Uber a fixé le prix de son introduction en Bourse, et sa valorisation serait moins élevée qu'attendu

Un prototype de voiture autonome Uber à San Francisco. Wikimedia/Dllu

Uber Technologies vise jusqu'à 91,5 milliards de dollars (82 milliards d'euros) de valorisation avec sa cotation à Wall Street, potentiellement la plus grande introduction en Bourse (IPO) aux Etats-Unis depuis des années et un test de l'appétit des investisseurs pour les sociétés à forte croissance mais très peu rentables. Le groupe américain de VTC a fixé vendredi le prix de son IPO dans une fourchette indicative de 44 à 50 dollars par action.

Il espère placer 180 millions de titres pour lever jusqu'à 9 milliards de dollars, auxquels s’ajouteront 27 millions de titres vendus par ses investisseurs existants pour un montant allant jusqu'à 1,35 milliard de dollars. Dans son document boursier, Uber fait également état d'une perte nette d'environ un milliard de dollars au titre du premier trimestre, sur un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards. Des sources au fait du dossier ont précisé qu'Uber pensait fixer le prix définitif de l'IPO le 9 mai pour une cotation dès le lendemain.

Uber a en outre annoncé que PayPal avait accepté d’acheter pour 500 millions de dollars d’actions via un placement privé au prix fixé pour l’introduction en Bourse.

La valorisation visée par Uber lors de son introduction en Bourse est inférieure aux 120 milliards de dollars estimés l'an dernier par des banquiers d’affaires, et plus proche de celle de 76 milliards que le groupe avait atteint en 2018 lors de sa dernière levée de fonds privée.

Cette modération reflète les déboires de son petit concurrent Lyft depuis son IPO le mois dernier. L'action Lyft a clôturé jeudi en recul de plus de 20% par rapport à son prix d'introduction en Bourse, les investisseurs étant sceptiques sur sa trajectoire de rentabilité.

Lors de son prochain road show en vue de l'IPO, Uber devra donner aux investisseurs des indications sur son calendrier prévisionnel de rentabilité, sur sa transition vers les véhicules autonomes et sur la capacité de son modèle d'entreprise à supporter davantage de coûts de rémunération des chauffeurs.

"En ce qui concerne Uber, nous pensons qu'il reste encore des questions sur le modèle actuel de covoiturage, dont les aspects économiques ne sont pas immédiatement ou clairement attractifs pour un investissement durable à long terme", a estimé Mark Hargraves, directeur de Framlington Global Equities. dans une note.

Uber est présent dans plus de 70 pays. En plus des services de VTC, la société s'est développée dans la location de vélos et des trottinettes, le transport de marchandises, la livraison de repas et les voitures autonomes. Le groupe californien a levé le 12 avril le voile sur ses comptes en revendiquant 91 millions d'utilisateurs. Sa croissance ralentit cependant et il pourrait ne jamais être rentable, selon le prospectus d'introduction en Bourse déposé auprès de la SEC.

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