Une banque sur trois pourrait disparaître avec le ralentissement de la croissance

Siège de la banque Société Générale à la Défense. Flickr/Guilhem Vellut

Le secteur bancaire est malade. Une étude réalisée par McKinsey, et dévoilée lundi 21 octobre par Les Echos, se montre particulièrement alarmiste. Selon le cabinet de conseil américain, qui a passé en revue 1 000 banques dans le monde, un établissement sur trois est susceptible de faire faillite à court terme, notamment en Europe de l'Ouest et en Asie. Un indicateur en particulier retient l'attention et illustre la fragilité du secteur.

C'est la rentabilité sur fonds propres tangibles (ou ROTE), qui s'élève tout juste à 1,6% en moyenne pour 35% des banques, contre une rentabilité 10 fois plus élevée pour les meilleurs élèves, réunissant 210 établissements. De plus, 80% des établissements étudiés détruiraient de la valeur plutôt que d'en créer, la rentabilité de leurs fonds propres étant inférieure au coût moyen que représentent ces mêmes fonds propres.

Le FMI a revu à la baisse ses prévisions de croissance

Dans un contexte mondial de ralentissement de la croissance, beaucoup de banques risquent de souffrir, alors que leurs revenus et leur rentabilité sont déjà affectés par des taux extrêmement faibles voire négatifs depuis 2015. Pour la quatrième fois cette année, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse sa prévision de croissance mondiale en 2019, à 3% contre 3,8% de croissance en 2018. Les tensions commerciales et les incertitudes économiques liées à événements comme le Brexit n'arrangent rien. 

Preuve que les banques souffrent en Europe, elles ne cessent de licencier du personnel. Entre 2008 et 2018, 600 000 emplois bancaires ont ainsi été supprimés au sein des 28 pays de l'Union européenne. Et les salariés des grandes banques françaises, comme BNP Paribas ou Société Générale, ne sont pas épargnés. Pour réduire les coûts et améliorer leur rentabilité, les établissements commencent à recentrer leurs activités. HSBC envisagerait par exemple d'arrêter ses activités de banque de détail en France. BNP Paribas et Société Générale ont de leur côté choisi d'abandonner leurs activités de trading pour compte propre.

Les banques contraintes de se concentrer sur leur coeur de métier

"Les banques doivent désormais se concentrer sur leur coeur de métier, sachant que ce coeur de métier va fortement varier d'une banque à l'autre : il peut s'agir d'une focalisation en termes de segmentation de clientèle, de géographie ou même de métiers", a déclaré aux Echos Sébastien Lacroix, senior partner chargé du secteur financier chez McKinsey. Reste à savoir si cela sera suffisant. 

En cas de retournement de la conjoncture, les prêts accordés massivement par les banques ces dernières années en Europe pourraient peser lourdement sur leurs finances. Si les ménages éprouvent des difficultés à boucler leurs fins de mois, les incidents de remboursement, au plus bas actuellement, risquent en effet de se multiplier. 

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