Download_on_the_App_Store_Badge_FR_RGB_blk_100517

Un photographe a comparé le faux Paris chinois au vrai Paris. Voici le résultat


Un couple à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite). © François Prost

Si l'imitation est la forme la plus sincère de flatterie, alors Paris devrait être très flattée. Alors que la Chine a créé des répliques détaillées de villes comme Hallstatt, en Autriche, et Venise, en Italie, sa fausse Ville-Lumière prend le dessus. Elle a presque trompé le photographe parisien François Prost. Il a passé une semaine en 2017 dans la ville de Tianducheng où se trouve une copie de Paris pour la comparer à sa ville natale. Et ses photos sont si semblables qu'il peut être difficile de savoir lesquelles ont été prises en Chine et lesquelles en France.

Ses photos ont à présent été compilées dans un livre intitulé "Paris, Chine". Faites défiler pour voir si vous parvenez à distinguer le vrai du faux Paris.

François Prost, photographe et graphiste français, a déclaré à Insider qu'il était depuis un certain temps fasciné par les répliques de villes et de monuments européens en Chine.

Un bâtiment à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite). François Prost

Cependant, l'idée de comparer le vrai Paris à la fausse version de la Chine ne lui est venue qu'après avoir lu un article sur un journaliste qui s'est rendu dans tous les Paris des États-Unis pour voir si les habitants ressentaient un lien quelconque avec leur homonyme français. Eh non, aucun lien.

Il s'est envolé pour Tianducheng, en Chine, pour une semaine fin 2017 et a qualifié la ville de "surréaliste".

Un touriste à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite). François Prost

Tianducheng, une communauté fermée dans la banlieue de Hangzhou, a été construite en 2007. Aussi connue sous le nom de Sky City, elle est célèbre pour sa réplique de 300 pieds (environ 91 mètres) de la Tour Eiffel, ainsi que pour son architecture et son aménagement paysager de style parisien.

François Prost a déclaré avoir vu de célèbres monuments parisiens complètement dépourvus de touristes lors de son premier jour à Tianducheng.

Le Fontaine de l'Observatoire à Paris, France (à gauche), et à Tianducheng, Chine (à droite).  François Prost

Il a trouvé bizarre d'être assis dans un Airbnb avec une vue sur la Tour Eiffel en Chine.

Mais il s'est vite rendu compte que Tianducheng était un lieu très résidentiel rempli de familles.

Le Bassin d'Apollon à Versailles, France (à gauche), et à Tianducheng, Chine (à droite). François Prost

Si le Parisien déclare que les répliques de sa ville natale lui semblent étranges, il apprécie que Tianducheng ne soit pas pleine de touristes mais plutôt de gens qui y vivent.

En dehors de l'architecture, François Prost a précisé que Tianducheng n'avait rien adopté de son homologue français.

Un réverbère à Paris, France (à gauche), et à Tianducheng, Chine (à droite).  François Prost

L'architecture mise à part, François Prost a déclaré que la ville ne lui rappelait pas Paris.

Alors que François Prost ne voulait photographier que l'architecture d'imitation, il a rapidement été attiré par les gens qui appellent ce faux Paris leur maison sans se soucier du fait que c'est une ville d'imitation.

Un agent de propreté à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite).  François Prost

"Cela m'a fait penser qu'un lieu est principalement façonné par les gens, et non automatiquement par l'architecture", a-t-il déclaré. "Cela m'a donné l'idée de photographier aussi les gens, et j'ai commencé à faire des portraits."

Il a pris des centaines de photos à Tianducheng, puis a passé des mois à essayer de les reproduire à Paris, en s'efforçant de trouver les bons angles.

Un bâtiment à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite). François Prost

Il dit avoir créé des index de toutes les attractions qu'il a photographiées, les organisant selon chaque angle sous lequel il les a prises, avant de se lancer dans la reproduction d'une sélection à Paris.

Il a indiqué qu'il y avait trois zones principales à Tianducheng qui ressemblaient à Paris.

Une fontaine à Versailles en France (à gauche), et en Chine (à droite). François Prost

Il y avait la tour Eiffel, une réplique de Versailles, et des avenues bordées d'immeubles imitant l'architecture haussmannienne, un type d'architecture très répandu à Paris.

Un endroit en particulier, sur une colline avec vue sur la Tour Eiffel, l'a vraiment frappé.

Un couple à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite).  François Prost

Il a déclaré que la zone, tout comme le Trocadéro à Paris, était bordée de couples prenant des photos de fiançailles et de mariage. Il dit qu'en tant que Parisien, il peut faire la différence, mais pense que toute personne moins familière avec la ville aurait du mal à distinguer les deux endroits.

En voyant ces similitudes frappantes dans deux destinations distantes de près de plus de 9 600 km, il a réfléchi à ce qui fait l'authenticité d'un lieu.

Versailles en France (à gauche) et en Chine (à droite). François Prost

Il cite par exemple Venise, qu'on visite pour sa grandeur et sa beauté, mais qui est tellement envahie par les touristes depuis une dizaine d'années qu'elle est devenue en quelque sorte une caricature d'elle-même.

François Prost affirme que bien que les Champs-Élysées soient un symbole emblématique de Paris, ils ne lui paraissent pas parisiens.

La Tour Eiffel à Paris, en France (à gauche), et à Tianducheng, en Chine (à droite).  François Prost

Pour lui, les Champs-Élysées sont plutôt une attraction touristique internationale que les locaux évitent, remplis de boutiques et de restaurants que l'on peut trouver partout dans le monde.

À l'avenir, "peut-être que ces endroits perdront un peu de leur authenticité", estime-t-il, ajoutant que les gens pourraient "aller dans les imitations qu'ils sentiront plus authentiques parce que vous pourrez y voir de vraies personnes y vivre normalement".

Version originale : Sophie-Claire Hoeller/Business Insider

À lire aussi — Une collision dans l'espace a révélé un trou noir qui ne devait pas exister, selon les physiciens

Découvrir plus d'articles sur :