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Un futur vaccin intranasal contre le Covid-19 pourrait arrêter la transmission, en particulier chez les enfants

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Un futur vaccin intranasal contre le Covid-19 pourrait arrêter la transmission, en particulier chez les enfants
© Joe Raedle/Getty Images

C'est une idée intuitive : ne serait-il pas préférable d'administrer un vaccin COVID-19 à l'endroit où il envahit le corps pour la première fois ? C'est ce que la startup de biotechnologie Altimmune, basée dans le Maryland, aux États-Unis, essaie de développer : un vaccin COVID-19 administré par jet dans le nez, et non par piqûre dans le bras.

"Fournir des vaccins à la vue de la première exposition est un avantage", a déclaré à Insider le Dr Buddy Creech, qui dirige le programme de recherche sur les vaccins de l'université Vanderbilt et a travaillé avec Altimmune. "Généralement, vous ne contractez pas le COVID-19 dans le muscle deltoïde de votre bras, mais dans votre nez, vos yeux et votre gorge. Il est donc logique que nous voulions au moins envisager un vaccin qui puisse générer une certaine immunité au niveau des orifices des muqueuses."

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Les trois vaccins COVID-19 autorisés aux États-Unis sont bien évidemment tous des vaccins à injection. Bien qu'ils semblent freiner la transmission, il est peu probable qu'ils l'arrêtent complètement. Un vaccin intranasal, cependant, pourrait créer une ligne de défense supplémentaire, car il inciterait le système immunitaire à produire des anticorps qui bloqueraient l'infection localement dans les muqueuses du nez et de la gorge. Cela empêcherait la transmission en stoppant l'excrétion virale par ces orifices.

Altimmune a lancé le mois dernier un essai sur 180 personnes sur son vaccin intranasal, appelé AdCOVID, afin de tester la sécurité du vaccin, les effets secondaires qu'il provoque et les niveaux d'anticorps et de cellules T qu'il produit. Les participants sont âgés de 18 à 55 ans. La société prévoit de disposer de données au cours du deuxième trimestre de cette année. Scot Roberts, directeur scientifique d'Altimmune, a déclaré à Insider que le meilleur scénario serait un déploiement chez les adultes à la fin de cette année ou au début de 2022. D'autres candidats vaccins intranasaux sont également testés en Chine, en Inde et au Royaume-Uni.

Un vaccin intranasal pourrait augmenter son efficacité. Altimmune

Un spray nasal pourrait empêcher l'excrétion virale par le nez et la gorge

AdCOVID ne serait pas le premier vaccin qui ne nécessite pas d'aiguille. Le vaccin contre la polio a d'abord été avalé sous forme de pilule, et le CDC (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies aux États-Unis, ndlt) a approuvé plusieurs vaccins antigrippaux en vaporisateur nasal.

Les vaccins injectés dans le muscle du bras, cependant, sont les plus courants. Ils incitent le système immunitaire à produire des lymphocytes T, qui se souviennent de l'agent pathogène en cas de retour de celui-ci, ainsi que des anticorps qui combattent le virus dans tout le corps — ce que l'on appelle l'immunité systémique. Mais ces anticorps ne se répandent pas toujours en nombre suffisant sur les surfaces muqueuses du nez et de la gorge (où un virus respiratoire aime traîner) pour empêcher le virus de se reproduire à ces endroits.

Un spray nasal, cependant, peut inciter votre système immunitaire à créer des anticorps connus sous le nom d'immunoglobuline A localement dans vos orifices muqueux, selon le Dr Paul Goepfert, directeur de la clinique de recherche sur les vaccins de l'Alabama. "Il est possible que ce soit un vaccin beaucoup plus efficace pour réduire la propagation des coronavirus", a déclaré le Dr Goepfert à Insider.

En effet, Altimmune a découvert dans une étude récente sur l'animal que son vaccin intranasal COVID-19 provoquait à la fois une immunité systémique et une immunité des muqueuses. Deux autres études animales ont montré qu'un spray intranasal prévenait les infections tout en bloquant presque complètement la transmission du coronavirus.

Les vaporisateurs nasaux pourraient servir de rappel pour cibler les variants du coronavirus

Les vaccins intranasaux pourraient être utilisés en complément des vaccins habituels. William Campbell/Getty Images

La prolifération des variants du coronavirus a fait craindre que les vaccins existants ne doivent être renforcés par des rappels. Pfizer et Moderna testent chacun de nouvelles versions de leurs vaccins pour lutter contre ces variants, mais leur distribution pourrait être une autre entreprise énorme.

L'un des principaux avantages du spray Altimmune réside dans le fait qu'il ne nécessite pas de réfrigération et peut être conservé à température ambiante pendant des mois. "Si nous avions besoin de revaccinations ou pour renforcer l'immunité en présence d'un variant, cette approche serait tout à fait logique", a déclaré Scot Roberts.

Selon Daniel Oran et Eric Topol, deux chercheurs du COVID-19 au Scripps Research Translational Institute en Californie, les vaccins intranasaux pourraient aider dans ce processus, puisque les personnes pourraient être capables de les administrer eux-mêmes. "Le simple fait d'envoyer un spray nasal à quelqu'un est bien plus pratique que d'organiser une injection en personne", ont-ils écrit dans le Scientific American de lundi. Le duo a également souligné que l'échange d'une aiguille contre un spray pourrait encourager davantage de personnes à se faire vacciner.

Altimmune espère tester son spray chez les enfants cette année

Les essais sur des enfants n'ont pas encore été validés. Joe Raedle/Getty Images

Altimmune prévoit de tester son vaccin intranasal chez les enfants et discute avec la Food and Drug Administration (FDA, l'agence du médicament américaine, ndlt) sur la manière de formuler ces essais pédiatriques. La société espère lancer un essai chez les enfants alors que le médicament est encore testé chez les adultes. Aucun des vaccins COVID-19 autorisés aux États-Unis ne peut être administré à des enfants de moins de 16 ans, car les sociétés n'ont pas inclus les enfants dans leurs premiers essais.

"Les enfants ne sont pas si malades, mais ils peuvent certainement transmettre le virus. Cette idée d'immunité des muqueuses qui bloque la transmission est donc vraiment idéale pour la population pédiatrique", a déclaré Scott Roberts. "Il est clair que la FDA reconnaît le besoin. Nous ne pouvons pas laisser 70 millions d'Américains sur le côté, non vaccinés."

Le Dr Paul Goepfert a indiqué que le développement d'un vaccin en spray nasal pour les enfants serait bénéfique pour tous : il permettrait de bloquer leur capacité de transmission et faciliterait leur vaccination. "Le fait de ne pas avoir à piquer quelqu'un est particulièrement intéressant pour les pédiatres", a-t-il affirmé.

Version originale : Aylin Woodward, Allison DeAngelis/Insider

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