Uber traverse un mois de novembre difficile, voici 4 épisodes qui ont embarrassé l'application

Une passagère monte dans une voiture utilisant l'application Uber en Californie, à l'été 2018. 9. David Paul Morris/Bloomberg via Getty Images

En l'espace de quelques semaines, Uber vient de vivre plusieurs épisodes — communication, juridique, VTC — qui écornent une fois de plus son image. Ces événements sont incomparables au déluge de mauvaises nouvelles, qui s'était abattu en 2017, et qui avait notamment entraîné la mise sur la touche du cofondateur et ancien DG, Travis Kalanick. Cette fois-ci, la France est au cœur, coup sur coup, de deux polémiques.

Le mois de novembre avait mal commencé pour Uber au niveau global, avec une chute en Bourse de près de 10% en une journée, le 5 novembre, à 28,02 dollars l'action. Le marché réagissait alors à la publication de pertes cumulées de 1,2 milliard de dollars, entre juillet à septembre. Depuis, le cours du titre est remonté à 29,53 euros ce mercredi 28 novembre 2019. Pour rappel, le prix d'introduction de l'action Uber Technologies était de 45 dollars le 10 mai 2019, déjà bien plus bas que prévu. Au total, l'entreprise emploie environ 27 000 personnes dans le monde entier. Elle en a licencié 700 en quelques mois.

 On vous résume la chronologie des épisodes de cet automne si vous êtes passés à côté :

Le DG d'Uber compare l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à une erreur dans les essais de voiture autonome.

Dara Khosrowshahi, le DG d'Uber, s'est excusé au lendemain de déclarations qui ont suscité l'émoi : Patrick T. Fallon/Bloomberg via Getty Images

Il avait jusque-là rempli sa mission d'assainir l'image d'une entreprise. Il n'avait jamais fauté publiquement depuis sa nomination en août 2017 pour succéder à Travis Kalanick, accusé d'avoir laissé prospérer une culture d'entreprise favorisant l'agressivité, le sexisme et les discriminations de toutes sortes. Mais il y a toujours une première fois semble-t-il. Dara Khosrowshahi, le DG d'Uber,  a ainsi dû présenter ses excuses lundi 11 novembre après avoir déclaré dans une interview vidéo au site Axios que l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, dans lequel Ryad a reconnu sa responsabilité, était une "erreur", la comparant aux essais de voiture autonome. "Il ne peut y avoir de pardon ou d'oubli de ce qui est arrivé à Jamal Khashoggi et j'ai eu tort d'appeler cela une erreur", a tweeté Dara Khosrowshahi.

L'Arabie saoudite, à travers son fonds d'investissement souverain, est le cinquième actionnaire du numéro un de la plateforme tech et le gouverneur du fonds, Yasir al-Rumayyan, siège à son conseil d'administration. Les déclarations du patron d'Uber ont provoqué un tollé aux Etats-Unis.

Sur Instagram, un appel au boycott d'Uber en France après la suppression de témoignages d'agressions sexuelles par des chauffeurs

Uber a été accusé sur Instagram et Twitter le 21 novembre dernier de ne pas prendre en compte la parole de victimes d'agressions sexuelles par certains de ses chauffeurs. David Paul Morris/Bloomberg via Getty Images 

A deux jours d'une marche de lutte contre les violences faites aux femmes organisée par le collectif #Noustoutes dans toute la France, Uber a été accusé sur Instagram et Twitter le 21 novembre dernier de ne pas prendre en compte la parole de victimes d'agressions sexuelles par certains de ses chauffeurs en supprimant leurs messages glaçants. Face à cette crise, l'application a reconnu "un manque de "discernement" et s'est dite à l'écoute des victimes. Ce mouvement a donné naissance à un hashtag appelant au boycott de l'application en France : #Ubercestover. 

Pour répondre aux critiques, Uber a mis en place ce vendredi 22 novembre 2019 la possibilité de raconter son histoire directement dans l'application, comme l'entreprise l'explique sur son compte Twitter. En 2020, les passagères pourront être contactées gratuitement par téléphone par des employés formés immédiatement après avoir signalé un problème.

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Uber risque de devoir quitter Londres, l'une de ses vitrines et places fortes dans le monde

Uber a perdu sa licence à Londres pour la deuxième fois en moins de trois ans, l'un des plus gros marchés en dehors des Etats-Unis. Uber a fait appel et peut continuer à opérer au moins jusqu'au 21 décembre 2019. Jason Alden/Bloomberg via Getty Images

Uber a perdu lundi 25 novembre 2019 sa licence d'exploitation à Londres. La plateforme compte faire appel et continuera de fonctionner jusqu'à ce qu'une décision définitive soit rendue. Cette décision demeure un coup dur étant donné que la capitale britannique est l'un des plus grands marchés mondiaux de l'application, avec quelque 3,5 millions d'utilisateurs. Le régulateur de la ville, Transport for London (TfL), a noté de graves défaillances : des conducteurs non autorisés utilisant les comptes de véritables conducteurs Uber approuvés et embarquant des passagers dans des véhicules qu'ils n'étaient pas autorisés à conduire ou même des conducteurs qui avaient été suspendus de la plate-forme d'Uber.

Neil Wilson, analyste du site Markets.com, estime que les soucis londoniens d'Uber illustrent "l'étendue de ses problèmes juridiques (...). S'il y a eu des problèmes avec sa culture d'entreprise (avec des accusations de harcèlement et sexisme), l'essentiel de ses démêlés avec les régulateurs et la justice ressort de la structure même de son activité : les taxes, les lois du travail et la sécurité des consommateurs".

Il y a peu de chances que cette décision fasse tâche d'huile en France. Interrogé, Uber France nous précise que TfL est une autorité locale alors que c'est le ministère des Transports qui prend ce type de décision en France. L'accès est plus réglementé avec un examen contraignant pour les chauffeurs de VTC depuis la loi Grandguillaume et la carte professionnelle est délivrée par la Préfecture.

Quelques centaines de chauffeurs bloquent depuis 15 jours des centres Uber en France

L'entreprise américaine est confrontée à une grève de chauffeurs Uber qui bloque depuis une quinzaine de jours l'accès à des centres d'accueil en Ile-de-France, une sorte de point d'accueil pour les conducteurs. Les revendications portent sur les tarifs des courses "indignes", les "déconnexions abusives" et les fraudes de chauffeurs qui s'immiscent sur l'application sans carte VTC ou en louant un compte. Un contrôle visuel par les plateformes est obligatoire une fois par an mais entre temps, il est impossible pour elles de savoir par exemple si un chauffeur a toujours son permis, sauf s'il le déclare, ou qu'il n'y a  pas usurpation d'identité, sauf si le client le signale. Mettant en avant la robustesse de sa technologie pour faire face aux tentatives de fraudes, Uber recommande tout de même aux clients de "vérifier le numéro de la plaque d'immatriculation, le modèle et la marque du véhicule, ainsi que la photo et le nom du chauffeur avant de commencer la course", et de ne pas monter à bord s'ils ont le moindre doute.

Uber précise qu'une partie "infime" des 30 000 chauffeurs à Paris avec lesquels l'entreprise travaille ne se sont pas présentés en juillet.  L'appli réfléchit à la mise en place prochaine d'une identification en temps réel — par un selfie — pour l'accès au compte d'un chauffeur, afin de s'assurer qu'il s'agit bien de la bonne personne.

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