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Un bateau de l'US Navy est parti en fumée car l'équipage n'a pas su appuyer sur un bouton

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Un bateau de l'US Navy est parti en fumée car l'équipage n'a pas su appuyer sur un bouton
Le navire Bonhomme Richard valait 2 milliards de dollars © Sean M. Haffey/Getty Images
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Un navire d'assaut amphibie de la marine américaine a été détruit par un incendie durant l'été 2020. Un incident qui a été causé en partie parce que des marins n'ont pas appuyé sur un bouton qui aurait pu activer un système d'extinction des incendies, selon l'enquête du commandement. L’US Navy a mis en service le navire amphibie USS Bonhomme Richard en 1998 pour un coût de 750 millions de dollars, soit environ 1,2 milliard de dollars aujourd'hui (soit environ 1 milliard d’euros). La valeur totale du navire au moment de l'incendie est estimée à environ 2 milliards de dollars (1,7 milliards d’euros), selon de multiples rapports.

En juillet 2020, le navire a été incendié alors qu'il se trouvait à quai à San Diego en Californie pour des travaux de maintenance. Le feu a brûlé intensément pendant quatre jours, endommageant le navire au point que la Marine a décidé de le mettre à la casse plutôt que de le réparer. “Bien que l'incendie ait été déclenché par un acte criminel, le navire a été perdu en raison de l'incapacité à éteindre le feu", a confié dans un rapport d’enquête, l'ancien commandant de la 3ème flotte, le vice-amiral Scott Conn. Ce dernier a spécifiquement attiré l'attention sur la façon dont "l'équipage insuffisamment préparé" a mis en place une "réponse inefficace au feu".

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Des pompiers à bord du Bonhomme Richard Jason Kofonow / US Navy

La réponse inefficace à bord du Bonhomme Richard a été causée par de multiples défaillances, notamment le non-respect des principes de base de la lutte contre l'incendie, comme l'utilisation du système de mousse à film aqueux (AFFF). Comme l'a d'abord rapporté le site USNI News, le système d'extinction d'incendie n'a pas été utilisé parce qu'il avait été mal entretenu et que les marins ne savaient pas comment l'utiliser.

"L’équipage du navire n'a pas envisagé d'employer le système AFFF en temps voulu", a révélé l'enquête du commandement, expliquant que cela "a contribué à la propagation du feu et à l'incapacité de contrôler l'incendie". Cependant même dans son état dégradé, si l'AFFF avait été activé dans la partie avant-basse du navire, il aurait fourni une aide à proximité du foyer de l'incendie, limitant l'intensité et la vitesse de propagation du feu. Si ce même dispositif avait été activé dans la partie avant-haute du bâtiment de guerre, il aurait pu ralentir la progression de l'incendie vers la partie arrière du bateau.

"L’équipage du navire aurait dû tenter d'activer l'AFFF", a encore indiqué l'enquête. "Il n'y a pratiquement pas eu de discussion sur l'utilisation du système jusqu'à plus de deux heures après le début de l'incendie." La mousse à film aqueux aurait pu être facilement et efficacement activée en appuyant sur un bouton, mais, comme l'explique le rapport, "le bouton n'a jamais été enfoncé et aucun membre de l'équipage interrogé n'a envisagé cette action ou n'avait de connaissances spécifiques quant à l'emplacement du bouton ou de sa fonction."

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Le Washington Examiner a été le premier à signaler que les marins du Bonhomme Richard n'avaient pas utilisé le système AFFF à bouton-poussoir. "Il est surprenant que personne sur place ne savait comment activer le dispositif ou ne le connaissait suffisamment pour l'activer", a déclaré à Insider Bryan Clark, ancien officier de la Marine et expert en défense à l'Institut Hudson. "Il existe depuis longtemps", a-t-il rappelé.

Bryan Clark a souligné que du point de vue du commandement, l'incapacité de l'équipage à utiliser ce système est "un énorme oubli", expliquant que l'AFFF est "votre premier système de secours pour lutter contre un incendie". "Vous combattez un incendie à l'aide d'extincteurs, puis de tuyaux, et s'il devient incontrôlable, vous utilisez le dispositif et commencez à inonder les espaces avec de la mousse pour l'éteindre", a-t-il détaillé avant d’ajouter: "Tout cela aurait dû être connu de l'ensemble de l'équipage".

Le Bonhomme Richard en feu dans la base de San Diego Austin Haist / Getty Images

L’ancien officier a déclaré qu'il est possible qu'une partie de l'équipage ait été remplacée pendant la période de 19 mois de maintenance du navire. Au cours de cette dernière, la formation de l’équipage pour des problèmes tels que les incendies est moins rigoureuse qu'elle ne le serait pour un navire en déplacement. Ainsi le Bonhomme Richard s'est retrouvé avec des marins qui n'étaient pas bien formés pour faire face aux feux, aux inondations et autres catastrophes potentielles.

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Bryan Clark a conclu que si le dispositif AFFF et les systèmes d'activation par bouton-poussoir, dont l'état est inconnu en raison de contrôles de maintenance incomplets, avaient fonctionné le jour où l'incendie s'est déclaré, "cela aurait pu faire une grande différence".

Un certain nombre d'autres erreurs et défaillances, telles que des retards dans le signalement de l'incendie, une réponse désorganisée du commandement et l'incapacité de nettoyer et de sceller certaines zones, n'ont fait qu'empirer les choses sur le Bonhomme Richard. "La perte de ce navire aurait pu être évitée", a déclaré mercredi l'amiral Bill Lescher, vice-chef des opérations navales.

Le haut gradé a également expliqué que "l’US Navy met en œuvre un processus de délibération qui comprend la prise de mesures de responsabilité appropriées à l'égard du personnel affecté au Bonhomme Richard et aux commandements côtiers conçus pour soutenir le navire lorsqu'il est amarré à la base navale de San Diego".

Dans l'enquête du commandement sur l'incendie du navire de guerre, le vice-amiral Scott Conn a identifié 36 personnes qui, d'une manière ou d'une autre, ont contribué à la perte du Bonhomme Richard, y compris le commandant, qui aurait "créé un environnement de formation, d'entretien et de normes opérationnelles médiocres qui ont directement conduit à la perte du navire". Pour l'instant, on ne sait pas encore quelles mesures la Marine prévoit de prendre à l'encontre des personnes jugées responsables.

Version originale : Ryan Pickrell / Insider

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