Un taxi ComfortDelgro passe devant les bureaux d'Uber et de Grab à Singapour, le 26 mars 2018. REUTERS/Edgar Su

Après son retrait en Chine il y a deux ans au profit de Didi Chuxing, Uber s'avoue à nouveau vaincu en Asie. 

Après des années de lutte acharnée, le spécialiste des VTC américain a finalement annoncé, ce dimanche 25 mars 2018, céder ses activités en Asie du Sud-Est à son grand rival Grab, qui totalise environ 2,1 million de chauffeurs dans la région. 

Le marché d'Asie du Sud-Est représente quelque 640 millions de personnes, avec une part grandissante des classes moyennes supérieures. 

Dans le cadre de cet accord, similaire à celui conclu en Chine en 2016 avec le chinois Didi Chuxing, Uber cède ses activités de transport et de livraison de nourriture — UberEats — à Grab, en échange d'une participation de 27,5% dans son capital.

Par ailleurs, le DG d'Uber, Dara Khosrowshahi, fera désormais partie du conseil d'administration de Grab, société fondée en 2012 par des Malaisiens et basée à Singapour. 

Ce dernier a ainsi souligné

"Cet accord est un témoignage de l'exceptionnelle croissance d'Uber en Asie du Sud-Est au cours des cinq dernières années. Cela va nous aider à mettre les bouchées doubles dans nos projets de croissance".

Cette vente constitue la première grande opération de consolidation du secteur dans le Sud-Est asiatique, qui devrait renforcer la pression sur l'indonésien Go-Jek, soutenu par Alphabet, maison-mère de Google et le groupe tech chinois Tencent Holdings.

Interrogée sur la question de la consolidation du secteur par l'AFP, Corrine Png, analyste en transports de la société de recherche Crucial Perspective, a prédit que cela va probablement conduire à une augmentation des prix pour les utilisateurs: 

"La consolidation de l'industrie signifie moins de choix pour les voyageurs, et les tarifs vont probablement augmenter au fil du temps, dans la mesure où les acteurs restants vont chercher à améliorer leur rentabilité à long terme".

La possibilité d'un rapprochement avait été pressentie depuis que le conglomérat japonais SoftBank, qui a également investi dans Grab et dans l'Indien Ola, est entré au capital d'Uber à hauteur de 15%. SoftBank est connu pour pousser à la consolidation du secteur des VTC en Asie. 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Le passé du bitcoin pourrait peser sur la règlementation future des crypto-monnaies — et ce serait une erreur, explique une juriste

VIDEO: L'art de couper une meule de parmesan est un secret bien gardé — on vous le dévoile