Les Français seraient prêts à prendre un transport plus long s'il est plus écologique, mais à condition de ne pas payer plus cher. Unsplash/JeShoots

En 2019, vous avez tous entendu parler du 'flygskam', ce mot suédois pour désigner la honte de prendre l'avion, ce mode de transport qui pollue tant. Mais si les consciences écologiques se sont éveillées, l'envie de voyager des Français, elle, n'a pas disparu pour autant. Il s'agit désormais de voyager différemment. 60 % des voyageurs français qui réservent en ligne se disent préoccupés par l'impact de leurs déplacements sur l'environnement, selon une étude d'Amadeus, fournisseur de solutions technologiques et de distribution pour l'industrie du tourisme. Un tiers estime aussi que les agences de voyage en ligne ne les informent pas assez sur les conséquences environnementales de leur séjour.

Pour cette étude, l'institut de sondage Opinium a interrogé, pour Amadeus, 1005 adultes français partis en vacances l'année dernière et ayant fait appel à une agence de voyages en ligne. Et si les Français veulent voyager de façon écoresponsable, 34 % des sondés se disent prêt à payer plus. "Il faut que les gens comprennent que voyager propre, ça ne veut pas forcément dire voyager plus cher", explique Stéphane Durand, le président d'Amadeus France. "Il y a toute une éducation à faire sur le sujet, et des initiatives à mettre en place sur les sites de réservation pour éduquer."

Selon l'étude, 42 % des voyageurs français qui réservent en ligne sont toutefois prêts à allonger leur temps de trajet pour partir en vacances si le mode de transport est plus écologique, et 44 % opteraient pour des horaires moins pratiques. "On a remarqué que pour les voyages ne dépassant pas 3 heures, le ferroviaire est préféré à l'aérien. Et avec l'ouverture de la concurrence à la SNCF, il sera possible de promouvoir le train en complément, ou à la place de l'avion", se réjouit Stéphane Durand.  

Mais l'impact carbone du voyage ne s'arrête pas une fois arrivé dans le pays. Les transferts entre les aéroports, gares et hôtels, et autres déplacements, pèsent eux aussi dans la balance. Selon le président d'Amadeus, 82 % des sondés souhaitent connaître leur type de transfert à l'avance, et 81 % veulent également être renseignés sur le mode de transport pendant les excursions. 

Partir loin des destinations touristiques et peu écologiques 

Un tiers des Français ayant réservé un voyage en ligne l'an dernier sont prêts à payer plus cher pour des vacances plus écolo

Au Machu Picchu, les ruines incas sont surpeuplées de touristes faisant la queue pour atteindre le sommet. Flickr/Güldem Üstün

En dehors des transports, certaines destinations sont moins écoresponsables que d'autres, car envahies par le tourisme de masse qui détruit la faune, la flore, et le bien-être des populations locales.  

61 % des voyageurs français qui passent par une réservation en ligne aimeraient connaître des destinations de vacances avec un impact écologique plus faible et 42 % seraient prêts à changer de destination si un agent de voyage leur en recommandait une plus écologique. Alors, où partir ? "Il faut privilégier les destinations qui gagnent à être connues et où il y a peu de monde, selon les saisons", explique Stéphane Durand. "Et surtout éviter les destinations surpeuplées, comme Dubrovnik ou encore le Machu Picchu". 

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Le tourisme écolo, la nouvelle mode sur les réseaux sociaux ? 

Si les réseaux sociaux participent au tourisme de masse, ils peuvent aussi aider à sensibiliser sur d'autres façons de voyager, comme ces blogueurs qui font le tour du monde en train ou en vélo, ou encore ces hashtags sur Instagram qui incitent à voyager proprement, en harmonie avec la nature et les populations locales. 74 % de sondés se tournent déjà vers les influenceurs, blogs de voyage et vlogs pour planifier leur voyage.

"Les influenceurs sont devenus une véritable source d'inspiration pour les voyageurs", confirme Stéphane Durand, à tel point que des agences de voyage s'associent désormais à eux. Et quand on sait que 71 % des 18-34 ans répondant à cette étude souhaitent connaître des destinations ayant un faible impact environnemental, on comprend pourquoi.

Les jeunes de la génération Z, encore plus sensibilisés à l'écologie que leurs aînés, seront bientôt en âge de se payer des vacances. Et il y a fort à parier qu'ils prennent en compte leur empreinte carbone, et leurs likes sur Instagram, pour choisir où partir. 

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