Un ancien modérateur de Facebook victime de stress post-traumatique porte plainte contre le réseau social

Max Duzij/Unsplash

Depuis plusieurs mois, les langues des anciens modérateurs de Facebook se délient pour dénoncer la dureté de leur labeur et ses conséquences sur leur santé psychique et physique. Plusieurs ont rapporté être victimes de symptômes de stress post-traumatique à la suite de leur travail sur le réseau social, où ils étaient chargés de parcourir une liste interminable de contenus violents au quotidien. Chris Gray, un ex-employé irlandais de Facebook a quant à lui décidé de porter plainte contre le géant du numérique, mercredi 4 décembre. Il dit toujours souffrir de séquelles psychologiques liées à son travail de modérateur, qu'il a effectué entre 2017 et 2018. 

"Chaque fois que je parle de ces contenus, je m'énerve encore plus. J'ai vraiment dû me retenir d'en parler. Je ne dors pas pendant une semaine avant une interview comme celle-ci, et je ne peux pas dormir après", a déclaré Chris Gray à l'Irish Times. Sa plainte, qui concerne également CPL Solutions — son employeur direct, un sous-traitant de Facebook — est la première déposée contre le géant du numérique par un ex-modérateur à ce jour. 

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Chris Gray assure n'avoir pas fait l'objet d'analyse psychologique avant de travailler pour CPL. Afin de décréter quels types de contenus avaient ou non leur place sur le réseau social, il a pourtant été contraint de regarder un grand nombre de contenus ultra-violents : lapidations, exécutions à bout portant, torture animale... L'ex-modérateur avait la tâche de traiter environ 600 contenus par nuit. Il ne devait pas passer plus de 30 secondes par vidéo, tout en maintenant une précision de 98% dans sa prise de décision — autrement dit moins de quatre erreurs par mois. 

Facebook assure offrir 'un soutien psychologique complet' à ses modérateurs

Auprès de l'Irish Times, il explique avoir rapidement commencé à souffrir de détresse psychologique, éprouvant des symptômes d'irritabilité et d'agressivité. La plainte déposée par Chris Gray affirme que la majorité de la formation dispensée en amont portait sur les obligations en matière de protection de la vie privée et de confidentialité, tandis que les conséquences psychiques potentielles de la modération n'ont été que peu abordées. 

"Nous nous engageons à fournir un soutien à ceux qui examinent du contenu pour Facebook, car nous reconnaissons que l'examen de certains types de contenus peut parfois être difficile", a déclaré un porte-parole du réseau social, cité par le Guardian. "Toutes les personnes qui révisent du contenu pour Facebook suivent un programme de formation approfondie de plusieurs semaines sur nos normes communautaires et ont accès à un soutien psychologique complet pour assurer leur bien-être."

Facebook emploie indirectement environ 15 000 modérateurs de contenus, répartis dans vingt pays différents.

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