Uber vient de licencier l'ingénieur au cœur de son procès avec Google parce qu'il refuse de coopérer

Travis Kalanick et Anthony Levandowski. AAssociated Press

Uber a licencié Anthony Levandowski, l'ancien responsable de son projet de conduite autonome, parce qu'il refusait de coopérer dans le cadre de la bataille juridique contre Waymo.

Le licenciement de Levandowski vendredi a été révélé en premier par le New York Times mardi et a été confirmé par Business Insider auprès de l'entreprise.

Depuis des mois, Uber demandait à Levandowski de l'aider dans le cadre d'une enquête interne pour préparer sa défense contre les accusations de Waymo, précise un porte-parole d'Uber. Mais Levandowski a invoqué son droit prévu par le cinquième amendement pour ne pas s'incriminer lui-même et a pris conseil auprès d'avocats pour le représenter.

Uber a congédié Levandowski après qu'il a laissé passer une échéance de l'entreprise pour répondre à sa demande, explique une source chez Uber. Eric Meyhofer, qui dirigeait le Advanced Technologies Group d'Uber depuis que Levandowski en a été écarté en avril continue de superviser les efforts d'Uber dans le domaine de la voiture autonome.

Même s'il n'était pas cité nommément dans le procès, les actes de Levandowski ont été au cœur du procès entre Uber et Waymo, la filiale de conduite autonome de la maison-mère de Google, Alphabet. Waymo accuse Levandowski d'avoir téléchargé 14.000 fichiers avant de quitter Google et d'avoir utilisé ces informations pour lancer les activités de conduite autonome d'Uber.

Début mai, un juge a formellement interdit à Levandowski de travailler sur des projets liés aux capteurs lidar chez Uber. Cette même décision exigeait d'Uber de remettre les fichiers volés le 31 mai au plus tard.

Le juge a aussi demandé à l'entreprise de remettre, d'ici fin juin, une liste détailée des "conférences, réunions, conversations téléphoniques, conversations personnelles, textos, emails, lettres, mémos et messages téléphoniques — dans lesquels Anthony Levandowski parle de lidar avec des dirigeants, cadres, employés, agents, fournisseurs ou consultants de la défense."

Suite à cette injonction, Uber a écrit à  Levandowski le 15 mai pour exposer une liste de demandes et le menaçant de licenciement s'il n'y répondait pas. Uber demandait notamment qu'il remette ses terminaux personnels et une déclaration écrite niant qu'il avait volé ces fichiers chez Google — ou, que s'il les avait pris, de les remettre aux avocats d'Uber.

Dans lettre de licenciement, apportée aux pièces du dossier juridique, Uber écrit que l'entreprise a "demandé une coopération totale" mais que "à ce jour, vous n'avez pas suivi les réclamations". Une clause dans le contrat de Levandowski précise qu'il a 20 jours pour "corriger des défaillances" qui seraient soulignées par Uber, ce qui veut dire que son licenciement ne sera effectif techniquement que le 15 juin. Cependant, Uber considère qu'il ne fait plus partie de ses effectifs et lui a coupé l'accès à ses emails et à son bureau. L'entreprise n'a pas précisé s'il continuait à percevoir son salaires jusqu'à cette date en juin.

En avril, Uber a envoyé à Levandowski une autre lettre avec une série de demandes, qui n'a pas été rendue publique. Levandowski n'a pas répondu à celle-ci non plus.

"Votre refus a gêné l'enquête interne d'Uber et la défense dans le cadre du procès mentionné ci-dessous et est donc une raison de licenciement pour faute", a indiqué le directeur juridique d'Uber, Salle Yoo, dans la lettre de licenciement. 

Version originale: Biz Carson/Business Insider

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