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Un vaccin nasal contre la maladie d'Alzheimer va pour la 1ère fois faire l'objet d'essais sur des patients

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Un vaccin nasal contre la maladie d'Alzheimer va pour la 1ère fois faire l'objet d'essais sur des patients
Un employé de laboratoire teste un spray nasal (non lié à la maladie d'Alzheimer) dans une usine pharmaceutique et de cosmétiques à Saint-Chamas, en France, le 21 janvier. © Nicolas Tucat/AFP/Getty Images
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Les traitements contre la maladie d'Alzheimer semblaient être improbables il y a quelques mois à peine. Pendant 20 ans, des essais de médicaments ont tenté en vain de produire des traitements capables d'arrêter la progression de la maladie, et plusieurs grandes sociétés pharmaceutiques ont complètement abandonné la mission de développer des traitements contre la maladie d'Alzheimer. Les seuls espoirs d'amélioration des patients étaient donc les médicaments qui atténuaient les symptômes de la maladie — tels que la perte de mémoire, l'insomnie et la perte du langage ou des capacités de raisonnement — pendant une période limitée.

Aujourd'hui, l'univers des traitements de la maladie d'Alzheimer pourrait enfin s'ouvrir. La semaine dernière, le Brigham and Women's Hospital a annoncé qu'il mènerait le premier essai sur l'homme d'un vaccin nasal contre la maladie, conçu pour prévenir ou ralentir sa progression. L'essai est de petite envergure — 16 personnes âgées de 60 à 85 ans présentant des symptômes d'Alzheimer recevront deux doses du vaccin à une semaine d'intervalle. Mais il s'appuie sur des décennies de recherche suggérant que la stimulation du système immunitaire peut aider à éliminer les plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau.

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Ces plaques collantes sont une caractéristique de la maladie d'Alzheimer. Elles se forment lorsque des morceaux de la protéine bêta-amyloïde s'accumulent entre les cellules nerveuses, ce qui peut perturber la capacité d'une personne à penser ou à se rappeler des informations.

Le vaccin pulvérise un médicament appelé Protollin directement dans le conduit nasal, dans le but d'activer les cellules immunitaires pour éliminer la plaque. Le concept n'est pas entièrement nouveau, mais il est particulièrement prometteur maintenant que les scientifiques comprennent mieux comment traiter la maladie, a déclaré à Insider Jeffrey Cummings, professeur en sciences du cerveau à l'université du Nevada à Las Vegas.

"L'idée d'activer les cellules immunitaires devient de plus en plus centrale dans la perspective de traiter la maladie d'Alzheimer", a déclaré Jeffrey Cummings. Il a ajouté qu'un spray nasal pourrait être plus efficace pour délivrer la Protolline aux cellules immunitaires qu'une perfusion ou un inhalateur.

Les résultats de l'essai pourraient nous en apprendre davantage sur la manière de contrecarrer la progression de la maladie, puisque les participants doivent être à un stade précoce de leur maladie et par ailleurs en bonne santé. Toutefois, avant que le vaccin nasal ne puisse faire l'objet d'essais à plus grande échelle, les chercheurs doivent démontrer qu'il est sûr et déterminer la dose à administrer.

Approbation d'un nouveau médicament controversé contre la maladie d'Alzheimer

Le campus de la Food and Drug Administration (FDA) à Silver Spring, Maryland, le 14 octobre 2015. AP Photo/Andrew Harnik, File

L'essai du vaccin nasal intervient au cours d'une année prolifique pour les traitements de la maladie d'Alzheimer. En juin, la Food and Drug Administration (FDA), l'administration américaine des médicaments, a approuvé le premier nouveau médicament contre la maladie d'Alzheimer depuis près de 20 ans, une perfusion d'anticorps appelée Aduhelm. Mais cette approbation est rapidement devenue controversée : de nombreux scientifiques se sont demandé si le médicament méritait le feu vert de la FDA, étant donné qu'il n'a pas amélioré de manière définitive la mémoire ou la cognition lors des essais cliniques.

Il a été démontré que l'Aduhelm réduisait le niveau de plaque collante dans le cerveau des patients atteints de la maladie d'Alzheimer, mais un comité consultatif de la FDA a déterminé qu'il n'y avait pas suffisamment de preuves pour confirmer que ce médicament fonctionnait comme traitement. Ce scepticisme a été en partie provoqué par le fait que le fabricant du médicament, Biogen, a interrompu les essais cliniques de phase avancée en 2019, car il supposait que le médicament échouerait. Puis, environ six mois plus tard, un petit groupe de participants a commencé à montrer des résultats positifs.

"Biogen a arrêté l'essai en pensant qu'il était vain, puis a suivi les patients, et il s'est avéré qu'il n'était pas vain — mais, bien sûr, cela a créé une grande controverse dans l'interprétation des données", a déclaré Jeffrey Cummings.

La FDA a voté en faveur de l'approbation du médicament dans le cadre d'une procédure accélérée spéciale, qui permet d'approuver les médicaments susceptibles de bénéficier aux patients, même en cas d'incertitude quant à leur efficacité.

Les scientifiques disent qu'ils ont "franchi un cap" dans la recherche sur la maladie

Un médecin examine un TEP-scanner cérébral au Banner Alzheimer's Institute de Phoenix. Matt York/Associated Press

Pas moins de 5,8 millions d'Américains vivent avec la maladie d'Alzheimer — l'une des principales causes de décès chez les adultes américains. Près de 122 000 Américains sont morts de cette maladie en 2019, selon les dernières données disponibles.

Les décès dus à la maladie d'Alzheimer sont également de plus en plus fréquents à mesure que la population américaine vieillit. De 1999 à 2019, le taux de mortalité lié à la maladie d'Alzheimer aux Etats-Unis a augmenté de 88% — passant de 16 décès pour 100 000 personnes à 30 décès pour 100 000 personnes. Ce taux de mortalité peut être sous-estimé, car les personnes souffrant de déclin cognitif ont parfois du mal à trouver un diagnostic d'Alzheimer ou souffrent d'autres problèmes de santé.

Mais au cours des cinq dernières années, de nouvelles technologies telles que les scanners cérébraux et les analyses sanguines ont permis de confirmer plus facilement les diagnostics de la maladie d'Alzheimer et de mesurer l'efficacité des traitements, a précisé Jeffrey Cummings. "J'ai l'impression que nous avons franchi un cap", a-t-il déclaré.

Outre Aduhelm, a-t-il ajouté, quelques autres anticorps se sont révélés prometteurs. La société pharmaceutique Eli Lilly prévoit de soumettre les données de son médicament contre la maladie d'Alzheimer, le donanemab, à la FDA d'ici la fin de l'année, ce qui le met sur la voie d'une autorisation en 2022. Deux autres sociétés, Biogen et Eisai, complètent conjointement une demande d'autorisation de la FDA pour leur médicament anticorps, le lécanemab.

"Ces autres médicaments, qui ressemblent beaucoup à l'Aduhelm, semblent produire un 'bénéfice clinique'", a déclaré Jeffrey Cummings. Et d'ajouter : "C'est la clé : les patients vont-ils mieux, ou du moins perdent-ils moins rapidement leurs capacités cognitives, s'ils sont traités ? Cela semble être vrai pour toute cette classe de médicaments."

Version originale : Aria Bendix / Insider

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