Uber a perdu 1 Md$ au seul T3 alors que sa croissance ralentit et que le géant du VTC diversifie son offre

Dara Khosrowshahi le DG d'Uber. REUTERS/Carlo Allegri

Uber Technologies a annoncé mercredi 14 novembre 2018 avoir creusé ses pertes au troisième trimestre, période durant laquelle le nombre de courses effectuées par ses chauffeurs et ses livreurs a augmenté de 6%, confirmant le ralentissement de sa croissance observé depuis le début de l'année.

La perte trimestrielle ajustée avant charges financières, impôts, dépréciation et amortissement ressort à 592 millions de dollars, contre 614 millions sur avril-juin et 1,02 milliard au troisième trimestre 2017.

Pour la première fois, Uber a aussi fourni des chiffres pour UberEats.

Voici les chiffres importants à retenir:

  • Chiffre d'affaires: le chiffre d'affaires, à 2,95 milliards de dollars, a augmenté de 5% par rapport au deuxième trimestre et de 38% sur un an. Sur avril-juin, sa croissance en rythme annuel avait été de 63%.
  • Perte: 1,07 milliard de dollars (946 millions d'euros) sur la période juillet-septembre, soit 20% de plus qu'au deuxième trimestre. C'est toutefois 27% de moins que sur la période correspondante de l'an dernier — le troisième trimestre 2017 avait été marqué par le pire résultat de son histoire après le départ de son cofondateur et ex-directeur général Travis Kalanick.
  • Réservations brutes: 12,7 milliards de dollars au troisième trimestre, un montant en hausse de 6% d'un trimestre sur l'autre et de 41% sur un an. Leur croissance trimestrielle atteignait près de 30% fin 2016 et elle était restée supérieure à 10% au cours de chacun des quatre trimestres de 2017.

Le directeur financier, Nelson Chai, en fonction depuis septembre après trois ans de vacance du poste, a évoqué "un nouveau trimestre solide".

Depuis l'arrivée à la direction générale de Dara Khosrowshahi il y a un peu plus d'un an, Uber s'est retiré de plusieurs marchés étrangers sur lesquels il avait subi de lourdes pertes et de certaines activités coûteuses, comme les camions autonomes.

L'entreprise a aussi étendu l'offre de services de mobilité pour devenir une plateforme plus globale. Elle a ainsi racheté la startup de vélos électriques Jump — qui arriveront en France au début de l'année comme Business Insider France l'avait révélé. Uber a aussi pris une participation dans Lime et ses scooters électriques partagés. 

Enfin, elle mise beaucoup sur son activité de livraison de repas Uber Eats qui a engrangé 2,1 milliards de dollars de courses au T3, soit un bond de 150% sur un an, selon TechCrunch.

Le conglomérat japonais SoftBank a parallèlement bouclé en janvier une prise de participation de 15%, conclue dans le cadre d'un accord prévoyant le lancement d'une procédure d'introduction en Bourse d'Uber au plus tard le 30 septembre 2019.

La société américaine pourrait avancer cette mise sur le marché au premier semestre de l'an prochain dans l'espoir de bénéficier de meilleures conditions de marché et de devancer son grand rival américain, Lyft, selon des sources proches du dossier.

Sa valorisation pourrait atteindre 120 milliards de dollars, selon plusieurs banques.

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