Un ingénieur indien a aidé la NASA à retrouver la sonde Vikram qui s'est écrasée sur la Lune

Illustration d'artiste de l'atterrisseur Vikram de la mission Chandrayaan-2 en train de déployer le rover Pragyan sur la surface lunaire. ISRO

Les débris de la sonde indienne Chandrayaan-2, qui avait raté son alunissage en septembre 2019, ont enfin été retrouvés grâce à un ingénieur indien passionné d'espace nommé Shanmuga Subramanian. La NASA a publié, ce lundi 2 décembre 2019, une image montrant le site où l'atterrisseur Vikram s'est écrasé et "le lieu des débris associé". L'agence spatiale américaine a précisé que les débris — les plus gros morceaux font environ 1,5 mètre de diamètre — ont été localisés à environ 750 mètres au Nord-Ouest du lieu d'impact principal. 

L'équipe LROC (en charge de la caméra de la sonde Lunar Reconnaissance Orbiter de la NASA) avait partagé une mosaïque d'images, téléchargée par beaucoup de personnes pour essayer de retrouver Vikram. Ainsi, "Shanmuga Subramanian a contacté l'équipe avec une identification positive des débris. Après avoir reçu cette information, l'équipe LROC a confirmé l'identification en comparant les images avant et après l'impact", peut-on lire dans le communiqué de la NASA. Sur l'image partagée par la NASA ci-dessous, les points verts indiquent la présence de débris (confirmés ou probables), tandis que les points bleus montrent le sol accidenté, là où de petits morceaux de l'engin spatial ont brassé le régolithe. "S" indique des débris identifiés par Shanmuga Subramanian.

Cette image montre le site du crash de l'atterrisseur Vikram et le lieu de débris associé. NASA/Goddard/Arizona State University

"Je n'ai utilisé aucun outil spécifique, seulement mon ordinateur portable pour scanner les images", a déclaré l'ingénieur indien âgé de 33 ans qui n'a jamais manqué un lancement de l'agence spatiale indienne ISRO, rapporte Business Insider India. Lors d'une interview à la télévision, Shanmuga Subramanian a indiqué : "j'espère que cela va donner de l'inspiration à de nombreux fans de l'espace. J'ai trouvé une pièce de l'atterrisseur Vikram et la NASA a trouvé les autres en partant de là. J'espère que la mission Chandrayaan-3 de l'ISRO [la prochaine mission lunaire indienne, ndlr] sera un succès".

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L'Inde avait lancé sa mission lunaire Chandrayaan-2 le 22 juillet 2019. Son atterrisseur Vikram était censé se poser en douceur dans la région du pôle Sud en septembre 2019. Mais pendant sa descente sur le sol lunaire, l'ISRO avait perdu contact avec lui. Finalement, l'agence spatiale indienne avait affirmé avoir retrouvé le lieu du crash à l'aide des caméras de l'orbiteur Chandrayaan 2, mais n'avait pas partagé d'images du site. "Oui, nous avons localisé l'atterrisseur sur la surface lunaire. L'atterrissage a dû être difficile", avait précisé le responsable de l'ISRO Dr Kailasavadivoo Sivan. Le crash de Vikram avait été confirmé lors d'une session parlementaire deux semaines plus tard.

Seuls trois pays ont réussi à se poser sans dommage sur la Lune

Le ministre d'Etat du gouvernement indien en charge de l'espace Jitendra Singh avait déclaré : "la première phase de la descente a été effectuée nominalement à partir d'une altitude de 30 km à 7,4 km au-dessus de la surface de la Lune. La vitesse a été réduite de 1683 m/s à 146 m/s. Au cours de la deuxième phase de la descente, la réduction de la vitesse a été plus importante que la valeur prévue. [...] En conséquence, Vikram a fait un atterrissage brutal à moins de 500 mètres du site d'atterrissage désigné."

Seuls trois pays ont réussi à se poser sans dommage sur le sol lunaire : les Etats-Unis et la Russie pendant la guerre froide, et plus récemment, la Chine. Comme l'avait expliqué à Business Insider France Pr. Bernard Foing, directeur du groupe international d'exploration lunaire et astrophysicien de l'Agence spatiale européenne (ESA), "le plus complexe, c'est la descente. En partant d'une vitesse de 2,5 km par seconde, il faut arriver à une vitesse nulle à la surface lunaire. Sachant que 2,5 km par seconde correspond à environ huit fois la vitesse du son sur Terre".

L'Inde porte de grandes ambitions dans le domaine spatial. Disposant d'un budget peu élevé — d'environ 4 milliards de dollars — par rapport aux Etats-Unis (21,5 milliards de dollars rien que pour l'année fiscale 2020), le géant asiatique est connu pour sa capacité à mettre sur pied des missions à bas coûts. La mission Chandrayaan-2 n'a coûté que 137 millions de dollars tandis que la mission martienne de 2014 était estimée à 74 millions de dollars. A titre de comparaison, la mission MAVEN de la NASA concernant Mars avait coûté 671 millions de dollars. L'Inde a par ailleurs annoncé qu'elle comptait envoyer des astronautes dans l'espace d'ici 2022.

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