Sundar Pichai

Le PDG de Google, Sundar Pichai. Justin Sullivan/Getty Images

Google risque une deuxième amende colossale de la part de l'Union européenne (UE) dans une autre affaire de concurrence déloyale, selon Reuters qui cite des sources proches du dossier.

Des responsables de l'UE souhaiteraient avoir un deuxième avis dans l'affaire qui concerne la domination de Google dans le mobile avec son système d'exploitation Android. Ils ont ainsi demandé à un groupe d'experts, composé de trois ou quatre responsables du secteur, chargés de faire "l'avocat du diable" — d'examiner leurs conclusions.

L'année dernière, la Commission européenne a accusé Google d'utiliser Android pour écarter du marché des concurrents.

Le régulateur européen de la concurrence s'inquiétait notamment des contrats d'exclusivités que Google impose aux constructeurs qui utilisent Android et de l'avantage dont bénéficient ses applications comme Google Chrome et Search en étant pré-installées sur les terminaux.

On ne sait pas encore si la Commission rendra public ses conclusions au sujet de l'affaire Android.

L'UE a actuellement deux instructions en cours sur Google et sa société-mère, Alphabet. La première concerne la domination d'Android, la seconde, l'utilisation d'AdSense pour éloigner des rivaux dans la publicité en ligne.

La semaine dernière, la Commission européenne a infligé une amende de 2,42 milliards d'euros à Google, pour abus de position dominante au bénéfice de son comparateur de prix Google Shopping.

Le cauchemar européen de Google

C'est deux fois le montant le plus important que l'UE avait infligé dans une affaire de monopole.

Même si ces sanctions financières ne mettent pas directement en danger Google — qui a réalisé 90 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2016 — ces trois enquêtes posent des problèmes à l'entreprise en Europe.

Le moteur de recherche californien est attaqué sur trois fronts:

  • les dommages potentiels créés — et plus problématiques que prévu — par les enquêtes existantes sur la concurrence déloyale;
  • la menace de poursuites devant les juridictions nationales par des entreprises qui peuvent se sentir lésées par les pratiques commerciales de Google;
  • et le soupçon de futures enquêtes de la Commission européenne sur d'autres pans de l'entreprise.

Sur le premier front, il y a le risque d'amendes plus lourdes.

Sur le deuxième, la Commission a rendu plus facile pour les entreprises subissant le monopole d'essayer de toucher des dommages et intérêts devant les tribunaux.

Et sur le troisième front, la Commission a laissé entendre lors de l'instruction sur Google Shopping que cette affaire pourrait donner lieu à d'autres investigations.

Version originale: Shona Gosh et Rob Price/Business Insider UK

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Un avocat spécialiste du droit de la concurrence explique les 2 questions que soulève la sanction imposée à Google par Bruxelles

VIDEO: Ces gouttes dans les yeux pourraient rendre les lunettes et lentilles de contact obsolètes