Reuters

  • Uber a regagné sa licence de Londres après une bataille juridique de deux jours dans la capitale britannique.
  • C'est une bonne nouvelle pour les 3,5 millions de personnes qui utilisent Uber à Londres.
  • Mais Uber n'est pas tiré d'affaires parce que la licence dure 15 mois et que l'entreprise doit respecter les conditions de TfL.
  • Malgré une décision favorable à Uber, la juge Emma Arbuthnot a critiqué l'entreprise et a déclaré qu'Uber pensait être "au-dessus des lois".
  • Uber a admis qu'elle méritait de perdre sa licence l'année dernière, mais a fait valoir qu'elle avait apporté de nombreux changements au cours des neuf derniers mois.

Uber a regagné sa licence londonienne après une bataille juridique de deux jours avec le régulateur de la capitale, Transport for London (TfL).

Cette victoire conforte le nouveau DG Dara Khosrowshahi. Une grande partie de l'affaire Uber reposait sur la conviction du tribunal que les temps de son ancien et sulfureux DG Travis Kalanick étaient révolus.

La juge Emma Arbuthnot a accordé à Uber une licence de 15 mois à condition que l'entreprise fasse l'objet d'un audit vérifié de manière indépendante tous les six mois. TfL décidera alors s'il convient de renouveler la licence d'Uber.

Uber a également convenu avec TfL de satisfaire à plusieurs autres conditions. Il s'agit notamment de signaler toute plainte sérieuse en matière de sécurité à l'organisme de réglementation des transports, de former les actuels et futurs conducteurs Uber sur la sécurité en VTC, et d'informer TfL de toute atteinte majeure à la protection des données à la suite de la fuite de données de 2016 chez la plateforme.

Cela arrive après que TfL s'est plaint l'année dernière de l'approche de l'entreprise en matière de signalement des infractions graves des conducteurs, de l'approche des visites médicales et de sécurité des conducteurs et de l'utilisation de son logiciel secret "Greyball" pour esquiver les autorités — tous ces éléments ont pesé dans la décision.

Un porte-parole d'Uber a dit:

"Nous sommes heureux de la décision d'aujourd'hui. Nous continuerons à travailler avec TfL pour répondre à leurs préoccupations et gagner leur confiance, tout en offrant le meilleur service possible à nos clients.".

Le maire de Londres Sadiq Khan a déclaré que le tribunal avait "justifié" la décision initiale de TfL de ne pas renouveler la licence d'Uber en septembre. "Uber est mis à l'épreuve — leur permis de 15 mois est assorti d'un ensemble de conditions claires que TfL surveillera et appliquera à fond", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Juge: Uber 'pensait être au-dessus des lois'

Malgré la victoire d'Uber, TfL et Arbuthnot ont tous envoyé des attaques cinglantes.

A un moment de la procédure, mardi, Arbuthnot a dit qu'elle avait l'impression qu'Uber "pensait être au-dessus des lois".

Helen Chapman, responsable intérimaire des licences de TfL, a décrit les relations difficiles qu'elle a entretenues avec Uber au cours des cinq dernières années. Elle l'a dit à la cour mardi:

"Nous avons eu cinq ans d'une relation très difficile où Uber a senti qu'ils n'avaient pas besoin d'une réglementation et d'être réglementés de la même manière que tous les autres que nous réglementons."

Elle a ajouté qu'il y avait des cas graves où Uber n'avait pas pris suffisamment au sérieux les plaintes concernant les conducteurs, bien qu'elle ne soit pas entrée dans les détails.

"Franchement, certains des cas que j'ai vus sont tout à fait épouvantables alors qu'ils n'ont pris aucune mesure.... certaines de ces préoccupations [et] les cas qui ont été soulevés sont très troublants", a-t-elle dit.

Chapman a ajouté que, bien qu'Uber ait maintenant examiné les plaintes concernant les conducteurs, "la sécurité publique a été compromise pendant cette période".

Uber a dit qu'il a fondamentalement changé en tant qu'entreprise depuis septembre dernier

Uber a joué la carte de la repentance pendant les deux jours, admettant qu'il méritait probablement de perdre sa licence en raison des erreurs et de la culture d'entreprise créée sous le précédent dirigeant Travis Kalanick. Des dirigeants, dont Laurel Powers-Freeling, présidente du conseil d'administration, Fred Jones, responsable Villes, et Tom Elvidge, responsable du Royaume-Uni et de l'Irlande, ont pris la parole.

Ces dirigeants ont reconnu qu'Uber n'avait pas été totalement transparent avec les organismes de réglementation et que les informations qu'elle leur avait fournies dans le passé avaient été inadéquates et même trompeuses. Mais son avocat Thomas de la Mare a fait valoir qu'Uber avait "changé radicalement la façon sa manière de conduire son activité".

L'entreprise a rappelé son accord avec la Metropolitan Police pour signaler les crimes graves, les accords avec la société mère américaine d'Uber pour tenir les organismes de réglementation au courant des principaux changements ou problèmes liés aux produits, et la nomination d'administrateurs non exécutifs au sein de son conseil d'administration au Royaume-Uni.

Version originale: Shona Gosh/Business Insider UK

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