La City de Londres a lancé un avertissement sévère sur l'avenir de la finance européenne après le Brexit — et l'UE est à l'écoute

Déjeuner devant la Bank of England, dans la City de Londres. REUTERS/Toby Melville

  • La position de l'UE sur la City de Londres semble s'assouplir.
  • Le gouvernement britannique a averti que les négociateurs de l'UE en charge du Brexit qu'une approche trop punitive à l'égard de la City de Londres nuira également au reste de l'Europe.
  • Les responsables britanniques ont dit à Bruxelles que des "milliers" de fonds d'investissement européens seront menacés si l'UE insiste sur une approche dure à l'égard de la ville.
  • Les fonds gérés par des sociétés britanniques sont actuellement vendus à des clients dans les pays de l'UE et les sociétés de l'UE vendent leurs fonds à des clients britanniques en vertu des règles de passeport financier.

Les négociateurs britanniques du Brexit ont lancé un avertissement sévère à leurs homologues de l'UE sur les dommages encourus par une approche trop punitive de l'UE à l'égard de la City de Londres.

D'après un article du Times paru ce mardi 31 juillet, des représentants du gouvernement britannique ont dit à Bruxelles que des "milliers" de fonds d'investissement européens seraient menacés si l'UE restait intransigeante face à la City, une approche soutenue par le contingent français de l'UE, qui voit le Brexit comme un moyen de renforcer Paris comme place financière. 

Les entreprises britanniques vendent actuellement des milliers de fonds d'investissement à des clients dans les pays de l'UE, tandis que les entreprises de l'UE vendent leurs fonds à des clients britanniques en vertu des règles du passeport financier. Le Luxembourg est une plaque tournante majeure pour de telles affaires. 

Selon la position actuelle de l'UE, les sociétés britanniques pourraient perdre la possibilité de vendre des fonds dans l'Union européenne. Cela a conduit les négociateurs britanniques à affirmer que l'inverse serait également vrai: les firmes de l'UE seraient incapables de vendre au Royaume-Uni. Le Times rapporte que la stratégie a été "conçue pour mettre en évidence les dommages qui pourraient être causés de l'échec des Britanniques à obtenir un arrangement particulier pour la City". 

"Ce n'était pas une menace. Nous voulions plutôt exposer ce que les deux parties pourraient perdre si nous n'obtenons pas un bon accord, et c'est dans cet esprit que cela a été reçu", a indiqué une source au sein du gouvernement au quotidien.

L'article intervient après le négociateur en chef de l'UE, Michel Barnier, a semblé assouplir sa position sur les relations futures la semaine dernière. Auparavant, Barnier s'était opposé au plan d'"équivalence avancée" de la Première ministre britannique Theresa May, estimant qu'il menaçait l'"autonomie décisionnelle" du bloc.

Dans le cadre de la nouvelle relation proposée par le gouvernement, le Royaume-Uni signerait un système dit d'"équivalence". Le gouvernement a dit qu'il cherchait à améliorer les exigences existantes pour une équivalence réglementaire entre l'UE et les autres pays. Barnier et d'autres représentants estiment que cela signifierait que le Royaume-Uni serait en mesure de contrôler son accès aux marchés financiers de l'UE. 

Toutefois, après que les autorités britanniques ont précisé que cela ne faisait pas partie du plan et que le pouvoir d'accorder l'accès à ces marchés resterait entre les mains de Bruxelles, Barnier est considéré comme étant revenu sur cette position, d'après un article du Financial Times.

"La semaine dernière, nous avons eu des discussions positives avec la Commission européenne sur notre notre proposition d'un nouvel arrangement pragmatique pour les services financiers après notre sortie l'UE", a dit un porte-parole du Trésor, cité par le Times, ajoutant que les négociateurs ont trouvé un "terrain d'entente en reconnaissant le désir de l'UE et du Royaume-Uni de contrôler leur propre pouvoir décisionnel". 

Ils ont également reconnu "a nécessité d'un dialogue et d'une coopération bilatérale pour refléter la nature profondément intégrée des marchés financiers du Royaume-Uni et de l'UE", a ajouté le porte-parole. 

Version originale: Will Martin/Business Insider UK

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