L'UE est 'sidérée' après que le Royaume-Uni fasse la leçon à ses représentants pendant 3 heures sur le Brexit

Le ministre chargé du Brexit, David Davis (centre) avec Sarah Healey, fonctionnaire au Department for Exiting the EU ("département de la sortie de l'UE") et l'ambassadeur du Royaume-Uni auprès de l'UE, Sir Tim Barrow. Reuters/Eric Vidal

  • Les négociations du Brexit achoppent toujours sur la question de la facture du divorce, le Royaume-Uni refusant toujours de donner un chiffre.
  • L'équipe anglaise dit à l'UE que ses demandes n'ont aucune base légale. 
  • Les pourparlers ne seront probablement pas résolus d'ici octobre, alors que des "progrès suffisants" ont besoin d'être fait sur la facture, la frontière irlandaise et les droits des citoyens européens après le Brexit. 

Les négociations du Brexit sont dans une impasse après que les négociateurs anglais et européens échouent à faire des progrès sur le montant de la facture du retrait du Royaume-Uni, rapportent plusieurs médias. 

L'équipe anglaise a dit à ses homologues de l'UE qu'il n'y avait aucune base légale concernant l'argent réclamé, tandis que l'UE a répliqué que le Royaume Uni n'a pas réussi à établir une position claire sur le sujet. 

Le 30 août, Barnier disait: "Pour être flexible vous avez besoin de deux arguments – notre argument et leur argument. Nous avons besoin de connaître leur position et ensuite je peux être flexible." 

Cette déclaration survient alors que les négociateurs du Royaume-Uni ont exposé leur arguments sur la question de la facture du divorce dans une présentation de 23 slides et un document de 11 pages sur une durée totale de trois heures, pour conclure qu'ils ne pouvaient pas donner de chiffre précis avant octobre, au plus tôt.

Les obligations financières du Royaume-Unis vis-à-vis de l'UE — ladite "facture du diveorce" — sont une des questions que l'UE veut régler avant de poursuivre les négociations sur les relations futures, les droits des citoyens et la frontière irlandaise.

De son côté, le camp britannique prétend qu'il est impossible de faire des "progrès suffisants" sur des problèmes préliminaires comme la facture du divorce sans à la fois aborder à quoi ressemblera la relation entre le Royaume-Uni et l'UE. 

"La sidération était totale," a dit une source au sein de l'UE au Telegraph, en décrivant les discussions entre les négociateurs britanniques et l'UE. 

"Tout le monde était complètement sidéré que ce jeune homme de Whitehall ait dit que la préparation de l'UE sur l'accord financier était 'inadéquat'. Ce n'est pas bien passé."

Les représentants britanniques ont apparemment démantelé l'interprétation de l'UE sur la facture de divorce, qui s'élèverait à quelques 75 milliards d'euros, bien que le chiffre n'ait jamais été confirmé par l'UE.

Les négociations ne portaient pas sur des chiffres précis, mais sur la manière dont la somme finale sera calculée. Bruxelles pense que le budget de six ans de l'UE devrait être utilisé pour calculer le chiffre, et Whitehall argumente qu'il ne devrait pas être décidé sur des budgets annuels. 

"Le Royaume-Uni n'est pas convaincu que le document de position de la Commission Européenne [sur l'accord financier] soit satisfaisant", a dit une source au Times. "Personne n'écrirait un chèque sur la base d'un document de quatre pages de la Commission."

Davis avait dit qu'alors que le Royaume-Uni "répondrait de ses obligations internationales... il n'y aurait pas de chiffre [convenu pour la facture du divorce] d'ici octobre ou décembre."

Certains articles avaient suggéré que le gouvernement était prêt à payer jusqu'a 36 milliards de livres pour répondre de ses obligations financières, ce que Downing Street a démenti comme "spéculation inexacte."

Mardi, un sondage réalisé par le Guardian/ICM a révélé que plus de 70% des électeurs britanniques pensent qu'un projet de loi de plus de 30 milliards de livres serait inacceptable. 

Version originale: Adam Becket/Business Insider UK

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