Un astronome amateur a accidentellement enregistré un flash rare sur Jupiter

Ethan Chappel a capturé un flash rare sur Jupiter. Ethan Chappel/Twitter

Par une chaude nuit du mois dernier, l'astronome amateur Ethan Chappel a installé un petit télescope dans sa cour arrière à Cibolo, au Texas, et l'a dirigé vers Jupiter. Au fur et à mesure que la planète géante se dessinait, un éclat de lumière est apparu à sa surface — l'éclair était aussi lumineux que Io, l'une des lunes de Jupiter.

Une nouvelle analyse de la vidéo d'Ethan Chappel suggère qu'il a accidentellement capturé le moment où un météore de 450 tonnes s'est écrasé sur Jupiter. Selon l'analyse menée par Ramanakumar Sankar et Csaba Palotai au Florida Institute of Technology, l'énergie de l'explosion était équivalente à 240 000 tonnes de TNT. C'est donc le sixième flash d'impact sur Jupiter qui est visible de la Terre depuis 2010, et le deuxième plus lumineux de ces éclairs.

"Enregistrer des vidéos fait partie de ma routine. J'ai eu la chance d'être là au bon moment", a déclaré Ethan Chappel à Business Insider US peu après avoir publié les images sur Twitter. L'éclair de l'explosion du météore apparaît près du centre gauche du contour de Jupiter environ cinq secondes dans la vidéo de Chappel (ci-dessous). Elle dure environ 1,5 seconde.

via Gfycat

La vidéo est la seule donnée des chercheurs sur l'impact, mais Csaba Palotai a dit à Business Insider US dans un mail que son équipe possède "une certaine capacité de modélisation qui peut peut-être faire la lumière sur certains détails... qui ne peuvent être déduits uniquement de la vidéo". Les chercheurs espèrent soumettre leur analyse pour publication dans environ un mois, a-t-il ajouté.

Les astronomes se sont précipités pour analyser cette rare vidéo

Marc Delcroix, astronome amateur français qui étudie ces éclairs d'impact, explique dans un communiqué de presse que détecter un tel événement est rare. "Les éclairs d'impact sont faibles, courts et peuvent facilement être manqués même en observant les planètes pendant des heures", dit-il. Même Ethan Chappel n'a pas réalisé ce qu'il avait enregistré jusqu'à ce qu'il traite la vidéo quelques heures plus tard. C'est alors qu'il a contacté Delcroix, qui a alors appelé le scientifique planétaire Ricardo Hueso. Marc Delcroix et Ricardo Hueso sont les concepteurs d'un outil logiciel appelé DeTeCt que Ethan Chappel a utilisé pour traiter la vidéo.

"En moins de deux jours après l'impact, nous avons eu une courbe lumineuse de l'impact et une première estimation de la taille et de la masse de l'objet", a déclaré Ricardo Hueso à Business Insider US dans un mail. Pendant ce temps, en Floride, Ramanakumar Sankar et Csaba Palotai ont vu la vidéo d'Ethan Chappel "partout aux infos", a dit Csaba Palotai, et ont commencé leur propre analyse préliminaire. Les deux groupes se sont rapidement liés.

Une courbe de lumière du flash d'impact montre combien de temps la boule de feu a duré dans l'atmosphère de Jupiter. E. Chappel/R. Sankar/C. Palotai

"C'est la première fois que nous disposons de données d'une qualité suffisante pour caractériser la fragmentation [d'un météore] dans l'atmosphère de Jupiter", a déclaré Ricardo Hueso. Cette fragmentation a permis à Ramanakumar Sankar et Csaba Palotai de faire des estimations précises de la densité du météore. Ils ont découvert qu'il ressemble à un météore de pierre et de fer, qui est fait de silicate, de nickel et de fer. Cela signifie probablement que l'objet était un astéroïde, plutôt qu'une comète. (Les astéroïdes sont composés de roches et de métaux, tandis que les comètes le sont de glace, poussière et roches.)

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A gauche : une image composite du flash faite avec plusieurs photos de la vidéo d'Ethan Chappel. Au centre : le flash d'impact avec la lumière de Jupiter retirée de l'image. A droite : un zoom du flash au maximum de sa luminosité. E. Chappel/R. Hueso/M. Delcroix/DeTeCt

Les résultats, que Marc Delcroix et Ricardo Hueso ont présentés lors d'une conférence à Genève cette semaine, suggèrent également que le météore mesurait entre 12 et 16 mètres de diamètre. Il s'est désintégré à environ 80 kilomètres au-dessus des nuages de Jupiter. L'énergie émise par la collision était environ la moitié de celle libérée par le météore de Tcheliabinsk lors de son explosion dans l'atmosphère terrestre, au-dessus de la ville russe du même nom en 2013.

Plus d'impacts à observer, et plus de personnes pour les observer

Un astronome amateur installe un télescope en participant au marathon Messier à Ghasre Bahram, dans le désert central iranien, à 150 km au sud-est de Téhéran, le 10 mai 2007. Reuters/Morteza Nikoubazl.

Ricardo Hueso a dit qu'avant la vidéo de Chappel sur l'impact d'août, il estimait que 10 à 60 objets comme celui-ci s'écrasent sur Jupiter chaque année. Mais il a maintenant révisé ce chiffre à entre 20 et 60 collisions. "En raison de la grande taille de Jupiter et de son champ gravitationnel, ce taux d'impact est 10 000 fois plus élevé que le taux d'impact d'objets similaires sur Terre", a déclaré Ricardo Hueso dans le communiqué de presse.
Ricardo Hueso et Marc Delcroix dirigent un projet amateur de détection des impacts et des éclairs, et espèrent donc que la vidéo d'Ethan Chappel incitera davantage d'astronomes amateurs à recueillir des images similaires d'impacts sur Jupiter et Saturne.

"La communauté amateur a été galvanisée par cet événement", a dit Marc Delcroix. "Le nombre d'observateurs et le volume de données traitées augmentent rapidement."

Version originale : Business Insider/Morgan McFall-Johnsen

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