Extrait du film "Seul sur Mars". YouTube/20th Century Fox

  • Un ex-scientifique de la NASA a dit que le film de science-fiction "Seul sur Mars" est "totalement faisable". 
  • Le film parle d'un avant-poste temporaire sur Mars, qui abrite des provisions pré-livrées et des habitats.
  • Mais Elon Musk, le fondateur de SpaceX, a l'idée de coloniser Mars, en y construisant une ville autonome. 
  • Mais un tel projet représente un défi bien plus grand que le fait d'y rester un ou deux ans. 

Dans le film de science-fiction "Seul sur Mars", l'astronaute Mark Watney atterrit sur Mars avec cinq autres explorateurs intrépides dans un futur pas si lointain. 

Leur mission baptisée "Ares III" fait partie de l'une des nombreuses incursions de l'homme sur la planète rouge, et l'équipe arrive à un avant-poste pré-construit, abritant assez de nourriture, d'eau et d'air pour pouvoir survivre pendant un mois environ. Il y a également des rovers en forme de tube sur le sol et un vaisseau en orbite qui fonctionne à l'énergie nucléaire

Ce film comporte beaucoup d'éléments de fiction — puisque le film est adapté d'un livre — mais les fans et les scientifiques ont applaudi le concept en disant qu'il semblait agréablement réaliste et même inéluctable. 

"Le scénario dans 'Seul sur Mars' est tout à fait faisable", a dit auparavant D. Marshall Porterfield, ex-directeur de la division "vie dans l'espace et physiques" de la NASA, à Business Insider US. 

Toutefois, D. Marshall Porterfield et d'autres chercheurs se posent de nombreuses questions quant au projet d'Elon Musk, fondateur de SpaceX, d'envoyer des gens sur Mars sur le long terme. 

Ce que SpaceX veut faire sur Mars 

Les vaisseaux "BFR" pourraient permettre de coloniser Mars, selon les ambitions d'Elon Musk et de sa société spatiale SpaceX. SpaceX

Si vous postulez pour travailler chez SpaceX, vous tomberez sur cette déclaration en haut de chaque description de poste: 

"SpaceX a été fondée avec la conviction qu'un futur où l'humanité explore les étoiles est fondamentalement plus excitant qu'un dans lequel nous ne le ferions pas. Aujourd'hui, SpaceX est activement en train de concevoir les technologies qui rendront cela possible, avec le but final de permettre que la vie humaine prospère sur Mars."

Elon Musk est allé plus loin lors des interviews qu'il a accordées aux médias, en affirmant qu'il était crucial d'essayer de coloniser Mars au cas où quelque chose tournerait mal sur Terre.

Lors d'une présentation en 2016, Elon Musk a dit qu'il est possible d'emmener un million de personnes sur Mars d'ici 100 ans depuis le premier lancement de SpaceX en direction de la planète rouge. Il a estimé que la fusée Big Falcon de SpaceX — un lanceur de près de 35 étages qui comporte un vaisseau de 16 étages — serait la première technologie qui permettrait d'atteindre cet objectif.

Selon les prévisions d'Elon Musk, une mission non-habitée avec le BFR est prévue pour 2022 et sera suivie d'une autre, habitée cette fois-ci, en 2024. 

Le BFR est conçu pour être entièrement réutilisable, ce qui le rendrait très peu cher pour le lancer, le faire atterrir et le recharger, alors qu'actuellement, presque toutes les fusées sont jetées après utilisation. SpaceX a réussi à réutiliser un propulseur du système de fusée de son Falcon 9 pour la première fois en mars 2017

"C'est une preuve très utile de montrer que c'est possible et j'espère que les gens vont commencer à penser que la colonisation de Mars est une vraie ambition à laquelle nous devrions aspirer", a dit Elon Musk à Business Insider US lors d'une conférence de presse par téléphone après le lancement de mars 2017. "Il ne s'agit pas de quelque chose qui concerne l'humanité, mais de toute la vie à laquelle nous tenons."

La ville autonome sur Mars imaginée par Elon Musk. SpaceX

Elon Musk a mentionné le potentiel que représente l'utilisation de serres en forme de dôme pour cultiver de la nourriture sur la planète rouge et un bouclier d'eau pour se protéger des radiations. Mais il n'a pas expliqué en détail comment les premiers explorateurs de Mars, qui devraient atterrir d'ici moins d'une décennie, pourraient survivre

Construire une ville d'un million d'habitants sur une planète froide, aride et peut-être même sans vie et qui se trouve à 254 kilomètres de la Terre, semble être un but encore plus farfelu.

Ce dont SpaceX pourrait avoir besoin pour coloniser Mars — mais qui n'existe pas encore 

Biome de forêt tropicale. Dave Mosher/Business Insider US

"Son idée de colonisation? Cela va exiger des capacités de support de vie bio-régénérative", a dit Porterfield.

L'idée derrière ce concept, sur lequel Porterfield a travaillé à la NASA, est de récolter l'air expulsé, les déchets liquides et solides de l'équipage et les recycler en eau fraiche, air et nourriture à l'aide des plantes et autres formes de vie. 

Cela permettrait de réduire drastiquement le besoin de missions de réapprovisionnement et d'aider à la survie de l'équipage sur le long terme. Cela permettrait de mettre sur pied une colonie bien plus durable, abordable et indépendante.  

"Les systèmes biologiques sont vraiment résistants", dit Porterfield. "Ils ont tendance à se soigner eux-mêmes, se réparer seuls, c'est l'un des avantages de ce concept de capacité de support de vie bio-régénérative."

Des expériences de simulation de la vie sur Mars comme Biosphere 2 dans les années 1990 ont exploré le concept de la colonisation spatiale à de grandes échelles, mais ont rencontré d'importants problèmes (dont notamment une perte importante d'oxygène). 

Des serres spécialisées pourraient permettre de faire fonctionner ce type de systèmes à de plus petites échelles. Toutefois, les recherches de la NASA dans ce domaine ont perdu presque toute subvention après 2000. "NASA a en gros détruit l'intégralité du futur des missions habitées pour finir de construire la station spatiale, et nous n'avons pas investi dans les sciences qui permettront d'utiliser celle-ci aujourd'hui et être compétitifs", a dit Porterfield.

Il a ajouté que la Chine devrait dépasser les Etats-Unis dans le domaine de la bio-régénération avec son expérience de "Palais lunaire 1". En juillet 2017, quatre étudiants se sont enfermés dans une structure confinée et ont survécu avec des plantes et des vers de farine pendant 200 jours. Peut-être qu'un million de personnes en Chine travaillent actuellement pour la station spatiale chinoise, disent certains experts. 

Porterfield a dit que construire un système de support de vie bio-régénérative n'est pas quelque chose de facile — et des recherches sérieuses devraient être lancées maintenant si nous voulons vraiment envoyer des gens sur Mars pour une période de longue durée. 

"Nous parlons là de technologies qui remplaceront ce que la Terre fait", a dit Porterfield.

Version originale: Dave Mosher/Business Insider

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