de Donald Trump et indiquant si elles sont fondées.

Capture d'écran Twitter

Brad Parscale, directeur de campagne de Trump, a publié mardi soir une déclaration accusant la "Silicon Valley" de "faire tout son possible pour faire obstruction et interférer" avec Trump, "pour faire passer son message aux électeurs".

Dans de nouveaux tweets publiés mercredi, Donald Trump a menacé de fermer les réseaux sociaux : "Les républicains estiment que les plateformes de réseaux sociaux censurent totalement les voix conservatrices. Nous allons les réglementer sévèrement, ou les fermer, pour ne pas permettre qu'une telle chose se produise. Nous avons vu ce qu'ils ont essayé de faire, et échoué, en 2016", a tweeté le président américain, avant d'attaquer à nouveau le système de vote par correspondance.

Contrairement à ce que prétend Donald Trump, la fraude électorale, et en particulier l'utilisation frauduleuse des bulletins de vote par correspondance, est extrêmement rare. Pourtant, le président s'est élevé à plusieurs reprises contre le vote par correspondance et a prétendu à tort qu'il en résultait une fraude électorale généralisée, alors même que lui et les membres de sa propre famille ont voté par correspondance.

Lors des élections de 2016, alors qu'il était encore à plusieurs points de la candidate démocrate de l'époque, Hillary Clinton, et semblait en position de perdre la course, il a affirmé que la fraude électorale serait généralisée le jour du scrutin. Après sa victoire, il a affirmé sans preuve que trois à cinq millions de personnes en Californie avaient voté illégalement, faisant pencher le vote populaire en faveur de Clinton.

A lire aussi — Selon Donald Trump, la gestion de l'épidémie par la Chine ferait partie d'un complot visant à lui faire perdre sa réélection

La semaine dernière, il est reparti en croisade contre le vote par correspondance et et par procuration, menaçant de refuser le financement du Michigan et du Nevada, qui ont tous deux pris des mesures pour faciliter l'envoi des bulletins de vote par leurs électeurs. Dans un tweet, il a déclaré à tort que la secrétaire d'État du Michigan, Jocelyn Benson, envoyait illégalement à chaque électeur inscrit un bulletin de vote par correspondance.

Il a ensuite supprimé le tweet après que des observateurs aient souligné que l'État avait envoyé des demandes de vote par courrier, et non les bulletins eux-mêmes, aux résidents. Mais Donald Trump a ensuite doublé la mise et a affirmé, sans preuve, que même l'envoi des demandes de vote par correspondance était illégal.

Dans un autre tweet, il a accusé la secrétaire d'État du Nevada, Barbara Cegavske, d'avoir envoyé "des votes illégaux par courrier" et d'avoir "triché" en envoyant par courrier à chaque électeur inscrit un bulletin de vote pour les élections primaires de l'État le mois prochain.

Jocelyn Benson a déclaré à Insider que les électeurs du Michigan ont approuvé un amendement à la constitution de l'État en 2018 permettant le vote par correspondance. Et le bureau de Barbara Cegavske a dit à Insider dans une déclaration qu'elle "a légalement déclaré que les primaires de 2020 étaient des élections par correspondance".

Version originale : Sonam Sheth et Grace Panetta / Business Insider

A lire aussi — Twitter devra expliquer à la justice française pourquoi il laisse des contenus haineux en ligne

Découvrir plus d'articles sur :