Un sondage montre qu'Alexandria Ocasio-Cortez n'est pas appréciée des électeurs centristes américains

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre (à gauche de l'image) et Alexandria Ocasio-Cortez (à droite). Susan Walsh/AP Images

Ce dimanche, sous couvert d'anonymat, un groupe de Démocrates a divulgué au site d'informations Axios un sondage interne réalisé par le parti. Celui-ci montre que les "swing voters" (c'est-à-dire les électeurs indécis) blancs et n'ayant pas fait de longues études détestent profondément les élus progressistes connus, ce qui a exacerbé publiquement une fracture au sein du parti politique.

Le sondage a ainsi révélé que la députée Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) était appréciée par seulement 22% des sondés — "1 003 électeurs blancs susceptibles de participer aux prochaines élections législatives et qui ont effectué deux ans ou moins d'études supérieures". Le chiffre tombe même à 9% pour la députée du Minnesota, Ilhan Omar. Parmi ces électeurs, 74% indiquent avoir entendu parler d'Alexandria Ocasio-Cortez et 53% d'Ilhan Omar.

"Si les électeurs n'entendent parler que d'AOC, cela pourrait mettre en danger la majorité [de la Chambre]", a déclaré à Axios un Démocrate impliqué dans les élections au Congrès en 2020. "Elle capte toute l'attention des médias et définit les trajectoires des autres."

Le sondage en question a porté sur une partie du public qui n'est pas enclin à approuver la gauche. Certains sondeurs progressistes et d'autres observateurs ont fait valoir que les résultats du sondage avaient été sortis de leur contexte. Ils ont aussi pointé du doigt que d'autres enquêtes montraient que des candidats démocrates plus modérés, comme Joe Bidden, avaient également des taux d'approbation relativement bas chez les électeurs blancs n'ayant pas fait d'études universitaires.

Le groupe de Démocrates qui a partagé le sondage, réalisé en mai avec Axios, a accepté de le faire "à la condition que leurs noms ne soient pas divulgués, car ils doivent travailler avec tous les autres groupes du parti", précise le média. Par ailleurs, la méthodologie de ce sondage partisan et les questions qu'il posait n'ont pas été rendues publiques, ce qui là aussi a suscité des critiques de la part de certains sondeurs progressistes et d'observateurs.

Axios a souligné qu'un grand nombre des électeurs interrogés ont soutenu Donald Trump en 2016 et qu'ils vivent dans des districts violets (c'est-à-dire dans des districts qui ne sont acquis ni au parti Républicain (rouge) ni au parti Démocrate (bleu)).

Selon certains progressistes, la décision du groupe de Démocrates anonymes d'avoir partagé ce sondage interne caractérise la dernière attaque contre l'aile gauche du parti. "C'est exaspérant et vraiment bizarre que des dirigeants et consultants démocrates aient communiqué à la presse des sondages anti-AOC et anti-Ilhan ** sous le couvert de l'anonymat** ce matin", a tweeté, ce dimanche, Waleed Shahid, directeur de communication de Justice Democrats.

Ce lundi, le président américain Donald Trump a semblé faire référence au sondage. Dans une publication sur Twitter, il a affirmé que les femmes du Congrès étaient "très impopulaires et non représentatives".

Par ailleurs, l'enquête a également révélé un faible taux d'approbation pour le socialisme (18%). En revanche, la majorité des sondés (56%) s'est montrée favorable au capitalisme. Alexandria Ocasio-Cortez se définit elle-même comme une socialiste démocrate et membre des Democratic Socialists of America.

Le sondage interne a été réalisé en mai, c'est-à-dire avant que la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, et quatre progressistes, dont Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, ont échangé une série d'attaques publiques.

Ici, la députée Ilhan Omar (à gauche) discute avec Nancy Pelosi. J. Scott Applewhite/AP Images

Une brèche qui s'élargit à gauche

Après des désaccords entre la direction du parti et les nouveaux parlementaires sur des questions politiques, y compris le changement climatique et le financement du système d'immigration du pays, Nancy Pelosi a lancé des attaques de plus en plus ciblées contre les membres les plus progressistes de son caucus. 

"Tous ces gens ont leur public et leur monde Twitter. Mais ils n'avaient pas de soutiens. Ce sont quatre personnes et c'est le nombre de voix qu'elles ont obtenues", a récemment déclaré Nancy Pelosi au New York Times, faisant ainsi référence à Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib.

Alexandria Ocasio-Cortez a rétorqué en accusant Nancy Pelosi d'avoir "ciblé" quatre femmes de couleur — un geste qu'elle a qualifié de "carrément irrespectueux". L'élue de New-York est ensuite revenue sur ses propos en déclarant que Nancy Pelosi n'était "absolument pas" raciste. 

La semaine dernière, un conseiller démocrate de haut rang a qualifié Justice Democrats — le groupe qui a soutenu Alexandria Ocasio-Cortez lors des primaires de 2018 — "d'enfants qui financent leurs campagnes grâce à l'argent épargné par leurs parents." Par ailleurs, des membres du Caucus noir — représentant les élus afro-américains du Congrès — ont critiqué les choix d'Alexandria Ocasio-Cortez et de Justice Democrats de soutenir d'autres candidats, y compris contre les membres du Caucus noir du Congrès, dans des districts bleus (démocrates) en 2020.

L'"équipe" ("The squad", en anglais. Le terme désigne Alexandria Ocasio-Cortez, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib) a largement défié Nancy Pelosi et d'autres démocrates de l'establishment qui ont critiqué leur approche.

"Nous n'avons pas besoin de demander la permission ou d'attendre une invitation pour diriger", a déclaré Ilhan Omar lors d'une apparition à une conférence progressiste à Philadelphie, ce samedi. La députée a ajouté plus tard : " Il y a une lutte constante avec les gens qui ont le pouvoir pour partager ce pouvoir... Et ce n'est pas vraiment à nous de demander de partager ce pouvoir — c'est à nous de le saisir pour le rendre à la population".

Version originale : Eliza Relman/Business Insider 

Vous avez apprécié cet article ? Likez Business Insider France sur Facebook !

Lire aussi : Alexandria Ocasio-Cortez répond à Donald Trump qui demandait à certains élus démocrates de rentrer dans les pays "d'où ils viennent"

Voici comment l'anesthésie affecte votre corps et votre cerveau