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Un Français ridiculise le CES avec une pomme de terre connectée mais continue d'affirmer que son produit est très sérieux


Au milieu des sièges roulants, des humains artificiels et des sextoys futuristes, une autre innovation a fait son show au CES de Las Vegas cette année : une pomme de terre connectée. Et c'est à un Français que l'on doit cette trouvaille pour le moins originale, repérée par BMFTV. Nicolas Baldeck est l'homme qui se cache derrière cette invention, appelée POTATO. Si l'utilité de la plupart des innovations présentées au CES est questionnable, les produits disposent toutes de technologies avancées. La présence d'une simple pomme de terre au plus grand salon de la tech a donc tout l'air d'être un canular.

La vidéo de présentation de POTATO reprend la police et le slogan — "Say hello to the future" — de l'iPhone. L'application mobile, censée permettre de suivre la "santé" de la pomme de terre et de lui poser des questions, ressemble beaucoup à Siri, et les visuels de la pomme de terre auraient pu être dessinés à la main par un enfant. Que comprendre derrière tout cela ? Probablement que le trentenaire français — dont le vrai métier est d'administrer un site de météo spécialisé dans le parapente — a voulu se moquer des innovations parfois absurdes présentées chaque année au CES. Le plus surprenant est qu'il ait réussi à décrocher un stand à Las Vegas pour exposer sa pomme de terre connectée.

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Comment une pomme de terre a-t-elle pu obtenir un stand au CES 2020 ?

Il semblerait que le créateur n'ait eu aucune difficulté à obtenir un stand au rendez-vous mondial de la tech. Il lui a suffit de remplir un formulaire et de donner un chèque de 1 000 dollars, et le tour était joué.

"J’ai simplement expliqué en quoi POTATO était un objet connecté doublé d’un assistant personnel, à même de recourir à la fois à l’intelligence artificielle et au cloud", a-t-il expliqué à BFMTV. Il a même donné un nom à sa startup, BPZ Labs, pour "bac plus zéro".

Au total, entre le stand, le transport, l'hébergement à Las Vegas et la campagne publicitaire, le Français aura quand même déboursé pas moins de 5 000 dollars (environ 4 500 euros). Sur Twitter, Nicolas Baldeck n'a pas eu l'air de s'inquiéter de cette somme : "C'est vraiment très peu pour une campagne médiatique de cette ampleur. Le retour sur investissement (direct ou indirect) est largement assuré."

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Est-ce que la pomme de terre connectée fonctionne vraiment ?

Il n'y a pas qu'avec cet investissement que le créateur de la pomme de terre connectée a poussé la blague très loin. Son invention a tout de même nécessité un peu de travail, et fonctionne vraiment, du moins en partie. La pomme de terre est censée se connecter à une application, par une connexion Bluetooth, qui permet de lui poser des questions (comme à Siri) et de savoir comment elle se sent.

POTATO

Dans un schéma plus que simpliste sur la page Indigogo de POTATO, on apprend que le tubercule se connecte en y insérant une carte électronique, appelée Neuraspud ("spud" signifie "patate" en anglais, le nom "Neuraspud" est clairement un clin d'oeil aux puces cérébrales Neuralinks d'Elon Musk).

Comme le citron, la pomme de terre peut produire de l'électricité grâce au principe de l'électrolyse si l'on y plante une tige en cuivre et une tige en zinc.

La pile pomme de terre fonctionne réellement, c'est une expérience souvent démontrée aux collégiens, mais l'antenne Bluetooth du Neuraspud et la transmission des "pensées" de la pomme de terre font évidemment partie de la farce. L'application a simplement été programmée pour afficher un certain nombres de réponses prédéfinies, très évasives, et certains "sentiments"de la pomme de terre.

La smart potato vendue 44 euros en ligne

Malgré l'absurdité de la smart potato, son créateur Nicolas Baldeck continuait jeudi d'affirmer qu'il ne s'agissait pas d'un canular. Contacté par Business Insider France, il n'a pas donné suite à nos sollicitations. Dans une série de tweets, il a tenu à expliquer "l'ingénieure avancée" derrière l'invention :

Après avoir explicité comment la pomme de terre produit de l'électricité, et comment ses signaux sont traduits par un réseau de neurones en informations sur l'application, il a invité les gens à acheter son produit. Sur la plateforme de financement participatif, la pomme de terre connectée avait réuni 487 euros de dons le jeudi 9 janvier 2020. Un montant bien éloigné de l'objectif de 27 000 euros, mais tout de même conséquent pour un produit sans grand intérêt.

Au CES 2020, le prix du Neuraspud de POTATO était de 34 dollars (soit 30 euros) selon BFMTV. Sur la page Indigogo, le prix est désormais passé à 44 euros. En plus des Neuraspuds, le créateur de la pomme de terre connectée vend également des stickers à 5€.

Mise à jour du vendredi 10 janvier : Finalement, Nicolas Baldeck a fini par expliquer vendredi sur Twitter que sa POTATO n'était pas un canular mais une "performance artistique afin d'interpeller sur le bien fondé du 'tout connecté'". Il déplore ainsi que certaines startups mettent "une puce Bluetooth à 5$ dans n'importe quel objet pour le vendre deux fois plus cher". "Ça n'est pas une innovation technologique. C'est une innovation marketing", affirme-t-il.

Business Insider
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