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Uber va obliger ses chauffeurs en France à prendre un selfie pour empêcher la fraude

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Uber va obliger ses chauffeurs en France à prendre un selfie pour empêcher la fraude
© Photographer: Andrew Harrer/Bloomberg

Uber va obliger ses chauffeurs en France à prendre un selfie pour vérifier que ce sont bien eux au volant, a annoncé l'entreprise, à l'issue de sa rencontre ce jeudi 12 décembre 2019 avec la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité femmes/hommes Marlène Schiappa qui avait convoqué la direction de l'entreprise en France pour s'expliquer après une série de plaintes de clientes. Concrètement, dès ce lundi 16 décembre 2019, Uber mettra en place un système d'identification en temps réel des chauffeurs afin de lutter contre la fraude. Les chauffeurs devront prendre un selfie qui sera comparé en temps réel avec leur photographie vérifiée par les équipes de la plateforme. Contactée, Uber nous indique que l'identification en temps réel se fera de façon aléatoire mais fréquemment.

L'objectif est d'éviter les fraudes de chauffeurs qui s'immiscent sur l'application sans carte VTC ou en louant un compte avec tous les risques que cette usurpation d'identité comporte pour les clients. Avec cette obligation de selfie, Uber, qui se définit comme le leader sur le marché des VTC, assume sa part de responsabilité pour assurer la sécurité de ses passagers. Jusque-là, l'entreprise mettait en avant la robustesse de sa technologie pour faire face aux tentatives de fraudes, tout en recommandant quand même aux clients de "vérifier le numéro de la plaque d'immatriculation, le modèle et la marque du véhicule, ainsi que la photo et le nom du chauffeur avant de commencer la course", et de ne pas monter à bord s'ils ont le moindre doute.

"Suite au signalement d'agressions sexuelles inacceptables, la confiance de nos utilisatrices a été érodée. Nous sommes résolus à la retrouver en prenant des mesures de prévention, de lutte contre les violences sexuelles et d'accompagnement des victimes. Nous allons mettre en place dès lundi un système d'identification en temps réel des chauffeurs", commente Steve Salom, general manager d'Uber pour la France, la Suisse et l'Autriche, cité dans un communiqué. Dans la loi, un contrôle visuel par les plateformes est obligatoire une fois par an. Mais pendant cette période, il est impossible pour elles de savoir si un chauffeur a toujours son permis, sauf s'il le déclare, ou qu'il n'y a pas usurpation d'identité, sauf si le client le signale.

Renforcer la prévention auprès des chauffeurs

Face à cette situation, Uber réitère sa demande aux pouvoirs publics de création d'une base de données officielle, commune à toutes les plateformes VTC et consultable en temps réel, pour s'assurer que le chauffeur dont le compte a été désactivé suite à une agression sexuelle ne puisse conduire sur une autre plateforme. Il faut dire que depuis le 21 novembre, Uber est au cœur d'une polémique après l'appel au boycott de l'application après la suppression de témoignages d'agressions sexuelles par des chauffeurs. Plusieurs femmes ont affirmé sur les réseaux sociaux et dans les médias avoir été agressées sexuellement et violées par plusieurs chauffeurs indépendants travaillant pour la plateforme de VTC.

Face au tollé provoqué par ces témoignages, Uber annonce d'autres mesures en plus de celles déjà mises en place :

  • un accompagnement psychologique et juridique des victimes avec le soutien de Collectif féministe contre le viol;
  • un travail avec les associations Collectif féministe contre le viol, HandsAway, SOS homophobie, Stop Harcèlement de rue "pour mener des programmes joints de sensibilisation et prévention des violences sexuelles" ;
  • renforcer la prévention auprès des chauffeurs;
  • Uber demande également à ce que l'examen VTC, commun à l’ensemble du secteur, inclue un module obligatoire de prévention des violences sexuelles.

Cette rencontre avec Marlène Schiappa intervient dans un contexte plus global, après la révélation par Uber que 5 981 agressions sexuelles (attouchements, tentatives d'agression, viols) ont été rapportées par des utilisateurs ou des conducteurs de son service, ainsi que des tiers, aux Etats-Unis en 2017 et 2018. Le groupe américain avait précisé que cela représentait "0,00002% des courses". "Bien que rares, ces signalements représentent tous un individu qui a partagé une expérience très douloureuse. Même un seul signalement serait un signalement de trop", déplorait aussi Uber.

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